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MITHRIDATE,
Et lorsque, m’arrachant «lu doux sein delà Grèce,Dans ce climat barbare on traîna la raaîlresse.Retourne maintenant chez ces peuples heureux;Et, si mon nom encor s’est conservé chez eux ,Dis-leur ce que tu vois ; et de toute nia gloire,Phœdime, conte-leur la malheureuse histoire.
El loi, qui de ce cœur, dont lu fus adoré,
Par un jaloux destin fus toujours séparé ,ïléros, avec qui, même en terminant ma vie,
Je n’ose en un tombeau demander d’êlre unie,Reçois ce sacrifice; et puisse, en ce moment,
Ce poisoû expier le saug de mou amant 1
SCÈNE III.
MONIME, ARBATE, PHOEDIM E, ARCAS.
ABBATE.
Arrêtez) arrêtez 94 !
aucas.
Que faites-vous, Arbate?
ARBATE.
Arrêtez) j’accomplis l’ordre de Mithridate.MONIME.
Ah) laissez-moi...
arbate, jetant le poison.
Cessez, vous dis-je, et laissez-moi 9iî ,Madame . exécuter les volontés «lu roi ;
Vivez. Et vous, Areas, du succès de mon zèleCourez à Mithridate apprendre la nouvelle.
SCÈNE IV.
MONIME, ARBATE, PIIOEDIME.
HOMME.
Ah) trop cruel Arbate, à quoi m’exposez-vous !Est-ce qu’on croit encor mon supplice trop doux ?Et le roi, m’enviant une mort si soudaine ,Veut-il plus d’un trépas pour couteDter sa haine ?
ARKATE.
Vous l’allez voir paroître : et j’ose m’assurerQue vous-même avec moi vous allez le pleurer.HONJME.
Quoi) le roi...
ARBATE.
Le roi touche à son heure dernière,Madame, et ne voit plus qu’un reste de lumière.Je l’ai laissé sanglant, porté par des soldais;
Et Xipharès en pleurs accompagne leurs pas.MONIME.
Xipharès J Ah , grands dieux! Je doute si je veille,Et n’ose qu’en tremblant en croire mon oreille.Xipharès vit encor ! Xipharès , que mes pleurs...ARfl-tri;.
J] vit chargé do gloire, accablé de douleurs.
De sa mort en ces lieux la nouvelle seméeNe vous a pas vous seule et sans cause alarmée :Los Romains» qui partoutî’appuyoient par des cris,Ont par ce bruit fatal glacé lous les esprits.
Le roi, trompé lui-même , en a versé des larmes ,Et, désormais certain du malheur de ses armes,Par un rebelle fils de touics parts pressé ,
Sans espoir de secours tout près d’êlrc forcé,
Et, voyant pour surcroît de douleur et de haine,Parmi ses étendards porter l’aigle romaine,
Il n’a plus aspiré qu’à s’ouvrir des cheminsPour éviler l'affront de tomber dans leurs mainsD’abord il a lente les alteinlcs mortellesDes poisons que lui-même a cru les plus fidèles 56 ;Il les a trouvés lous sans force et sans verlu.
« Vain secours, a-l-il dit, que j’ai trop combattu I• Contre tous les poisons Soigneux de me défendre,
« J’ai perdu toul le fruit que j’en pou vois attendre.
« Essayons maintenant des secours plus certains,
■ Et cherchons un trépas plus funeste aux Ro-mains. »
Il parle ; et, défiant leurs nombreuses cohortes,Du palais , à ces mots, il fait ouvrir les portes,
A l’aspect de ce front dont la noble fureurTant de fois dans leurs rangs répandit la terreur,Vousles eussiez vus tous, relournaut en arrière 97 ,Laisser entre eux et nous une large carrière ;
Et déjà quelques uns couroient épouvantésJusque dans les vaisseaux qui les ont apportés.Mais, le dirai-je? ô ciel! rassurés par Pharnace,Et la honte en leurs cœurs réveillant leur audace,Ils reprennent courage, ils attaquent le roi,Qu’un reste de soldais défendoit avec moi.
Qui pourroit exprimer par quels faits incroyables ,Quels coups accompagnés de regards effroyables ,Son bras, se signalant pour la dernière fois,
A de ce grand héros terminé les exploits ?
Enfui , las et couvert de sang et de j'oussière,
Il s’étoit fait de morts une noble barrière :
Un autre bataillon s’est avancé vers nous :
Les Romaius pour le joindre ont suspeudu leurscoups.
Ils vouloicnt tous ensemble accabler Mithridate.Mais lui : t C’en est assez, mVt-il dit, cher Arbate ;
« Le sang et la fureur m’emportent trop avant.
« Ne livrons pas surtout Mithridate Tivanl. »Aussitôt dans son sein il plonge son épée.
Mais la mort Fuit encor sa grande àmc trompée.
Ce héros dans mes bras est tombé tout sanglant,Foihle , et qui s’irritoit contre un trépas si lent ;
El, se plaignant à moi de ce reste de vie ,
Il soulevoil encor sa main appesantie ;
Et , marquant à mon bras la place de son cœur,Rembloit d’nn coup plus sûr implorer la faveur.Tandis que , possédé de ma douleur extrême,
Je songe bien plutôt à me percer inoi-même.
De grands cris ont soudain attiré mes regards :
J’ai vu, qui l’aurnit cru? j’ai vu de toutes parisVaincus et renversés les Romains et Pharnace,Fuyant vers leurs vaisseaux abandonner la place ;Elle vainqueur, vers nous, s’avançant de plus près,A mes yeux éperdus a montré .Xipharès.
MONIME.
Juste ciel I
ARBATE.
Xipharès, toujours resté fidèle,
Et qu’au fort du combat une troupe rebelle,
Par ordre de son frère , avoit euveloppé ,
Mais qui, d’entre leurs liras à la fin échappé ,Força les plus mutins , et regagnant le reste ,Heureux et plein de joie, en ce moment funeste,A travers mille morts , ardent, victorieux,
S’éloit fait vers son père un chemin glorieux.