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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ACTE IV, SCÈNE Vï—VII.

MCTHRCDATE.

Ah ! qu’est-ce que j’entends ?Perfides, ma vengeance a tardé trop long-temps!

Mais iene vous crains point : malgré leur insolence,

Les mutins n’oseroient soutenir ma présence.

Je ne veux que les voir: je ne veux qu’à leur» yeuxImmoler de mti main deux iils audacieux.

SCÈNE VII.

MITHMDATE, AKBAIE , ABCAS.

ARCA8.

Seigneur, tout est perdu. Les rebelles, Pharnace,

Les Romains, sont en foule autour de cette place,

MITHRIDATE.

Les Romains Sî !

ARCAS.

De Romains le rivage est chargé,

Et bientôt dans ces murs vous êtes assiégé.

MITUKIDAIE.

( à Areas. )

Ciel! Courons. Ecoutez... Du malheur qui me presseTu ne jouiras pas , infidèle princesse.

I

ACTE CINQUIÈME.

SCÈNE I.

MOME, PHOEDIME.

PDOEnrME.

Madame, où courez-vous ? Quels aveugles transportsVous font tenter sur vous de criminels efforts ?lié quoi i vous avez pu, trop cruelle à vous-même,Faire un affreux lien d’un sacré diadème ?

Ah! ne voyez-vous pas que les dieux plus humainsOnt eux-mêmes rompu ce bandeau daus vos mains?

UONIME.

Hé , par quelle fureur , obstinée à me suivre ,Toi-même malgré moi veux-tu me faire vivre ?Xipharès ne vit plus ; le roi désespéréLurmôme n’attend plus qu’un trépas assuré :

Quel fruit te promets-tu de ta coupable audace?Perfide , prétends-lu me livrer à Pharnace ?

PHOKÜIME.

Ali! du moins attendez qu’un fidèle rapportDe son malheureux frère ait confirmé la mort.

Dans la confusion que nous venons d’entendre ,

Les yeux peuvent-ils pas aisément se méprendre * 9 ?D’abord , vous le savez, un bruit injurieuxLe rangeoit du parti d’un camp séditieux :Maintenant on vous dit que ces mêmes rebellesOnt tourné contre lui leurs armes criminelles.

Jugez de l’un par l’autre , et daignez écouter...

UONIME.

Xipharès ne vit plus , il n’en faut point douter :L’événement n’a point démenti mon attente.

Quand je n’en aurois pas la nouvelle sanglante s0 ,

Il est mort; et j’en ai pour garants trop certainsSon courage et son nom trop suspects aux Romains 9 *.

ACTE V, SCÈNE I, —II. a55

Ah J que d’un si beau sang dès long-temps altéréeRome tient maintenant sa victoire assurée!

Quel ennemi son bras leur alloit opposer!

Mais sur qui, malheureuse, oses-tu t’excuser ?Quoi J tu ue veux pas voir que c'est toi qui Top-primes ,

Et dans tous ses malheurs reeonnoîu-e tes crimes IDe combien d'assassins l’avois-je enveloppé !Dominent à tant de coups soi oit-il échappé?

Il évitoit en vaiu les Romains et son frère :

Ne le livrols-je pas aux fureurs de son père?

Ç'est moi qui, les rendant l’un de l’autre jaloux,Vins allumer le feu qui les embrase tous :

Tison de la discorde , et fatale furie,

Que le démon de Rome a formée et nourrie.

Et je vis 1 Et j’attends que, de leur sang baigné,Pharnace des Romains revienne accompagné.

Qu’il étale à mes yeux sa parricide joie ILa mort au désespoir ouvre plus d’une voie 9 ’ :Oui, cruelles, en vain vos injustes secoursMe ferment du lombea u les chemins les plus courts,Je trouverai la mort jusque dans vos bras même.

Et toi, fatal tissu , malheureux diadème,Instrument et témoin de toutes mes douleurs,Bandeau , que mille fuis j’ai trempé de mes pleurs ,Au moins , en terminant ma vie et mon supplice ,Ne pouvois-lu me rendre un funeste service?

A mes tristes regards , va , cesse de t’oiïïir ;D’autres armes sans toi sauront me secourir :

Et périsse le jour et la main meurtrièreQui jadis sur iuod front t’attacha la première 93 !

PltaRIHME.

On vient, madame, on vient : et j’espère qu’ Areas,Pour bannir vos frayeurs , porte vers vous ses pas,

SCÈNE II.

MONIME, PHOEDIME, ARCAS.

MONIUE.

En est-ce fait, Areas? et le cruel Pharnace...

ARCAS.

Ne me demandez rien de tout ce qui se passe,Madame : on m’a chargé d’un plus funeste emploi jEt ce poison vous dit les volontés du roi.

PHOEÜIUK.

Malheureuse princesse !

MOXIME.

Ah ! quel comble de joie!Donnez. Dites, Areas, au roi qui me l’envoieQue de tous les présents que m’a faits sa bouté,

Je reçois le plus cher et le plus souhaité.

À la fin je respire ; et le ciel me délivreDes secours importuns qui me forçoient de vivre.Maîtresse de moi-même , il veut bien qu’une foisJe puisse de mon sèrt disposer à mon choix.

PUOF.DIAU.

Hélas!

MONIME.

Retiens tes cris ; cl, par d’indignes larmes,

De cet heureux moment ne trouble point les charmes.Si tu m’aimois, Phœdime, il faüoit me pleurerQuand d’un titre funeste on ine vint honorer,