NOTES D’ALEXANDRE LE GRAND.
4 " Travaille , dans ec sens , n’est plus en usageque dans le style familier. On en trouve un exem-ple dans la X e satire de Boileau.
4 4 Me le feroit chercher...'Perdre tousmesétats...
Et rciY. Construction vicieuse : pour qu’elle fûtrégulière , il faudroit que le régime le se rappor-tât aux trois verbes, àignan.
45 Ensanglanter la gloire à quelqu'un est un deces latinismes que Raciue airnoit à introduiredans notre langue •, mais l’usage n’a point adoptécelui-ci. Cependant il seroit injuste de ne pas re-marquer avec La Harpe combien l'expression en-sanglanter la gloire est heureusement hardie.
48 Ses faits ne peut guère entrer dans la poesienoble, sans une épithète qui les relève. Le jeuneéclat est une de ces épithètes hardiment métony-miques, toujours si heureuses dans Racine et JDes«préaux. La Harpe. Observons que Rotrou leur ena fréquemment donné l’exemple. Aignan. L’ob-servation sur le mot faits n’est pas applicable àtous les cas. Jean-Baptiste Rousseau, dans son odesur la mort du prince de Coudé, a employé trèsheureusement le mol faits sans épithète. Boileau ,dans son épître au roi, s’exprime encore avecélégance lorsqu’il dit :
El moi , sur ce sujet, loin d’exercer ma plume ,J’amasse de tes faits le pénible volume. A. Mart.
4 7 Présage est ici un terme déplacé : il eût étéjuste , en parlant. d'Alexandre, avant que ses ac-tions eussent rempli ce que présageait son visage.
La Harpe.
48 Des yeux qui font des sujets comme U bras,cette façon de parler est précieuse et maniérée.
Geoffroy.
4 3 L’empire de votre sort est une faute contre lalangue.
50 Vers imité de Rotrou, qui fait dire à Anti-gone en parlant à Polynice (Antigone, acte II ) :
Et vous, plus inhumain et plus inaccessible ,Conservez contre moi le litre d’invincible ! A. M.
51 D’Olivet a remarqué qu’on ne disoit pas in-spirer dans, mais inspirer à. La Harpe et Geoffroyse sont rangés de son avis. Cependant quelquesgrands écrivains offrent des exemples remarqua-bles de l'emploi de dans avec inspirer. Telle est laphrase suivante de Bossuet, citée dans le Diction-naire de Trévoux : La sombre obscurité des églisesinspire une sainte horreur da?is l'àme. Tel est en-core l’exemple de Voltaire dans Je V® chant de taJJenriade :
Du Capitole en cendre il passa dans l’église ;
Et dans les cœurs chrétiens Inspirant ses fureurs.
Il semble que dans ait plus de force que à , et quel’exemple de trois grands écrivains puisse faireadopter cette locution condamnée par la gram-maire. A. Martin. Et d’ailleurs l’inversion achèvede la justifier. Aignan.
* 3 Les mêmes mois qui terminent les deuxpremiers vers d’Alexandre terminent aussi lesdeux derniers de Cléofilc; ce qui est une négli-gence d’amant moins pardonnable , qu’elie n’est
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pas rachetée par la pensée. Qu’est-ce qu’un amourdont les plaisirs portent des soupirs ? Toute la tiradeest digne de ce début. A. Martin.
6 3 Ensevelir mis coups dans la foule! C’est déjàle grand style de Racine. Aignvn.
s 4 Soins tient ici la place de recherches ; maisl’emploi du mot dans ce sens n’a point été confir-mé par l’usage. A. Martin.
65 On voit par les diverses leçons que l’auteuravoit corrigé partout avecque; celui-ci lui estéchappé. L. Racine. Il lui eût été facile de mettre :
M’entretenir ici seule avec mes douleurs. Aignan.
b6 Te cachais-je est d’une dureté remarquabledans un poète qui a-voit l’oreille si sensible. Un se-cret si fatal est un contre-sens. L’auteur veut etdoit dire un secret dont dépcniolt le repos de tesjours. Il a dit à peu près le contraire. La IIarpi:.Fptal n’avoit pas encore exclusivement la signifi-cation absolue de funeste. C’est ici un latinismequi veut dire : Marqué par la destinée comme es-sentiel. Mais voyez quelle délicatesse dans ces sen-timents d’Àxiane, à qui Porus devient pins cherencore depuis qu’il est malheureux, et qui re-grette amèrement de l’avoir laissé courir ù sa perteavant de lui dire qu’elle J’aimoil. Aicnan.
57 Louis Racine trouve cette image poétique etbelle: cependant la figure qui permet de prendrela partie pour le tout est employée ici abusive-ment , pareequ’on n’enferme point une âme dansun tombeau. La Harpe.
58 Sous-entendu dites-moi. Celte tournure fa-milière a ici de la grâce. Aicnan.
5 9 Je ne condamnerai pas plus l’effroi de sonbras que la terreur Je ses armes, qui est assurémentuue phrase reçue, et qui se justifie par l’usage dela même ellipse , ta terreur causée par ses armes,l’effroi causé par son bras; mais j’avoue que je netrouve pas le même rapport entre faire voler laterreur et faire voter l’effroi, C’est ici qu’il fautdistinguer les nuances des synonymes. La terreurprésente l’idée d’une espèce de contagion qui sepropage rapidement : de là l’expression de terreurpanique. L’effroi exprime particulièrement le sai-sissement causé par la peur, (les distinctions sontessentielles à observer dans l’usage des mots qu’onappelle synonymes : c’est de là que dépendent enpartie la pureté du style et la justesse de l’ex-pression. Ces deux vers ,
Et. voyant de son bras voler partout l'effroi,L’Inde sembla m’ouvrir un champ digne de moi,
peuvent fournir une autre observation. Voyant estici un de ces ablatifs absolus [moi voyant) , quisont si favorables à la poésie, et dont personnene s'est mieux servi que Racine. Ils exigent quel-ques précautions, pour ne produire dans la phraseni embarras, ni obscurité. Entre autres choses ilfaut prendre garde que l’ablatif absolu ne puissepas se rapporter à deux substantifs : ici voyant peutégalement s’entendre de l'Inde et d 'Alexandre. Ily a doue amphibologie : et c’est une faute.
Remarquez que l'ablatif absolu est naturel aux