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BAJAZET.
ACTE QUATRIÈME.
SCÈNE I.
SCÈNE III.
JiOXAXE. ATALIDE, ZATIME.
ATALIDE, ZAÏRE.
ATALIDE.
Ah ! sais-tu mes frayeurs? sais-tu que dans ces lieuxJ'ai vu du fier Orrau le visage odieux?
En ce moment fatal, que je crains sa venue îQue je crains... Riais dis-moi, Bajazet t’a-t-il vue ?Qu’a-t-il dit? se rend-il, Zaïre , à mes raisons ?Ira-t-il voir Roxane, et calmer ses soupçons ?
t ZAÏRE.
la voir sans qu’elle le commande :Koxanc ainsi l’ordonne , elle veut qu’il l’attende.Sans doute à cet esclave elle veut le cacher.
J’ai feint en le voyant de ne le point chercher.
J’ai rendu votre lettre , et j’ai pris sa réponse.Madame , vous verrez ce qu’elle vous annonce.atalide Ut:
i Après tant d’injustes détours ,
«Faut-il qu’à feindre encor votre amour me convie 1« Mais je veux bien prendre soin d’une vie« Dont vous jurez que dépendent vos jours :
« Je verrai la sultane ; et, par ma complaisance,
« Par de nouveaux serments de ma reeomioissanee,
• J’apaiserai, si je puis , son courroux.
« N’exigez rien de pl us : ni la mort, ni vous-même« Ne me ferez jamais prononcer que je l’aime ,
« Puisque jamais je n’aimerai ijue vous. »
Hélas î que rue dit il ? Croit-il que je l'ignore ?
Ne sais-je pas assez qu’il m’aime , qu’il m’adore ?Est-cc ainsi qu'à mes vœux il sait s’accommoder ?C’est Roxane, et non moi, qu’il faut persuader.
De quelle crainte encor me laisse-t-il saisie!Funeste aveuglement / perfide jalousie .’
Récit menteur, soupçon que je n’ai pu celer,Falloit-il vous entendre , ou falluil-il parler!
C’étoit fait, mon bonheur snrpassoit mon attente *7;J’étois aimée, heureuse ; eL Roxane contente.Zaïre, s’il se peut, retourne sur les pas ;
Qu’il l’apaise. Ces mots ne me suffisent pas :
Que sa bouche, ses yeux, tout l’assure qu’il l’aime :Qu’elle le croie cDfin. Que ne puis-je moi-même ,Écbauffantpar mes pleurs ses soins trop languissants,Mettre dans ses discours tout l’amour queje sens!Mais à d’autres périls je crains de le commettre 5 8 .ZAÏRE.
Roxane vient à vous.
ATALIDE.
Ah! cachnnscefie lettre!
SCÈNE II.
ROXANE, ATALIDE, ZATIME , ZAÏRE.roxane , à Zatime.
Viens, J’ai reçu cet ordre. Il faut l’intimider.atalide, à Zaïre.
Va, cours ; et tache enfin de le persuader.
Madame , j’ai reçu des lettres de l’arméeDe tout ce qui s’y passe êtes-vous informée ?ATAirnc.
On m’a dit que du camp un esclave est venu :
Le reste est un secret qui ne m’est pas connu.
ROXANE.
Amurat est heureux : la fortune est changée ,Madame , et sous ses lois Bahylone est rangée.
ATALIDE.
Hé quoi, madame! Osmin...
ROXANE.
Eloit mal averti 6 0 ;
Et depuis son départ cet esclave est parti.
C’en est fait.
atalide , à part.
Quel revers !
ROXANE-
Pour comble de disgrâces,Le sulian , qui l’envoie , est parti sur ses traces.
ATALIDE.
Quoi ! les Persans armés ne l'arrêtent donc pas ?
ROXANE.
Non, madame : vers nous il revieut à grands pas.
ATALIDE.
Que je vous plains, madame ! et qu’ilest nécessaireD’achever promptement ce que vous vouliez faire I. ROXANE.
Il est tard de vouloir s’opposer au vainqueur.atalide , à part.
O ciel I
ROXANE.
Le temps n’a point adouci sa rigueur.Vous voyez dans mes mains sa volonté suprême.
ATALIDE.
Et que vous mande-t-il?
ROXANE.
Voyez: lisez vous-même.Vous eonnoissez. madame , et lu lettre et le seing.
ATALIDE.
Du cruel Amurat je reconnois la main.
( elle lit.)
« Avam que Bahylone éprouvât ma puissance,
« Je vous ai fait porter mes ordres absolus :
« Je ne veux point douter de votre obéissance,
« El crois que maintenant Bajazet ne vit plus.
« Je laisse sous mes lois Bahylone asservie,
« El confirme en partant mon ordre souverain.
« Vous , si vous avez soin de votre propre vie,
« Ne vous montrez à moi que sa tête à la main. »
ROXANE.
Hé bien ?
atalide , « part.
Cache tes pLeurs , malheureuse Atalide.
ROXANE.
Que vous semble ?
ATALIDE.
Il poursuit son dessein parricide.