ACTE V, SCENE VII. 200
Soyez ici témoin de InuLe ma foiblessc ;
Voyez si c’est aimer avec peu de tendresse.Jugez-nous.
a imocatrs.
Je c rois tout : je vous comtois tous deux.Mais connoissez vous-même un prince malheureux.Vous m’avez honoré , seigueur, de votre estime*,
Et moi, je puis ici vous le jurer sans crime ,
A vos plus chers amis j’ai disputé ce rang :
Je l’ai disputé même aux dépens de mon sang.Vous m’avez malgré moi confié , l'un et l’autre ,La reine , son amour , et vous , seigneur, le vôtre.La reine qui m’entend peut me désavouer ;
Elle m’a vu toujours ardent à vous louer,Répondre par mes soins à votre confidence.
Vous croyez m’en devoir quelque reconnoissarice ;Mais le pourriez-vous croire en ce moment fatal,Qu’un ami si fidèle ctoit votre rival?
TITUS.
Mon rival !
ANTIOCHE S.
Il est temps que je vous éclaircisse.
Oui, seigneur, j’ai toujours adore Bérénice.
Pour 11e la plus aimer j’ai cent fois combattu :
Je n'ai pu l’oublier, au moins je me suis tu.
De votre changement la flatteuse apparenceM’avoît rendu tantôt quelque foiblc espérance ,Les larmes de la reine ont éteint cet espoir,
Ses yeux, baignés de pleurs, demandoient à vouavoir :
Je suis venu , seigneur, vous appeler moi-même ;Vous êtes revenu. Vous aimez , on vous aitne ;Vous vous êtes rendu : ie n’en ai point douté.Pour la dernière fois je me suis consulté ;
J’ai fait de mon courage une épreuve dernière ;
Je viens de rappeler ma raison tout entière :Jamais je ne me suis senti plus amoureux.
Il faut d’autres efforts pour rompre tant de nœuds :Ce n’est qu’en expirant que je puis les détruire;J’y cours. Voila de quoi j’ai voulu vous instruire.Oui, madame, vers vous j’ai rappelé ses pas:
Mes soins ont réussi, je ne m’en repens pas.Puisse le ciel verser sur toutes vos annéesMille prospérités l’une à l’autre enchaînées !
Ou, s’il vous garde encore un reste de courroux,
Je conjure les dieux d’épuiser tous les coups
Qui pourroient menacer une si belle vieSur ces jours malheureux que je vous sacrifie.eéiifexiCE, se levant.
Arrêtez , arrêtez ! Princes trop généreux ,
En quelle extrémité me jetez-vous tous deuxlSoit que je vous regarde , nu que je l’envisage ,Partout du désespoir je rencontre l’image.
Je ne vois que des pleurs, et je n’entends parlerQue de trouble, d’horreur», de sang prêt à couler.
(à Titus.)
Mon cœur vous est connu, seigneur, et je puis direQu’on ne l’a jamais vu soupirer pour l’empire :
La grandeur des Romains , la pourpre des Césars,N’ont point, vous le savez , attiré mes regards.J'aimois, seigneur, j’airuois, je voulois être aimée.Ce jour, je l’avouerai, je me suis alarmée ;
J'ai cru que votre amour alloit finir son cours 1 ° 8 .Je oonnois mou erreur, et vous m’aimez toujours.Votre cœur s’est troublé, j’ai vu couler vos larmes :Bérénice , seigneur, ne vaut point tant d’alanncs,Ni que par votre amour l’univers malheureux,Dans le temps que Titus attire tous ses vœux,
Et que de vos vertus il goûte les prémices,
Se voie en un moment enlever ses délices.
Je crois, depuis cinq ans jusqu’à ce dernier jour 109 ,Vous avoir assuré d’un véritable amour.
Ce n’est pas tout :je veux, en ce moment funeste,Par un dernier effort couronner tout le reste:
Je vivrai, je suivrai vos ordres absolus.
Adieu , seigneur, régnez : je ne vous verrai plus.
( à Antiochus .}
Prince, après cet adieu, vous jugez bien vous-mêmeQue je 11e consens pas de quitter ce que j’aimePour aller loin de Rome écouter d’autres vœux.Vivez, et faites-vous un effort généreux.
Sur Titus et sur moi réglez votre conduite :
Je l’aime, je le fuis ; Titus m’aime, il me quitte ;Portez loin de mes yeux vos soupirs et vus fers.Adieu. Servons tous trois d’exemple à l’universDe l’amour la plus tendre et la plus malheureuseDont il puisse garder l’histoire douloureuse.
Tout est prêt. On m’attend.Ne suivez point mes pas.( à Titus. )
Pour la dernière fois, adieu, seigneur.
AÎSTIOOiCS.
Hélas J
VARIANTES
ACTE I.sciiSE u , vers i5.
Ah ! puisqu’il faut partir, partons sans lui déplaire,Je me suis tu long-temps, je puis encor me taire.Ibid., vers 29.
Non : loin de s’offenser elle pourra me plaindre.scène rrr, vers 18.
De dispatoîlre aux yeux d’une cour qui l’accable.Ibid., vers fiy.
Faut il que sans honneur l’Euphrate vous revoie?
DE BERENICE.
scène iv, vers 12.
Aujourd’hui que les dieux semblent me présagerUn honneur qu’avec lui je prétends partager.Ibid., vers 39.
Hé bien J il a repris sa tendresse première ?
Ibid., vers 49.
Au nom dos dieux, parlez : c’est trop long-temps setaire.
Ibid., vers 72.
Mais , puisque après cinq ans j'ose me déclarer.