a5o MITHRIDATE.
MITHRIDATE.
Ma volonté . prince, doit vous suffire.Obéissez. C’est trop vous le faire redire.
RHARNACE.
Seigneur, si, pou°r vous plaire, il ne faut que périr,Plus ardent qu’aucun autre on m’y verra courir :Combattant à vos yeux, permettez que je meure.
MITHRIDATE.
Je vous ai commandé de partir tout à l’heure.
Mais après ce moment...Prince, vous m’entendez,
El vous êtes perdu si vous me répondez.
PHARNACE.
Dussiez-vous présenter mille morts à ma vue ,
Je ne saurois chercher une fille inconnue.
Ma vie est en vos mains.
MITHRIDATE.
Ah! c’est où je t’attends.Tu ne saurois partir, perfide! et je t’entends.
Je sais pourquoi tu fuis l'hymen où je l’envoie :
Il le fâche en ces lieux d’abandonner ta proie 0J ;Monime le retient; ton amour criminelIVèti mloil l'arracher à l’hymen paternel.
Ni l’ardeur dont lu sais que je l’ai recherchée,
Ni déjà sur son front ma couronne attachée ,
Ni cet asile même où je la fais garder,
Ni mon juste courroux, n’ont pu t’intimider.Traître! pour les Romains tes lâches complaisancesN’éloient pas à mes yeux d’assez uoires ollènses :
Il te manquoit encor ces perfides amoursPour être le supplice et l’horreur de mes jours.Loin de t’en repentir, je vois sur ton visageQue ta confusion ne part que de ta rage :
Il te tarde déjà qu’échappé de mes mains
Tu ne coures me perdre, et me vendre aux Romains.
Mais , avant que partir, je me ferai justice S3 :
Je te l’ai dit. Ilolà, gardes 64 !
SCÈNE II.
MITHKIDATE, DHAP.XACE, xiphabès,
GARDES.
MITHRIDATE.
Qu’on le saisisse.
Oui, lui-même, Pharnace. Allez ; et de ce pasQu’enfermé dans la tour on ne le quitte pas.PHARNACE.
Hé bien ! sans me parer d’une innocence vaine ,
Il est vrai, mon amour mérite votre haine ;
J’aime : l’on vous a fait un fidèle récit.
Mais Xipharès, seigneur, ne vous a pas tout dit 65 ;C’est le moindre secret qu’il pouvoit vous apprendre :Et ce fils si fidèle a dû vous faire entendreQue, des mêmes ardeurs dès long-temps enflammé,
Il aime aussi la reine, et même en est aimé.
SCÈNE III.
MITHKIDATE, XIPHAKÈS.
XIPHARÈS.
Seigneur, le croirez-vous qu'un dessein si cou-pable...
MITHRIDATE.
Mou fils. je sais de quoi votre frère est capable.
Me préserve le ciel de soupçonner jamaisQue d’un prix si cruel vous payez mes bienfaits ss ;Qu’un fils qui fut toujours le bonheur de ma vieAit pu percer ce cœur qu’un père lui confie !
Je ne le croirai point. Allez : loin d’y songer,
Je ne vais désormais penser qu’à nous venger.
SCÈNE IV.
MITHRIDATE.
Je ne le croirai point? Vain espoir qui me flatte!
Tu ne le crois que trop , malheureux MilbridateJXipharès mon rival? et , d’accord avec lui,
La reine nuroit osé me tromper aujourd’hui?
Quoi! de quelque côté que je tourne la vue,
La foi de tous les cœurs est pour moi disparue *
Tout m’abandonne ailleurs! tout me Iraliitici !Pharnace, amis , maîtresse! et toi, monfiis aussi !Toi de qui la vertu , consolant ma disgrâce...
Mais ne connois-je pas le perfide Pharnace?
Quelle foiblesse à moi d’en croire un furieuxQu’arme contre son fière un courroux envieux.
Ou dont le désespoir me troublant par des fables ,Grossit, pour se sauver, Je nombre des coupables JNon, ne l’en croyons point; et, sans trop nouspresser,
Voyons , examinons. Mais par où commencer?
Qui m’en éclaircira ? quels témoins? quel indice?...
Le ciel en ce moment m’inspire un artifice.
Qu’on appelle la reine. Oui, sans aller plus loin,
Je veux l’ouïr : mon choix s’arrête à ce témoin.L’amour avidement croit tout ce qui le Aude,Quipnuldesoii vainqueur mieux parler que l’ingrate ?Voyons qui son amour accusera des deux.
S’il n’est digne de mc.5, le piège est digne d’eux.Trompons qui nous trahit : et, pour connoître untraître 07 ,
Il n’est point de moyens... Mais je lavoîsparoître:Feignons ; et de son cœur, d’un vain espoir flatté,
Par un mensonge adroit tirons la vérité.
SCÈNE V.
MONIME, MITHRIDATE.
MITHRIDATE.
Enfin j’ouvre les yeux , et je me fais justice:
G’est faire à vos beautés un triste sacrifice.
Que de vous présenter, madame , avec ma foi,
Tout l’âga et le malheur que je traîne avec moi.Jusqu’ici la fortune et la victoire mêmes ' 8Cachoicut mes cheveux blancs sous trente diadèmes.Mais ce lemps-là n’est plus : je regnois, et je fuis.
Mes ans se sont accrus; mes honneurs sont détruits ;
El mon front, dépouillé d’un si noble avantage ,
Du temps qui l’a flélrilaisse voir tout l’outrage.D’ailleurs mille desseins partagent mes esprits :
D’un camp prêt à partir vous entendez les cris;Sortant de mes vaisseaux , il faut que j’y remonte.Quel temps pour un hymen qu’une fuite siprompte,