ACTE HT,
Détruisons ses honneurs, el faisons dispnroître |
La honte de cent rois, cl la mienne peut-être;
Lt, la flamme à la main, effaçons tous ces nomsQue Home y consacroit à d’étemels affronts 57 .
Voilà l'ambition dont mon âme est saisie-Ne croyez point pourtant qu’éloigne de L'AsieJ’en laisse les Romains tranquilles possesseurs :
Je sais où je lui dois trouver des défenseurs:
Je veux que , d’ennemis partout enveloppée ,
Rome rappelle en vain le secours de Pompée.
Le Partlie, des Romains comme moi la terreur,Consent de succéder à ma juste fureur ;
Prêt d’unir avec moi sa haine et sa famille ,
Il me demande un fils pour époux à sa tille.
Cet honneurvous regarde, et j’ai fait choixde vous,rharnace : allez, soyez ce bienheureux époux.Demain , sans différer, je prétends que l’auroreDécouvre mes vaisseaux déjà loin du Bosphore.
Vous que rien n’y retient, partez dès ce moment,
Et méritez mon choix par votre empressement:Achevez cet hymen ; et, repassant l’Euphrate,
Faites voir à l’Asie un autre Milhridate,
Que nos tyrans communs en pâlissent d’effroi,
El que le brui t à Rome en vienne jusqu’à moi.PHÀRNÀŒ.
Seigneur, je ne vous puis déguiser ma surprise.J’écoule avec transport cette grande entreprise ;
Je l’admire ; et jamais un plus hardi desseinNe mit à des vaincus les armes à la main.
Surtout j'admire en vous ce cœur infatigableQui semble s’affermir sous le faix qui l’accable.
Mais, si j’ose parler avec sincérité .
En êtes-vous réduit à celte extrémité ?
Pourquoi tenter si loin des courses mutiles,
Quand vos étals encor vous offrent tant d'asiles ,
El vouloir affronter des travaux infinis,
Dignes plutôt d’un chef de malheureux bannis ,
Que d'un roi qui naguère, avec quelque apparence 58 ,De l’aurore au couchant porioit son espérance,
Fondoil sur trente étals son trône florissant,
Dont le débris est même un empire puissant ?
Vous seul, seigneur, vous seul, après quaranteannées,
Pouvez encor lutter contré les destinées-Implacable eunerni de Rome et du repos,Comptez-vous vos soldats pour autant de héros?Pensez-vous que ces cœurs , tremblants de leur dé-faite ,
Fatigués d’une longue et pénible retraite ,
Cherchent avidement sous un ciel étrangerLa mort, et le travail pire que le danger?
Vaincus plus d’une fois aux yeux de la patrie ,Soutiendront-ils ailleurs un vainqueur en furie ?Sera-t-il moins terrible, et le vaincront-ils mieuxDans le sein de*sa ville, à l’aspect de sps dieux?
Le Parlhe vous recherche et vous demande un gendreMais ce Partlie, seigneur, ardent à nous défendieLorsque tout l’univers sembloit nous protéger,
D'un gendre saus appui voudra-t-il se charger?
M’en irai-je moi seul, rebut de la fortune,
Essuyer l’inconstance au Partlie si commune ;
El peut-être, pour fruit d’un téméraire amour,Exposer votre nom au mépris de sa cour?
Du moins, s’il faut céder, si, contre notre usage,
Il faut d’un suppliant emprunter le visage,
SCÈNE I. 2.49
Sans m’envoyer du Partlie embrasser les genoux,Sans vous-même implorer des rois moindres quevous 59 ,
Ne pourrions-nous pas prendre une plus sûre voie ?Jeions-uous dans les bras qu’on nous tend avec joie :Home eu notre faveur facile à s’apaiser..,XIPlIVRlis.
Rome, mon frère! O ciel! qu’osez-vous proposer?Vous voulez que le roi s’abaisse et s’humilie ?
Qu’il démente en un jour tout le cours de sa vie ?Qu’il se fie aux Romains, et subisse des loisDont il a quarante ans défendu tons les rois?Continuez, seigneur : tout vaincu que vous êtes,La guerre, les périls sont vos seules retraites.Rome poursuit en vous un ennemi fatalPlus conjuré contre elle et plus craint qu'Annibal.Tout couvert de son sang, quoi que vous puissiezfaire,
N’cn attendez jamais qu’une paix sanguinaire ,Telle qu’en un seul jour un ordre de v os main3La donna dans l’Asie à cent mille Romains.
Toutefois épargnez votre tôle sacrée :Vous-inême n’allez point, de contrée en contréeMontrer aux nations Milhridate détruit,
Et de votre grand nom diminuer le bruit.
Votre vengeance est juste ; il la faut entreprendre :Brûlez le Capitole, et mettez Rome en cendre.Mais c’est assez pou r vous d’en ouvrir les chemins !Faites porter ce feu par de plus jeunes mains ;
Et, tandis que l’Asie occupera Pharnace ,
De cette autre entreprise honorez mon audace s0 .Commandez : laîssez-nous , de votre nom suivis ,Justifier partout que nous sommes vos fils.Embrasez par nos mains le couchant et l’aurore ;Remplissez l’univers , sans sortir du Bosphore ;Que les Romains , pressés de l’un à l’autre bout,Doutent où vous serez-, et vous trouvent partout 6 '.Dès ce même moment ordonnez que je parte.
Ici tout vous relient ; et mol, tout m’en écarte :Et, si ce grand dessein surpasse ma valeur,
Du moins ce désespoir convient à mon malheur.Trop heureux d'avancer la fin de ma misère,J’irai... J’effacerai le crime de ma mère.
Seigneur, vous m’en voyez rougir à vas genoux ;J’ai honte de me voir si peu digne de vous ;
Tout mon sang doit laver une fâche si noire.
Mais je cherche un trépas utile à votre gloire ;
Et Rome , unique objet d’un désespoir si beau ,Du fils de Milhridate est le digne tombeau.viTTHttiDATR, ne levant.
Mon fils , ne parlous plus d’une mère infidèle.Votre père est content, il connoît votre zèle,
Et ne vous verra point affronter de dangerQu’avec vous son amour ne veuille partager :Vous me suivrez ; je veux que rien ne noussépare.Et vous, à m’obéir, prince , qu’on se prépare :Les vaisseaux sont tout prêts: j’ai moi-même or-donné
La suite el l’appareil qui vous est destiné.
Arbate, à cet hymen chargé de vous conduire ,De votre obéissance aura soin de m’instruire.Allez , cl soutenant l'honneur de vos aïeux ,
Dans cet embrassement recevez mes adieux.PlURNACC.
Seigneur...
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