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120 ÀjVfDROMÀQUE.
Prenons, en signalant mon bras et votre nom,
Aux yeux de tout son peuple il faut que je l’op-
Vous, la place d’Hélène, et moi, d’Agamemnon ,
prime.
De Troie en ce pays réveillons les misères v ° ;
Laissez-moi vers l’autel conduire ma victime,
Et qu’on parle de nous ainsi que de nos pères.
Je ne m’en défends plus ; et je ne veux qu’aller
Parlons , je suis tout prêt.
Reconnoître la place où je dois l’immoler :
nERinoNï.
Celte nuit je vous sers, cette nuit je l’attaque.
Non, seigneur, demeurons:
UEKMI0XE.
3e ne veux point si loin porter de tels affronts.
Mais cependant, ce jour, il épouse Andromaquc? *;
Quoi ! de mes ennemis couronnant l'insolence ,
Dans le temple déjà le trône est élevé ;
J’irois attendre ailleurs une lente vengeance?
Ma liante est confirmée, et son crime achevé.
PU je m’en remellrois au destin des combats,
Enfin qu’attendez-vous ? Il vous offre sa tête :
Qui peut-être à la fin ne me vengeroil pas?
Sans gardes, sans défense, il marche à cette fête;
Je veux qu'à mon départ toute l’Épire pleure.
Autour du lils d’Hector il les fait tous ranger ;
Mais si vous me vengez,vcngcz-inoi dans une heure.
Il s’abandonne au bras qui me voudra venger;.
! Tous vos retardement» sont pour moi des refus.
Voulez-vous malgré lui prendre soin de sa vie ?
Courez au temple. Il faut immoler...
Armez, avec vos Grecs, tous ceux qui m’ont suivie;
ORKSTE.
Soulevez vos amis; tous les miens sont à vous :
Qui ?
Il me trahit, vous trompe , et nous méprise tou».
HEUMIONK.
Mais quoi ! déjà leur haine est égale à la mienne :
Pyrrhus.
Elle épaigue à regret l’époux dune Troyennc. '
ORFSTE.
Parlez : mon ennemi ne vous peut échapper,
Pyrrhus, madame 1
Ou plutôt il ne faut que les laisser frapper.
iiehmioxe.
Conduisez ou suivez une fureur si belle ;
lié quoi ! votre haine chancelle?
Revenez tout couvert du sang de l’infidèle ;
Ah t courez , et craignez que je ne vous rappelle.
Allez. •. en cet état sovez sûr de mon cœur.
N’alléguez point des droits que je veux oublier ;
ORKSTE.
Et ce n’est pas à vous à le justifier.
Mais, madame , songez...
OTW-STE-
UEflMIOtfF..
Moi, je l’excuserois ! Ah ! vos bontés , madame .
Ah ! c’en est trop, seigneur.
Ont gravé trop avant ses crimes dans mon à me.
Tant de raisonnements offensent ma colère.
Vengeons-nous , j’y cousons , mais par d autres
J’ai voulu vous donner les moyens de me plaire,
chemins 7 *.
Rendre Oreste coûtent ; mais enfin je vois bien
Soyons ses ennemis , et non ses assassins -,
Qu’il veut toujours se plaindre, et ne mériter rien.
Faisons de sa ruine une juste conquête.
Pariez : allez ailleurs vanter voire constance ,
Quoi! pour réponse aux Grecs porterai-je sa tête ?
Et me laissez ici le soin de ma vengeance.
Et n’ai-je pris sur moi le soin de tout l’étal
De mes lâches bontés mon courage est confus ;
Que pour m’en acquitter par un assassinat?
Et c’est trop en un jour essuyer de refus.
Souffrez, au nom des dieux, que la Grèce s'explique,
Je m’en vais seule au temple où leur hymen a’ap-
Et qu’il meure chargé de la haine publique.
prêle ,
Souvenez-vous qu’il règne, et qu’un front couronné...
Où vous n’osez aller mériter ma conquête :
HtiAaiIOIïE.
Là . de mou ennemi je saurai m’approcher ;
Ne vous suffit-il pas que je J’ai condamné 7 a ?
Je percerai le cœur que je n’ai pu toucher ;
Ne vous suffit il pas que ma gloire ollensée
Et mes sanglantes mains, sur moi-même tournées
Demande une victime à moi seule adressée ;
Aussitôt, malgré lui , joindront nos destinées,
Qu’Ilermione est le prix d’un lyrau opprimé ;
Et, tout ingrat qu’il est, il me sera plus doux
Que je Le hais; enfin, seigneur, que je l’aimai ?
De mourir avec lui que de vivre avec vous.
Je ne m’en cache point l’ingrat m’avoit su plaire,
OKïSTE.
Soit qu’ainsi l’ordonnât mon amour ou mon père,
Non , je vous priverai de ce plaisir funeste ,
N’importe ; mais enfin réglez-vous là-dnssus.
Madame : il ne mourra que de la maiu d’Oreste.
Malgré mes vœux, seigneur, honteusement déçus.
Vos ennemis par moi vont vous être immolés,
Malgré la juste horreur que son crime me donne,
El vous recunnoîtrez mes soins , si vous voulez 7 i .
Tant qu’il vivra , craîguez que je ne lui pardonne.
tllîRMIONE.
Douiez jusqu’à sa mort d’un courroux incertain :
Allez. De votre sort laissez-moi la conduite.
S’il ne meurt aujourd hui, je puis l’aimer demain.
El que tous vos vaisseaux soient prêts pour notre
ORFSTE.
fuite.
lié bien ! il faut le perdre , et prévenir sa grâce ;
Il faut... Mais cependant que faut-il que je fasse?
Gomment puis-je sitôt servir votrejronrroux ?
SCÈNE IV.
Quel chemin jusqu’à lui peut conduire mes coups ?
A peine suis-je encore arrivé dans l’Épire,
IIEMIIONE, CLÉOKü.
\ ous voulez par mes mains renverser un empire ;Vous voulez qu'un roi meure ; et puurson cha-
CLÉONE.
liment
Vous vous perdez, madame; et voti? devez songer ..
Vous ne donnez qu'un jour , qu’une heure , qu’un
HRRMIONB.
moment :
Que je me perde ou non , je songe à me venger.