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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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NOTES DE BAJÀZET.

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Mais le sens e3l si clair, et la phrase si naturellementabrégée par cette Forme dellipse, que, bien loinde la reprocher à l'auteur, ü Faut lui savoir grédavoir dit en si peu de mots ce qu'il fallut I dire.

La IIarpe.

La difficulté quauroil trouvée Racine à faire en-trer avec élégance dans un vers le nom de Con-stantinople , qui à lui seul foruieroil presque unhémistiche, lui a fait préférer lancien nom deBysanee. L. ms Bois.termain.

8 D'Olivet napprouve pas cel imparfait semlifoit,qui lui paroîl trop proche du présent est content.Louis Racine regarde sembtoit comme une erreurtypographique, et croit quil faut lire :

Et semble se promettre une heureuse victoire. G.

Quoi quil en suit, il est certain que le change*ment de temps demandoit que Le sujet fût rappelépar un pronom.

9 Son inimitié voulut lorsquil vouloit; cette phrasenest ni correcte ni élégante. On remarque , quel-ques vers plus haut, cette expression, forçant sessoupçons. Louis Racine observe que son père pouvoitmettre aisément malgré scs soupçons , au lieu deforçant ses soupçons: il a trouvé , ajoute-t-il, dansce mot forçant, une élégance que dautres que moiy trouveront jieiil-ûlre. A. Martin.

10 Tonte lhistoire ottomane atteste la vérité dece que dit Osmin, et témoigne combien les moeurssont ici fidèlement peintes ; mais lauteur ne les apas observées do môme dans les caractères. La II.

11 Lorsque Boileau disoit que son ami avoit en-core plus que lui le génie satirique , il citoit pourpreuve ccs quatre vers si admirables. L. Racine.

12 Des enfants des sultans, hémistiche sans har-monie, quil convenoit dautant mieux de changer,quon lit dans le vers su ivant : Au sortir de len-fance.Des frères des sultans ou des fils de nos sultans,eût peut-être été mieux. Aicnan.

1 5 On lit, dans quelques éditions faites après lamort de Racine :

Emporter après lui tous les cœurs des soldats.

1 * Ses charmes. Celle expression est remarquable.Partout ailleurs que dans cette pièce , Racine nesen seroit pus servi, et je nen eounois môme aucunautre exemple, si ce nest dans la fable. On ditbien dun homme quil est charmant, mais on neparle guère de ses charmes; cest une expression quenoire langue a réservée pour les femmes, tant lesnuances du langage tiennent aux mœurs. Celles dusérail autorisoient nette expression de Racine. Onsentira aisément, sans que j'en dise les raisons,quon peut parler des charmes dun homme , dansun pays les femmes sont esclaves et renfermées.

La Harpe.

15 Mettre entre eux est dur. Aicnan.

16 Ce morceau est uu de ceux que Voltaire-péloit avec le plus de plaisir , et quil nous faîsoitadmirer le plus dans cette scène tout lui parois-soit admirable. Il ny a point dhomme de goût quiny ait remarqué , comme lui, cet art de la narra-tion , plus difficile ici quailleurs, puisquil sagis-

8oit de rendre vraisemblable, par le choix descirconstances, une liaison aussi singulière que cellede la sultane avec Bajazet, dans la situation ilssont lun et lautre , et au milieu de tant dobstacleset de périls. Cette fiction de la mort dAmurat, quiest de linvention du poète, est un coup de maître.Le poète sest occupé de fonder son avant-scène,comme on fonde laction môme quand on veutprévenir toute objection. La Harpe.

l t Les vers précédent» peignent les Turcs, et cesdeux-ci peignent Acomat. On sent que ce vieuxguerrier est bien capable de s'élever au-dessus despréjuges religieux de sa nation , il le fait sentir endeux mol». Celte scène excède la mesure ordinaire,elle a plus de deux cents vers. Pourquoi ne paroîl-clle pas trop longue? Cest quil ny a rien dinutile:cest que partout on y admire la fidélité dans lesmœurs , et lélégance dans lexpression. La IIarpe.On a fait à Racine quelques chicanes grammati-cales sur cette façon de parler, prononcer teirèpas;elle est très juste , très belle et très heureuse. Pro-nonce vaut mieux quordonné, et, dans cette occa-sion , a tout-à fait le même sens. Geoffroy.

18 Acomat me paroît leiTort de lesprit humain.Je ne vois rien dans lantiquité , ni chez les moder-nes, qui soit dans ce caractère : et la beauté de ladiction le relève encore : pas un seul vers ou durou foible ; pas un mol qui ne soit le mot proprejamais de sublime hors dœuvre, qui cesse alorsdêtre sublime ; jamais de dissertation étrangère ausujet, toutes les convenances parfaitt'ment obser-vées. Enfin , ce rôle me paroît d'autant plus admi-rable . quil se trouve dans la seule tragédie lonpouvoit lintroduire, et quil auroit été déplacépartout ailleurs. Voltaire.

1 9 Partout ailleurs cette expression , ta barrièredes murs } seroit impropre, mais ici elle est juste,paroequil sagit des murs dun sérail.

3 ° Ccs vers contiennent le germe de toute l'in-trigue : ils motivent et préparent la catastrophe ;ils fixent avec précision le caractère de iloxane etla nature de son amour. Geoffroy.

3 1 Mexpliquer à lui, pour lui expliquer ma vo-lonté ; expression énergique qui nauroitpas besoindêtre justifiée, si tous le» commentateurs navoientessayé de lexpliquer. On dit communément :sexpliquer avec quelquun, pour nioir une explica-tion; mais sexpliquer à quelquun, cest lui faireconnoître ses sentiments, cest lui ouvrir son cœur,et , dans la bouche de Roxane, cest lui donner lechoix de lépouser ou de mourir. Cesl ainsi queRacine a eu lart de faire un irait de caractèredune simple expression. A. Martin.

33 Ileureuee imitation du vers de Virgile :

Una salusvictis nullam sperare salulem.

Mot à mot : « Lunique salut des vaincus est dene point espérer de salut.» (Æneid., lib. II,y. 554- ) Geoffroy.

3 3 Dans le sein de sn mère, pour dans lintimetendresse de sa mère , est une expression métapho-rique fort remarquable. Ajgnax.

3 4 Cette tirade offre plusieurs négligences : aucommencement, les mot» touche et toucher, qui