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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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NOTES DE MITHRIDATE. 261

dans son style enchanteur, sont de véritables inspi-rations du génie de In poésie et de léloquence.G.

** Ce dernier vers est si beau, qu'il suiliroitpour excuser ce quil pourroit y avoir de hasardédans le naufrage élevé au-dessus d'une gloire, quona tant critiqué : car plus les fautes sont rares,moins on les pardonne. Quant à moi, je trouve-rois la justification de ce vers précisément dansce quon a dit pour le blâmer. On a cherchépouvoit êtio ï image dun naufrage élevé au-des9u8d'une gloire : et pourquoi y chercher une image ?pourquoi ne seroit-ce pas tout simplement uucidée ? et en quoi est-elle mal rendue ? Ne diroit onpas bien, même en vers, mon naufrage m'élèveau-dessus de leur gloire ? Qu'a fait le poète , que demettre le naufrage à la place de la personne? Cesttoujours la seule idée de supériorité quil a vouluexprimer, sans prétendre faire un tableau ; et toutse réduit à une métonymie très permise. La H.

Cette pensée semble imitée dOvide, qui faitdire à Médée :

Quoferelira, sequar : facti fortasse pigebit.

« Tout ce que la colère minspirera , je le ferai,dussé-je meu repentir. »

11 est nécessaire de rappeler ici une remar-que déjà faite : cest que Racine ccrivoit connaître,paraître, etc. , avec un a. Aujourdhui cette or-thographe rend la rime aussi défectueuse à lœilquelle lest à l'oreille. On prononçoil autrefois ac-croître pour accroître. A. Martin.

47 Un ctrttr qui se jette sous «n appui : celte méta-phore nVsl ni agléaji/e ni juste. Geormor.

43 Nous avons déjà remarqué ce mot de bienheu-reux: on diraiI aujourd'hui ce fortuné coupable.Mais ce qui est plus important, cest que la scènede déclaration nest plus ici au-dessous de la tra-gédie , pareequil y a danger et sacrifice. La II.

Une égale tendresse inafflige. Comme cetteexpression neuve et originale est prise dans Jes en-trailles du sujet! Plus loin,

Mon cœur vous répond oit tous vos mêmes discours

est un des vers les plus heureux qui aient pu ciremis dans la bouche d'une femme tendre et pas-sionnée. Aionan.

50 Que de sentiment et dintérêt dans cette ex-pression si neuve: vous jurer un silence éternel!Jurer un amour éternel, voilà ce que tout le mondepeut dire ; mais jurer un silence , et un siterice éter-nel ! mais le jurer à son amant, il ny a que Ra-cine qui lait dit. Et combien didées délicatessous-entendues dans celte expression! Dans lefait, ce nest pas à lui quelle le jurera : il ne serapas à lautel : elle ne prononcera point ce serment :c'est à son cœur, cest à son devoir, cest à sonépoux quelle doit l'adresser. Le seul mérite quimanque à celle scène, cest quelle nest pas abso-lument originale : elle a beaucoup de rapportsavec celle de Sévère et de Pauline, et souventcest le même fonds didées. La Hakpk.

51 On a trouvé surprenant que Mithridate con-fiât se$ projets à Pbaruace, comme si celle confi-

dence du projet dune exécution qui va sexécuterdans le moment étoit dangereuse à faire à Phar*nace, dont Mithridate est bien résolu de sassurer;comme si cette confiance apparente nétoit pas,ainsi quon le voit dans la suite de la scène, unpiège fendu à Pharnace pour pénétrer ses vues , etjuger de ses desseins sur Mnnime par la résistancequ'il opposera au mariage qui va lui être proposé.Le plan de cette scène est un des plus beaux quily ait au théâtre : il est-fait pour développer Mi-thridate tout entier : I.r scène réunit léclat et laprofondeur, lhéroïsme et la dissimulation: elleétale tout le contraste de la méchanceté de Phar-nace cl des vertus de son frète ; enfin , clin a lemérite propre à mi troisième acte ; elle nuiie lin-trigue el augmente le danger, en dévoilant à Mi-thridate le secret des amours de Monime et deXipharès. Cest un tableau complet, sublime parlordonnance et par les couleurs , et sans contreditce quil y a de plus beau dans la pièce. La IIarpe.

Celle belle expression, enrichit de nos pertes, aclé remarquée; mais il est juste de dire quellena point été créée par Racine : on la trouve dansplusieurs poètes antérieurs. Rotrou a dit, Hypo-condriaque , act. IV, ac. 1 :

Noires nymphes du Styx, riches de mes ruines ;

et Joachim du Rclloy, long-temps avant lui :

O terre injustement richeDe notre grand pauvreté. Aic.van.

Une amitié çni pèse ù des amis; dérober sa têteau fardeau de lamitié ; tout cela est excellent ; cemorceau offre uu si grand nombre de métaphoreshardies, de tours poétiques , dexpressions admi-rables, quil faudroit s'arrêter à chaque vers. Maisce quil importe le plus de remarquer, cest quela plupart de ces tours étoiont neufs au moment Racine les employoit.

54 On trouve dans le discours que Justin faittenir à Mithridate , liv- XXXVIII, chap. iv , legerme de tout ce que Racine fait dire à ce roidans cette belle scène. L. de Bois.if.hmai\.

ss Plus quen tout le chemin: hémistiche foible ,qui disparoîl, pour ainsi dire, sous léclat desbeaux vers qui Lenvironnent. Les vers suivantsfont allusion à la guerre appelée sociale, guerreterrible , que les alliés de Rome entreprirent pourforcer les conquérants de lItalie de partager aveceux les provinces de la république romaine, puis-quils avoient partagé avec eux les dangers cl lestravaux quil avoit fallu essuyer pour létablir.

GeOFFROV.

ss Comme on ne prononce point IV dans foyers,la rime nest que pour les yeux. Il étoit si aisé demettre ces conquérants «/fiers, quon en doit con-clure plus que jamais qu'au siècle dernier un re-gardoit comme la première règle de rimer pourles yeux. Ainsi vous verrez dans la même pièceà ta fois et reconnais, qui ne riment pas autre-ment, el quelques autres rimes du même genre.

La Harpe.

55 Ce vers magnifique a été copié par Lacha-