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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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NOTES DE MITHRIDATE.

primé plusieurs mois du texte d’Aruyot, et y afait quelques changements , afin de restreindre àjVlonimc ce qui, dans ce récit, s’applique engénéral aux femmes de Milhridate. Geoffroy.

8 Dans toutes les éditions de Racine , cet Areasn’est désigné que sous Je mun de domestique. Eu-rybate et Areas n’ont pas un titre plus relevé dansIphigéDie en Aulide : sur la liste des personnagesils sont qualifiés de domestiques d’Agarueinnon. G.

8 Dans la première édition , on lit : La scène està Nymphes, port de mer dans le Bosphore Cimmèrien,autrement dit laTaurique Chersonèse. Geoffroy.

10 Tout lecteur curieux d’étudier la périodepoétique Fera sans doute attention à ce mot meurt,qui, après quatre vers imposants, tombe si justeau commencement du cinquième , et le coupe,en formant une césure qui force l’oreille de s’yarrêter. La Harpe.

11 (J/t secret de deux jours. Voilà de ces familia-rités de diction que les critiques n’ont pas manquéde relever, et qui se font d’autant plus remarquer,que l’élégance du style est plus continue. A. Mart.

12 L’opposition des premiers et des derniers estpeu digne de l’auteur. Louis Racine pense que cevers 11c se lie pas assez bien avec le précédent: maisil ne dit rien sur ces expressions vraiment condam-nables ; marquer aux jeux, et marquer aux yeux dessoupirs- Geoffroy.

1ï La llarpe dit que ce vers n’a point de césure,pareequ’ii n’y a aucune raison de s’arrêter aprèsl’auxiliaire avoir. Louis Racine avoit fait la mêmeobservation. Jlse pourroil cependant que Je poêleeût eu l'intention de placer le repos après le motlasse, afin de donner plus d’énergie à la phrase. Onsait que cette licence est quelquefois permise, etque, Lieu employée, elle devient une beauté.

A. Martin.

14 Ce n’est pas sans dessein qu’on nomme iciNymphéc : c’est le nom de la ville dans l’cnceinlcde laquelle l’action se passe. Nymphée ue rime pasavec réservée. Geoffroy. La ressemblance de sonentre le f et le 0 a porté R acine à cette licence, ex-cusable surtout pareeque Nymphée est un nompropre. Aignan.

-1 15 Contre eux est inutile. On en peut dire autantdu mot rendue dans le vers précèdent. Geoffroy,Six vers plushaut : Quel devins-je, pour que devins-je. Cette fociuionétoitsansdoute en usage du tempsde Racine, car aucun critique contemporain nel’a relevée. Toutesles éditions publiéespeDdant lavie de l’auteur portent quel devins-je. A. Martin.

Avenir, par corruption pour advenir, est bannidepuis long-temps du discours soutenu. On dit fa-milièrement il advint , mais d’avenir on a conservé,toujours dans le discours familier, avenant, ave-nante , qui signifie plus qu'agréable. La Harpe.

17 Quelques savants prétendent qu’il n’y apointdans la Colchide de ville qui s’appelle Colchos.Colcbos n’est pas non plus le nom d’une région,d’une province, comme Jumeau se l’imagine. Col-chos est un nom de peuple : c’est l’accusatif deColchi, Colchorum. Il est vrai que Racine en parletoujours comme d’une ville :

Je le puis à Colcbos, et je le puis ici.

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Bossuet, Rollin , l’abbé Gédoyn dans sa traductionde Pausanias, appellent Colcbos une ville.Quandils sc seroient tous trompés avec Racine , ce scroil,dans une tragédie , une faute bien légère; etce n’est pas ici le lieu de placer une dissertationgrammaticale et géographique, Geoffroy. Onpcuiobserver seulement que Racine a mis Colchos pourla Colchide; de même que, dans Iphigénie, il a misArgos pour YArgoUde. J’e'crivis en Argos. Leversqui suit ne laisse aucun doute sur l’intenlion duporte de désigner par Colchos toute une province.

Aignan.

18 L’usage veut qu’on dise mettre au rang et •compter au nombre; mais cet usage n’est une loi quepour la prose. Cette scène est écrite avec une élé.gancc si naturelle, que La Moite-HoudarL l’a choisiepour prouver l’inutilité de la versification : il a misen prose les vers de Racine, et il n’a eu besoin pourcette operation que de rompre la mesure : tant lestyle de Racine est pur, correct et facile! MaisLa Motte, au lieu de faire par là triompher sacause , s’est avoué vaincu, puisqu’il a prouvé parle fait que les bons vers réunissent à toutes lesqualités d’une bonne prose , une grâce , une har-monie , une vivacité, auxquelles la prose ne peutatteindre : la scène de La Motte est élégante et bienécrite, mais froide etennuyeuse en comparaison decelle de Racine. Geoffroy.

19 Quand ce mot est au figuré , comme sous vosauspices , pour sous voire protection , il n’a point desingulier. Il en a un quand il est, comme ici, aupropre, pour augurium. L. Racine.

20 On a repris aven raison ces déclarations quitombent dans une galanterie, romanesque, et n’ontpas la dignité tragique , quoiqu’elles 11e manquentni d’élégance , ni de grâce. Geoffroy.

21 Pas est ici pour la mesure. On diroitplus élé-gamment, tout mon amour ne put éclater. La phraseest correcte, mais elle manque d’harmonie. LaHarpe. Sans compter tout le reste, dans le vers sui-vant, est un hémistiche inutile au sens, nécessaireà la rime. L. df- ÎRqisjermain.

22 Prince.,., n'abusez point de l’etatoh je suis. Enabuser, ô ciel ! Et, avez-vous plaint un moment mesennuis ? Et, En quittant vos beaux yeux , etc. Toutcela , il faut le «lire, est de la fadeur, et ne peutpasser que dans l’églogue et dans l’élégie. Mais cevers si élégant,

Quelle vive douleur attendrit nos adieux,

et quelques autres vers, rappellent au moins lepoète, si l’on ne voit pas encore le poète tragique.

La Harpe.

2* C’est le seul vers foiblc dans cette magnifiquelirade de Phainace , remplie de vers admirables.Pliarnace, d’après son caractère fourbe, ventéblouir Monime par le faste des promesses, par unvain étalage de grandeur. Remarquez surtout labeauté et l'harmonie du dernier vers. Geoffroy,

24 Traverses ne peut s’employer pour détours :traverses, dans le style noble, signifie contrariétés,accident, malheurs. Geoffroy.

25 Desfontaines pense que Racine eût mieux faitde mettre ses indignes fils, au lieu de des indignes