260 notes de mithridate.
fils : selon ce critique , la phrase en seroit claire ;le venger se rapporterait encore plus immédiate-ment à Mithridate. L’opinion de l’abbé Desfon-tiiines est raisonnable. Louis .Racine prétend qu’ilfaut nécessairement d'indignes ; il ajoute que c’estune faute d’imprimeur, et que l’auteur avi it mis»selon luutes les apparences , et deux indignes fils.M. Didot a corrigé le vers d’après celte opinion.Pour moi , je suis convaincu que Racine a mis eta voulu mettre et des indignes fils : toutes les édi-tions faites pendant sa vie sont uniformes. Geoff.
26 Pressé de son devoir, pour pressé de remplir«m devoir, ellipse fort poétique, àigsak.
ü7 Celte consonnance à l'hémistiche , qui auroitdû blesser l’oreille délicate de Racine , nous con-duit à penser que, dans son système de déclama-tion , le repos devoit être marqué fort souventailleurs qu’à la moitié du vers ; qu’ainsi , danscet endroit, il disoit :
Sa haine va toujours plus loin—que son amour.
On expliquerait par là le grand nombre des versde ce poète où l’hémistiche n’a pas de césure dé-cidée. Aignait.
- â Cette première scène ne satisfait pas l'impa-tience et l’avidité du spectateur; clic ne lui apprendrien do nouveau : c’est une conversation entreMonime et sa confidente , il est vrai, très tou*chante , mais c’est toujours une conversation :lien ne s'est passé dans l’entr’acte ; et les choses ,au commencement du second acte , sont dans lemême état où elles se trouvoient à la lin du pre-mier. C’est un défaut très rare dans Racine. Geof.Ce qui s’est passé dans l'entr’acle, c’estque chacuncoure sur la rive pour recevoir le roi : c’est queson approche remplisse de mouvement le palais etla ville, tandis que Monime garde une réservepleine de bienséance et de noblesse. Aicnaîï.
2ÿ Le est beaucoup trop éloigné du nom auquelil se rapporte , et il semble, selon la grammaire ,se rapporter à visage. Que je m’aille cacher est uneexpression qui manque aujourd’hui de noblesse.
50 Traverser signifie susciter des obstacles. Ilne pouvoit être employé ici que dans le cas oùXipbarès sc seroit opposé à l’exécution des projetsde Monime. Le mol troubler étoit le mol propre.Un peu plus loin, ces mots de feux et d'amoureux,un héros aimable, aussi malheureux que Monime.est misérable : tout cela n’est pas du style de latragédie,
51 Votre estime, pour voire tendresse , prêteraitaujourd’hui à la parodie. Mais la réponse de Mo-nime , les dieux m’ont secourue , est admirable. A.
32 Cette entrée de Mithridate est magnifique :elle auroit dû commencer l’acte. Luneau la com-pare avec celle de Pharasraane dans Rhadamîste ;c’est-à-dire que Crébillon l’a empruntée de Racine.On rapporte que Baron, lorsqu’il jonoit Mithridate,fiiisoit connoîlre par la différence de ses inflexionsla différence qu’il meltoit entre scs deux lils : ildisoit, tous, le Pont, d’un ton dur et menaçant,qui exprimoit sa haine contre Pharnace ; mais ildisoit, vous, Colchos , avechonlè et d'un ton pater-nel, qui rnarquoit son affection pour Xipharès. G-
5Ï Avec quel art ces mots , je suis vaincu, sus-pendent le vers! Ce sont là les secrets de la versi-fication, et c’est ainsi qu’on varie les formes denotre alexandrin. La Harpe.
1,4 Laisser peu de place au courage est ici uneexpression neuve et hardie , pour dire empêcher lecourage d’agir, le rendre inutile. Geoffroy.
35 Mes soldats, les rangs, le désordre, les cris ,l’horreur : tous ces nominatifs devroieut être suivisd’un verbe, et le sont d’une exclamation :
Que pouvoit la valeur dans ce trouble funeste î
Cette hardiesse produit un grand effet. Nous enavons déjà remarqué un exemple dans la descrip--lion que fait Bérénice de l’apothéose de Vespasien.Quant à la construction grammaticale, l'espritsupplée facilement ces mots sous-entendus, figurez-vous, représentez-vous , et la phrase devient plus vivepar cette ellipse, sans être moins correcte. La Harperemarque que l’ellipse est en général un des moyensles plus féconds pour imiter les divers mouvementsde l'âme , qui doivent être ceux du discours.
36 Ma tendresse cachée est bien remarquable. Iln’y a que Mithridate qui sait assez profondémentdissimulé pour cacher à ses enfants même la ten-dresse qu’il a pour eux. La IIabpe.
37 L’exactitude grammaticale demanderait estabordé , et non pas aborda. On dirait bien , il y ahuit jours que Pharnace aborda ; mais il faut dire ;depuis huit jours il est abordé. Geoffroy.
33 Voulut être introduit; cet hémistiche est dur.
Aignan*.
35 Shakspearé ayant à Tendre une idée toutesemblable , fait dire à son Hamlet : sans avoir euseulement le temps d’user les souliers qu’elle portaita l’enterrement de son mari. C’est la différence quise trouve d’ordinaire entre la nature de Shakspcareet celle de Racine. Aussi des critiques profondsappellent-ils la première une nature vierge. La IL
En s’exprimant ainsi sur le compte de Shaks-peave , La Iïarpe laisse croire qu’il ne l’avoit paslu. Ce poète est d’une grande inégalité sans doute;mais son naturel est loin de répugner le plus sou-vent à la noblesse du cothurne. S’il étoit habituel-lement trivial, il seroit moins généralement ad-miré. Aignan.
4 ° Pour que cette phrase fût régulière , il fau-drait : Ce que j’ai pu comprendre, c’sst que ceprince , etc., ou, d’après ce que j’ai pu comprendre,ce prince, etc.
41 Épargnez ma douleur, est une phrase com-mune. Épargnez mes malheurs, est de la véritableélégance, de celle des grands écrivains : maiscombien elle a peu de juges! La Harpe.
42 Ici commence une magnifique période dedouze vers enchaînés l’un à l’autre avec un artadmirable : période presque unique dans notrepoésie , chef-d’œuvre d’harmonie et d’éloquence,qui montre ce que peut la langue françoise entreles mains d’un homme de génie. Geoffroy.
* 3 Suivi d’un nom : métaphore hardie, d’autantplus heureuse qu’on la remarque à peine, et quedans son audace elle paroît simple et naturelle.Racine possède seul le secret de ces figures, qui ,