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VARIANTES DE BAJÀZET.
scène ix , Ters 3 .
Je cours tout ce palais ; cl, meme dès l'entréescène x, vers 7.
Juste ciel, l’innocence a trouvé votre appuilscène xi , vers 11.
«CoDTioissez, a-t-il dit, l’ordre de votre maître,«Perfides ; et voyant le sang que j’ai Tersé,«Voyez ce que m'enjoint son amour offensé. »
Ibid., vers si.
Ne le saviez-vous pas ?
atalide.
O ciel!
OSMIlf.
Cette furie,
Près de ces lieux, seigneur, craignant votre secours,Avoit à ce perfide abandonné ses jours.
NOTES DE BAJAZET.
1 Celle préface est celle que Racine mit en tètede la première édition de la tragédie de Bajazel ,imprimée séparément, et publiée le ?o février1672, six semaines après la première représen-tation.
fi Amurat IV, surnommé, l’intrépide, iüs (VAch -met I, salué empereur au mois de septembrel 6 s« 3 , à l’âge de quinze ans. Il mourut à quarante-deux, des suites de ses débauches, le 20 février1640. Geoffroy.
s Dans les éditions qui ont précédé celle de 16^7,on lisoit : « 11 y a encore plusieurs personnes dequalité, et entre antres il. le chevalier de Nan•touille!, qui , etc. » Geoffroy.
•» Dans toutes les éditions antérieures à celle de1697, le paragraphe suivant terminoit cette pré-face :
« Je me suis attaché à bien exprimer dans matragédie ce que nous savons des mœurs et desmaximes des Turcs. Quelques gens ont dit quemes héroïnes étoient trop savantes en amour ettrop délicates pour des femmes nées parmi despeuples qui passent ici pour barbares. Mais, sansparler de tout ce qu’on lit dans les relations desvoyageurs, il me semble qu’il suffit de dire que lascène est dans le sérail. Eu effet, y a-t-il une courau monde où la jalousie et l’amour doivent être &ibien connus que dans un lieu où tant de rivalessont enfermées ensemble, et où toutes ccs femmesn’ont point d’autre étude , dans mie éternelle oisi-veté , que d'apprendre à plaire et à se faire aimer?Les hommes vraisemblablement n’y aiment pasavec la même délicatesse. Aussi ai-je pris soin demettre une grande dillérence entre la passion deBajazel cl les tendresses de ses amantes. Il gardeau milieu de son amour la férocité de sa nation.Et si l’on trouve étrange qu’il consente plutôt demourir que d’abandonner ce qu’il aime, et d’é-pouser ce qu’il n’aime pas, il 11e faut que lirel’histoire des Turcs 4 on verra partout le méprisqu’ils font de la vie; on verra en plusieurs endroitsà quels excès ils portent les passions ; et ce que lasimple amitié est capable de leur faire faire ; té-moin, un des fils de Soliman, qui se tua lui-mêmesur le corps de son frère aîné qu’il airnoit tendrement, et que l’on avoit fait mourir pour lui as-surer l’empire. »A- Martin.
J’ignore pourquoi Racine a supprimé ces ré-flexions : c’est une excellente réponse aux objec-tions faites contre les caractères de la tragédie deBajazet. Geoffroy.
5 Cette première scène a toujours été regardéecomme le plus parfait modèle de l’exposition d’unsujet. Comme In spectateur doit d’abord être trèsétonné de voir de.s hommes dans le sérail, Osmintémoigne sa surprise en y entrant :
El depuis quand, seigneur, nntre-t-on dans ceslieux?
Le visir lui répond qu’il va bientôt lui en dire laraison, et qu’il doit auparavant l’entretenir dechoses plus pressantes. Cette réponse suffît pourlaisser en suspens la surprise d’Osmin et ci lle desspectateurs. Les derniers vers de la premièrescène répondent à sa question. L. Racine.
Voltaire a rendu justice à la beauté de cetteexposition. Quelle netteté ! dit-il dans une noie dellodogune; comme tous les caractères sont an-noncés! avec quelle heureuse facilité tout est dé-veloppé! quel art admirable dans celte expositiondeBajazet! A. Martin.
6 G’esl Scbah-Abbas, roi de Perse, qui s’empara,au commencement du règne d’Amurat, de la pro-vince et de la ville de Bagdad. Racine appellecette ville Babylone. quoiqu'elle nVn ait jamaisporté le nom, et qu’elle ait toujours eu celui deBagdad ou du jardin de Dad, moine dont la celluleéchappa seule avec son jardin à la ruine totale deSéleucie. Racine a cru que la Tille fondée par Sé-leucus Nieanor, ayant été appelée dans la suiteBabylone, parcequ’elles’accruf des débris de cellegrande ville , comme son fondateur se l'étoit pro-posé ( Pline ,liv.Vl, chnp. xxvi ) , la ville de Bag-dad pouvoit également être désignée sons le nomde Babylone, puisqu’elle reçut dans son enceinteles habitants de Séleucie, et qu’elle fut, depuis ladestruction de celte seconde Babylone , la ville laplus importante de tonte la contrée, L. oe Boisj.
7 II est bien &ûr que la diligence d’Ownin ne faitrien à la distance qui est entre. Bysance et le campd’Amurat, et que par conséquent ce mol malgréqui marque l’opposition , n’est pas grammaticale-ment exact, comme l’a observé l’abbé d’OIivet.