Buch 
Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
Entstehung
JPEG-Download
 

2Ô2

NOTES DE MITHRIDÀTE.

pelle, dans sa tragédie de Cléopâtre, aujourd’huicomplètement oubliée. Ou y lit :

Ce Capitole, où Home , à d’éternels outragesDe tant de rois vaincus consacre les images. À.

58 11 faut sous-entendre quelque apparence deraisonj de succès. Ces sortes d’ellipses, choisieset mesurées par le goût, donnent au style unair de liberté et de hardiesse, qui est une desgrâces de la poésie, et particulièrement de cellede Racine. La IIàrpf.

59 Sans vous-même implorer, pour sans implorervous-même, est une inversion forcée, contraire ànotre syntaxe, et qui gûteroit le meilleur ver9.

L.v Harpe.

60 De cette autre entreprise, peut à peine se pro-noncer. Aignan.

01 On dit très élégamment , même en poésie,au bout de l’univers; mais de l’un à l’autre bout n’apas le même mérite. Doutent où est dur. Ces obser-vations n’empêchent pas que ces deux vers nesoient bons , comme un résumé juste cl précis deplusieurs grandes idées. Geoffroy.

62 Cette expression, il te fâche, n’a point vieilli,comme l’avancent quelques commentateurs. Ilsemble seulement, d’après les exemples cités parle dictionnaire de l’académie, qu’elle ait passédans le style familier; mais il ne faut point oublierque c’est Milhridate qui parle; et ces mots, il tefâche, ont quelque chose de brusque et de durque les paroles de Milhridate doivent avoir , etque toute autre expression ne pourroil qu’affoi-

1 blir. Pour le prouver, il suffit de corriger le verscomme La Harpe le propose:

Il t’en coûte aujourd’hui d’abandonner ta proie.

On sent assez tout ce que la substitution d’un motôte à la poésie de TSacine : ce n’est plus Milhri-dûte qui parle. À. Mahiis.

63 Avant que ne se met plus devant un infi-nitif: on dit avant de ou avant que de. L. ue Bois-

JERMAIN.

64 Dans la première édition, ces deux der-niers mots faisoient partie de la scène suivante.

A. Maktix.

65 Ne vous a pas tout dit : façon de parler fami-lière , qui convient très bien ici, et qui fait res-sortir encore davantage l'ironie amère et cruellede Pharnace. Xipbarès n’a rien dit : c’est Arbatequi a révélé à Milhridate l’amour de Pharnacepour Monime: mais Tharnace, jugeant de sonfrère par lui-même , croit et doit croire queXipbarès J’a trahi. Geoffroy.

aB La grammaire demande payiez : les poètesdoivent éviter d'employer les verbes dans cetemps et dans ce mode. Toutes les éditions faitespendant la vie de Racine portent payez à l’indica-tif. Si l’indicatif est contraire à l’exactitude rigou-reuse, du moins il ne nuit pas à l’harmonie. Leséditeurs qui depuis ont voulu réformer Bacine,

I ont mis payiez : c’est corriger une faute par une! faute plus grande. Geoffroy.

• Je croirois plutôt que l’orthographe du subjonc-

tif de ce verbe et des verbes d'une terminaisonsemblable n’étoit pas fixée alors comme elle l’estaujourd’hui. Arc.VAN.

67 Pour connaître un traître réunit deux genres defaute : consonnance vicieuse, et dureté extrême deson. 11 étoit si facile à Racine de mettre

Et, pour surprendre un traître,

qu’on ne conçoit pas que cette double négligencelui ait échappé. Atgnan.

fis Mêmes est ici adverbe , et non adjectif: il nepeut donc prendre le pluriel, ce qui n’étoit peut-être pas une faute du temps de Racine ; car on re-trouve le même mot, employé comme adverbe ,avec le pluriel, dans les êpîtrea VIII et X de Boi-leau. A. M. Mêmes est ici pour elles-mêmes. AtG.

65 La correction grammaticale s’oppose à ce quelo pronom se rapporte à un nom sans article. Cettefaute étoit d’autant plus essentielle à remarquer ,qu’elle se reproduit plus souvent dans le langageordinaire, et même dans le style soutenu. Aigx ax.

'° Dénié, pour refusé. Ce mot a peut-être vieillicomme le disent quelques commentateurs , et ce-pendant il n’en est pas moins bon. D’après la défi-nition de l’académie , il ne signifie pas seulementrefuser , mais refuser quelque chose que la justice neveut pasqti'on refuse. C’est donc un mot dont notrelangue ne peut se passer, et l’exemple des plusgrands poètes doit en consacrer l’usage , puisqu’ilest encore employé clans Iphigénie, anl. I, sc. i ;dans Boileau, Art poétique; et dans Voltaire, Mortde César.

• 1 Ou a demandé si L’on pouvoit dire , laisser lumémoire de quelqu’un , pour en perdre le souvenir.La Ilarpc répond qu’il ne s’agit pas de laisser voiremémoire, mais de laisser de vous jusqu’à votre mé-moire, ce qui est si différent, que, dans cette phrase,laisser est le meilleur mot possible. Plus bas , j’en-tends votre fuite , pour dire je connais votre détour,est une expression qui ne nous semble pas heureuse,malgré son analogie avec l’expression figurée faux-fuyant.

JJ Être réduite en extrémité ; phrase qui manquede correction, lié.duire en, c’est faire changer denature ou de forme, c’est restreindre, c’est dimi-nuer ; ou dit. également réduire en servitude, dansle sens de dompter, d’assujettir. Mais quand réduiresignifie, comme ici, contraindre^ oétiger, il demandetoujours la préposiliou à.

Prenons garde que le pouvoir de l’inversion estquelquefois de dominer les lois de la grammaire.Racine a préféré une tournure légèrement incor-recte, mais moins commune. Aigva v.

‘ 5 Par la suite est vague; il faut entendre , par lesactions qui ont suivi les discours de Miihridato.GEovg.

' 4 Nous avons déjà observé ailleurs combien cesexpressions de ma reine, de mi a princesse, sont peudignes de la tragédie ; mais du temps de Racineelles étnient reçues,et c’est une des variations quel’usage a introduites dans îa langue. Ce cher intérêt,du vers suivant, est uue locution trop familière.

A. Martix.

75 Ellipse fort belle , pour ; Que rarement épouvante l’effusion du sang le ptus cher. Aicïïas - .