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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ACTE V, SCENE I V—Y.

logez de quelle horreur celle joie est suivie.

Son bras aux pieds du roi l’alloit jeter sans vie ;Mais on court, on s’oppose à son emportement.

Ee roi m’a regardé dans ce triste moment,

Et m’a dit d’une voix qu’il poussoit avec peine :

• S’il en est temps encor, cours, et sauve la reine. »Ces mots m’ont fait trembler pour vous, pourXipharès:

l’ai craint, j’ai soupçonné quelques ordres secreh.Tout lassé que j’étois, ma frayeur et mon zèleM’ont donné pour courir une force nouvelle ;

Et malgré nos malheurs, je me. tiens trop heureuxI) 'avoir paré le coup qui vous perdoit tous deux.MOXIME.

Ahl que, de tant d'horreurs justement étonnée ,Je plains de ce grand roi la triste destinée IHélas ! et plût aux dieux qu’à son sort inhumainMoi-même j’eusse pu ne point prêter la main ,

Et que, simple témoin du malheur qui l’accable,Je le pusse pleurer sans en être coupable !

IL vient. Quel nouveau trouble excite en mes espritsLe sang du père, ô ciel! et les larmes du lilsi

SCÈNE Y.

MITHUIDATE, monime, XIPIIARÈS, Afl-BATK, PHOEDÏME 98 , ARCAS, carde» quisoutiennent Milhridate.

MONIME.

Ab ' que vois-je, seigneur, et quel sort est le vôtre !

WITHRIDâTE.

Cessez et retenez vos larmes l’un et l’autre :

( Moutrant Xipharès. )

Mon sort de sa tendresse et de votre amitiéVeut d'autres sentiments que ceux de la pitié ;Et ma gloire , plutôt digne detre admirée ,

Ne doit point par des pleurs être déshonorée.

J’ai vengé l’univers autant que je l’ai pu :

La mort dans ce projet m’a seule interrompu.Ennemi des Romains et de la tyrannie,

Je n’ai point de leur joug subi l’ignominie ;

Et j’ose me flatter qu’entre les noms fameuxQu’une pareille haine a signalés contre eux.

Nul ne leur a plus fait acheter la victoive,

Ni de jours malheureux plus rempli leur histoire.Le ciel na pas voulu qu’achevant iuou dessein

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Rome en cendres me vît expirev dans son sein :Mais au moins quelque joie en mourant me console :j’expire environné d’ennemis que j’immole;

Bans leur sang odieux j’ai pu tremper les mains ;

Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains.

A mon fils Xipharès je dois celle fortune ;

Il épargne à ma mort leur présence importune.Que ne puis-je payer ce service importantl)e tout ce que mon trône eut de plus éclatant 1Mais yous me tenez lieu d'empire , de couronne ;Vous seule me restez: soulFrcz que je vous dorme 1 ' 9 ,Madame ; et tous ces vœux que j’exigeois de vous ,Mon cœur pour Xipharès vous les demande tous.

MONIME.

Vivez, seigneur, vivez pour le bonheur du monde ,Et pour sa liberté , qui sur vous seul se fonde ;Vivez pour triompher d’un ennemi vaincu ,

Pour venger...

MIT1IRIDATE.

C’en est fait, madame, et j’ai vécu.Mon fils, songez à vous : gardez-vous de prétendreQue de tant d’ennemis vous puissiez vous défendre.Bientôt tous les Romains , de leur honte irrités ,Viendront ici sur vous fondre de tous côtés.

Ne perdez point le temps que vous laisse leur fuiteA rendre à mon tombeau des soins dont je vouaquitte.

Tant de Romains sans vie, en cent lieux dispersés,Suffisent à ma cendre et î’honorent assez.Cachez-leur pour un temps vos noms et votre vie.Allez, réservez-vous...

XU’IIAHÈS.'

Moi, seigneur I que je fuie!Que Pharnacc impuni, les Romains triomphants 100 .N’éprouvent pas bientôt...

MITJ1IUDATE.

Non , je vous le défends.Tôt ou tard il faudra que Pharnace périsse :Fiez-vous aux Romains du soin de son supplice 10Î .Mais je sens alfoiblir ma force et mes esprits ;

Je sens que je me meurs. Approchez-vous, mon fils:Bans cet embrassement dont la douceur me flatte,Venez, et recevez l’âme de Milhridate.

MONIME.

Il expire.

XIPHARÈS.

Ahl madame , unissons nos douleurs ,Et par tout l’univers cherchuns-lui des vengeurs 1 " 2 .

VARIANTES DE

ACTE I.

scène i , vers Ci. ;

Hélas! j’appris encor dans ce temps odieux, etc. !

Ibid., vers 90. :

Virent d’abord Pharnace au pied de ses remparts. |scène ir , vers 76. !

I ous les malheurs du fils ne vous occupoieot guère. !

MITHRIDATE.

scène in, vers s3.

Puis-je , en vous proposant mes plus chers intérêts.Vous découvrir ici mes sentiments secrets ?

Ibid., vers 29 .

A son heureux empire étoit encore unie.

Ibid., vers 46. „

Seigneur, je n’ai qu’un cœur. Tout ce que je puisfaire.

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