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M. Leibnitznvou un commerce de Let-tres prodigieux. II se plaifoit à entrerdans les travaux ou dans les projets detous les Savans de Y Europe, il leur four-nissoit des vues, il les animoit, & cer-tainement il piédroit d’exemple. Onétoit sûr d’une réponse dès qu’on lui écri-voit, ne se fut-on proposé que shonneurde lui écrire. II est impossible que sesLettres ne lui ayent emporté un tempstrès-considérable , mais il aimoit autantl’employer au profit ou à la gloire d’au-trui, qu’à son profit ou à sa gloire par-ticulière.
II étoit toujours d’une humeur gaye,& à quoi serviroit fans cela d’être Philo-sophe ? On l’a vu fort affligé à la mortdu feu Roi de PruJJ'e , & de l’ElectiiceSophie. La douleur d’un tel Homme estla plus belle Oraison Funebre.
II se mettoit aisément en colere, maisil en revenoit aussi - tôt. Ses premiersmouvemens n’étoient pas d’aimer la con-tradiction fur quoi que ce fût, mais il nefalloit qu’attendre les seconds, & en effetces seconds mouvemens, qui font les seulsdont il reste des marques , lui feront éter-nellement honneur.
On l'accuse de n’avoir été qu’un grand£c rigide observateur du Droit naturel.
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