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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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5a

NOTES DES MÉMOIRES

Et de Vasthy la décadenceNous retrace un tableau vivantDe ce qua vu la cour de FranceA la chute de Montespan.

La persécution des JuifsDe nos huguenots fugitifsEst une vive ressemblance :

Et lEsîher qui lègne aujourdhuiDescend de rois dont la puissanceFut leur asile et leur appui*.

Pourquoi donc, comme Assuérus,

Notre roi, comblé de vertus,

Na-t-il pas calmé sa colère ?

Je vais voua le dire en deux mois :

Les Juifs neurent jamais affaireA jésuites ni dévots.

Cette chanson étoit du jeune baron de Bre-teuîl , qui fut depuis introducteur des ambassa-deurs, et père de la célèbre marquise du Châte-let; mais la calomnie qui sattachoit à madamede Mainteuon répandit ce cinquième couplet :

Comme la Juive dautrefois,

Cette Estlicr qui tient à nos roisEprouva daffreuses misères;

Mais, plus dure que lautre Eslhcr,

Pour chasser la foi de ses pères,

Elle prend la flamme et le fer. Ako.wmk.

6 6 Lettre fixa.

67 Lettre 5 i 6 .

68 Lorsque madame de Scvigné parle de nuu-tresses, elle neût pu en nommer une autre quela Chainpmêlé, et elle parle suivant le préjugédont jai fait voir plus haut la cause et la fausseté.

L. Racjxe.

6 9 « On y porta, dit madame de La Fayette,un degré de chaleur qui ne se comprend pas,car il ny eut ni petit tii grand qui ny voulûtaller ; et ce qui devoit être regardé comme unecomédie de couvent devint laffaire la plus sé-rieuse de la cour. Les ministres, pour faire leurcour en allant à cette comédie , quittoient leursaffaires les plus pressées. À la première représen-tation fut le roi, il ny mena que les principauxofficiers qui le suivent à la chasse. La seconde futconsacrée aux personnes pieuses , telles que lepère La Chaise, et douze ou quinze jésuites aux-quels se joignit madame de Miramion , et beau-coup dautres dévots et dcvoles; ensuite elle scrépandit aux courtisans. Le roi crut que ce diver-tissement seroit du goût du roi dAngleterre ; il lymena et la reine aussi. Il est impossible de nopoint donner de louanges à la maison de Sainl-Cyr et à létablissement; aussi ils ne sy épargnè-rent pas, et y mêlèrent celles de la comédie. »Nous ajoutons que la maréchale dEstrèes, quinavoil pas loué Esther, fut obligée de sc justifierde son silence comme dun crime. Le carême dei68y interrompit les représentations dEsiher;

On la faisoil descendre de lillustre maisond'Albret, qui a donné des rois à la Navarre.

elles furent reprises le 5 janvier de larmée suivante ; et dans le cours de ce mois il y en eut cinqqui furent aussi brillantes que les premières. A.M.

70 La pièce fut imprimée en îfiSy, et essuyaquelques critiques, « Vous avez vu Est/ter, écrivoilmadame de Sévigné à sa fille. Limpression :tproduit son effet ordinaire : vous savez que M. deLa Feuillade dit que cest une requête civilecontre lapprobation publique; vous en jugerez.Pour moi, je ne réponds que de lagrément duspectacle, qui peut être contesté. » Parmi lescontes dont La Beaumolle a rempli ses Mémoiresde madame de Maintenon, on peut remarquer ce-lui quil fait au sujet des critiques d'Esther, et dela peine quelles causèrent à l'auteur. « Pourquoi,discit Racine, pourquoi my suis-je exposé! Pour-quoi ma-t-on détourné de me faire chartreux!Je serois bien plus tranquille. «Mille louis le con-solèrent , ajoute La Beaumelle. 11 est à observer,dit un des commentateurs deRacine, quelcs millelouisque Racine reçut de la caseelLe du roi, der-nière gratification quil ait touchée, lui ont étépayés le 24 avril 16S8 , un an avant la représen-tation dEstker. (Juant à ce mot: Que ne me suis-je fait chartreux ! il est vrai quil étoit échappé àRacine ; mais dans quel moment? Cétoit au milieu des angoisses d'un conir paternel, lorsqu'ilavoit sous les yeux un de ses enfants en danger dela vie. Cest ce mot touchant, ce cri dune dou-leur respectable, qui est indignement travesti enune basse et puérile saillie dainour-propre. A.M.

7 1 Le 8 mai 1721, celte pièce parut sur le théâ-tre. Baron et mademoiselle Duclos remplirent lesrôles dAssnérus et dEstber. Les chœurs avoientété supprimés. Elle eut huit représentations dansce mois, mais qui obtinrent si peu de succès,que Louis Racine dit dans ses remarques :< Lesreprésentations dEsther firent, donc bien peu debruit , puisque je nen entendis point parler alors,et quelles métoient eucore aujourdhui incon-nues. » Garnier.

? a Ce musicien sappeloit Moreau. A. Martin.Louis Racine se trompe sur la date de la compo-sition de ces quatre cantiques. La preuve quilssont de iôg 4 se trouve dans les lettres de Racineet de Boileau , ainsi que dans le Mercure galantde 1694, lun de ces cantiques est insérécomme composé nouvellement. Aignaa.

7 5 Fénelon.

74 Cette date est fausse-, aucune des filles deRacine ne se fit religieuse à celte époque. La vé-ritable date, qui est celle du 17 novembre 1698,est restituée à celte lettre, lom.VJÏI, pag. 54G dela nouvelle édition des OEuvres de Racine , avecle commentaire de La Harpe.

75 Le privilège, daté du 5 février 1689, estaccordé aux dames de Saint-Cyr, et non pas àlauteur; et il y est dit : « Ayant vu nous-mêmeplusieurs représentations dudit ouvrage, dont nousavons été satisfait, nous avons donné par ces pi é-sentes aux dames de Saint.Cyr, avec défense àtous acteurs, etc. * L. Racine.

Dans quelques éditions, on a fixé la premièrereprésentation à'Eflher au 5 lévrier 1089, datedu privilège. Mais comment Louis XIV auroit-il