NOTES DE M
Te On a déjà relevé celte faute ailleurs. On necroyoit jias alors que c’en fût une, puisque rienu’étoit pins facile que de mettre avant de. Le lan-gage ne se fixe qu’avec le temps. La Harpe.
77 Mademoiselle Clairon avoit observé que, dansVacle précédent, où Mitbridate fait avouer à Mo-niœe son secret, il n'y a pas plus de deux réticences,h J’ai consulte , dit-elle , toutes les éditions de Ra-cine : toutes disent trois; toutes les actrices aux-quelles j’ai vu jouer ce rôle disoient trois; toutesles recherches que j’ai faites m’ont assurée que ma-demoiselle Le Couvreur disoit trots. Quoique deuxsoit un peu plus sourd que trois, U fait égalementla mesure du vers, et n’en détruit point l'harmonie.
11 étoit à présumer que Racine avoit eu des raisonspour préférer l’un à l’autre; mais nulle tradition nem’éclairoit ; il ne m’appartenoit pas de corriger unsi grand homme ; je. ne pouvois pas non plus mesoumettre à dire ce que je regardois comme unefaute. J'itnaginai de suppléer à la troisième réli-cence par un jeu de visage. Bans le couplet oùMitbridate dit (act. III, sc. v),
Servez avec son frère,
Et vendez aux Romains le sang de votre père ;
je m’avançai avec la physionomie d’une personnequi va tout dire , et je fis à l’instant succéder unmouvement de crainte qui me défendoit de parler.
Le public qui n’a voit jamais vu ce jeu de théâtre ,daigna me donner, en l’approuvant, le prix detoutes mes recherches... Sans le jeu de la physiono-mie , ajonte-t-elle, j’aurois perdu la douceur d’êtreapplaudie, et la gloire d’avoir deviné Racine.» (Mé-moires de mademoiselle Clairon.)
78 Proprement l’adjectif tyranni<jue ne s’appliquequ’aux choses, un pouvoir tyrannique, une con-duite tyrannique, etc. Mais cette espèce de figurequi le transporte aux personnes n’a rien de répré-hensible en poésie. LaIIar-pe,.
79 Construction hardie, elliptique, où l’on sup-prime quelques mots inutiles à la clarté , mais né-cessaires à la marche ordinaire de la phrase. Pourréduire cette construction aux règles communes ,il faut suppléer ce qui manque : Songez de quelleardeur étant adorée de moi dans Ephèse, je vous aipréférée , etc. Geoffroy.
80 Se parer d’une foi : manière poétiquede dire:Sans affecter de lui garder une foi qui m'est due.
A. Mabïin.
s1 On dit occuper de, et condamner pour ; maisle mot accuser n’auroit point rendu toute la penséede Racine. Peut-être qu’en faisant suivre le verbecondamner de la préposition de, il n’a fait que scconformer à un usage reçu à l’époque où il écrivoit,ainsi que Molière en offre des exemples. A. Marx.
82 On diroit que Racine a calqué ce monologuede Mitbridate sur celui d’Augusto dans Cinna : ony remarque la même marche, les mêmes mouve-ments. Racine ne pouvoît se proposer un modèleplus parfait, cl personne n’étoit plu» capable queRacine d’égaler ce modèle. Geoffroy.
8 5 Cette rime , reconvois et à la fois, déplaît au-jourd’hui. L’ancienne prononciation étoit causequ’elle nechoquoil point. L. Racine.
ITHRIDATE. a63
84 Après ce vers, on lisoit dans les premièreséditions les quatre vers suivants, que Racine adepuis supprimés :
Mon amour trop long-temps lient ma gloire captive.Qu’elle périsse seule , et que mon fils me suive.Un peu de fermeté , punissant Bes refus,
Me va mettre en état de ne la craindre plus.Quelle pitic , etc.
88 Imitation d’Iïomère. Nestor, dans le discoursqu’il adresse aux chefs de Farinée grecque, auBujet de Ja querelle d’Agamemnon et d’Achille ,s’écrie de même : » Quelle joie pour Prium, pourses enùtrtls , ef pour tous les Troyens, si la renom-mée leur porte la nouvelle des fatales discordesqui s’élèvent entre deux héros , les premiers de laGrèce en prudence ! * ( Iliad., liv. I ) Geoffroy.
36 Voltaire citoit souvent ces vers comme unmodèle d’élégance, d’harmouie et de goût.
87 Encore une mauvaise rime pour l’oreille,par la même raison que celle de fiers et foyers.
La Uarpk.
88 Ce mi de Mithridateest sublime. Au momentoù il vient d’apprendre la trahison de ses deux filset la révolte de son armée, on lui annonce l’arrivéedes Romains ; et, à cette nouvelle, sa colère et sahaine s’exhalent dans la répétition de ces mots :Les Romains ! Brizard, dans cet endroit, était ad-mirable : l'impétuosité avec laquelle il se jetoitsuxson casque, l'accent terrible qui sortoit de ses en-trailles quand il s’éerioit : Les Romains! produisoitla plus vive sensation. C’est le seul des acteurs dela fin du dernicrsiécle qui ait laissé une réputationdans ce rôle. Geoffroy.
89 C’est-à-dire dans la confusion des faits et desrécits que nous venons d'entendre. Une ellipse aussiforte, dit La Harpe, ne seroitpas excusable dansune situalion tranquille. Les yeux peuvent-ils pas :le mot pas ne peut seul exprimer la négation. Ra-cine essayoit d’introduire ce tour dans la poésie ;mais l’usage ne l’a point adopté. Un bruit injurieux,dans le vers suivant, est une de ces expressionsdont il est inutile de faire sentir toute la beauté.Au reste, tout est bref, tout est rapide dans cessix vers, qui renferment cependant beaucoup dechoses. La situation ne permettoit pas de donnerde plus longs développements à la pensée. A. M.
90 La nouvelle sanglante : expression hardie , etqui paroîtroit outrée , si le désordre des esprits deMonime ne la rendoit naturelle. Geoffroy.
01 Trop certains et trop suspects, légère négli-gence , qu’il eût été facile de faire disparoîlre.
9J La mort nu désespoir ouvreptusd’une voie, c’est-à-dire ouvre plus d’unevoie pour arriver jusqu'àelle.C’est une ellipse qui donne beaucoup de noblesseà la pensée. Racine le fils s’est donc irompé, eudisant que Monime paroissoît vouloir dire au con-traire : le désespoir ouvre plus d’une voie à la mort ;ce qui ne seroit qu’une pensée commune. A. M.
93 Qui ne se rapporte qu’à la main : il y a uneellipse. Périsse le jour ou ce bandeau fut attaché surmon front, et la main qui me l’attacha la première. G.
54 Voilà une vraie péripétie. U’après tout ce quiprécède, la mort de Muuime doit paroîlre infail-