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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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IPHIGÉNIE.

Achille , à qui tout ccdc , Achille à çet orageYoti droit lui-même eu Tain opposer son courage :Que fera-t-il, madame? et qui peut dissiperTous les Ilots d’ennemis prêts à [envelopper?

CLYTK y KV'STI'.E.

Qu’ils Tiennent donc sur moi prouver leur zèle impie,Et m’arrachent ce peu qui me reste de rie !

La mort seule , la mort pourra rompre les nœudsDont mes bras nous vont joindre et lier toutes deux :Mon corps sera plutôt séparé de mon âme.

Que je souffre jamais... Ah, ma tille!

IPHIGÉNIE.

Âh, madame I

Sous quel astre cruel avez-vous mis au jourLe malheureux objet d’une si tendre amour!

Mais que pouvez-vous faite en l’état où nous sommes?Vous avez à combattre et les dieux et les hommes,(huître un peuple en fureur vous exposerez-vous?N’ailrz point, dans un camp rehellc à voire épuux,Seule à me retenir vainement obstinée,

Par des soldais peut-être indignement traînée,Présenter , pour loin fruit d’un déplorable effort,Unspertai leù mes yeux plus cruel que la mort.

Allez: laissez aux Grecs achever leur ouvrage ,

Et quittez pour jamais un malheureux rivage tDu bûcher qui m’attend, trop voyou de ces lieux,

La flamme de trop près viendront frapper vos yeux.Surtout, si vous m’aimez , par cet amour de mère.

Ne reprochez jamais mon trépas à mon père 9 *.

CLYTEHXESrSE.

Lui, par qui votre cœur à Calchas présenté...

IPHIGÉNIE.

Tour me rendre à vos pleurs que ti a l -ilpoint tenté?i:lvtkhni:s ms.

Par quelle trahison le cruel m’a déçue!

IPHIGÉNIE.

Il mccédoit aux dieux dont il 111’avoit reçue.

Ma mort n’empoi le pas tout le fruit de vos feux ;

De l’amour qui vous joint vous avez d'au 1res nœuds;

Vos yeux me reverront dans Oi este mon frère.Puisse-l-il être , hélas ! moins funeste à sa mère !

D’un peuple impatient vouscniemlez la voix.

Daigne/, m’ouvrir vos bras pour la dernière fois,Madame ; el rappelant votre vertu sublime...Eurybate, à l’autel conduisez la victime.

SCÈNE ÏV.

ÇLYTEMNESTRK, ÆGÏNK, cardes.

CLYTISMNFSTRr.

Ah J vous 11’irez pas seule : et je ne prétends pas. ..Mais ou se jelle en foule au devant île mes pas.Perfides I contentez votre soif sanguiuaire.

ÆCINT..

Où courez-vous, madame? et que voulez-vous faire?

ÇLYTEMNESTRK.

Hélas! je me consume en impuissants elforls,

Et rentre au trouble iilî'retix dont à peine je sors 97 .Mourrai je tant de lois sans sortir de la vie!

ÆGINE.

Ah! savez-vous le crime, et qui vous a trahie,Madame? Savez vous quel serpeut inhumainIphigénie avoil retiré dans son soin? I

Eriphile, en ces lieux par vous-même conduite,

A seule à tous les Giccs révélé votre fuite.

CT,Y FEMVI STRE.

O monstre, que Mégère en ses flancs a porté!Monstre, que dans nos bras 1 ns enfeis ont jeté!

Quoi ! tu ne mourras point ! Quoi! pour punir soncrime...

Mais où va ma douleur chercher une victime ?

Quoi! pour noyer les Grecs et leurs mille vaisseaux,Mer, lu n’ouvriras pas des abîmes nouveaux !

Quoi ! lorsque , les chassant du port qui les recèle,L'Aulide aura vomi leur flotte criminelle ,

Les vents, les mêmes vents, si long-temps accusés,

Ne le couvriioui pas de ses vaisseaux brisés!

Et toi . soleil, et toi, qui, dans cette contrée ,Reeomioib l’héritier et le vrai tils d'Allée,

Toi , qui n’osas du père éclairer Je feslin ,

Recule , ils l’ont appris ce funeste chemin.

Mais, cependant, ô ciel! ô mère infortunée!

De festons odieux ma fille couronnée.

Tend la gorge aux coûteux par son père apprêtés!Galrhas va dans son sang... barbares! ai rotez:

C’est le pur sang du dieu qui Ihik'C le tonnerre...J’entendsgronder la foudre, et sens trembler la terre:Un dieu vengeur, un dieu fait retentir-ces coups.

SCÈNE Y.

CLYXEMNESTRE, A 1 ÎCAS, ÆGINJK, cardes.

ABGAS.

N’en doutez point, madame, un dieu combatpour vous.

Achille en en moment exauce vos prières-,

Il a brisé des Grecs les trop loi Ides barrières :

Achille est à l’aulel. Caluhas est éperdu :

Le fatal sacrifice est encor suspendu.

On se menace . on coui t, l’air gémit. le fer brille.Achille fait ranger autour de votre filleTous ses amî.s. pour lui prêts à se dévouer.

Le triste Agamemnou, qui n'ose l’avouer,

Tour détourner ses yeux des meurtres qu il présage,

Ou pour cacher ses pleurs s est voilé h? visage 9S .Venez , puisqu’il se fait, venez par vos discoursDe votre défenseur appuyer le secours.

Lui-même de sa main , de sang toute fumante ,

Il veut entre vos bras remettre son amante;

Lui-même il m’a chargé de conduire vos pas-:

Ne plaignez rien.

CLYXEMNESTRE.

Moi, craindre 1 Ah ! courons, cher Areas.Le pins affreux péril n'a rien dont je pâlisse.

J’i/ai partout... Mais, dieux ! tic vois-je pas Ulysse?C’est lui : ma fille est morte! Ari as,il n’est plus temps!

SCÈNE VI.

ULYSSE, CLYÏEMNESTRK, ARCAS, ÆGHE,

CAiinrs.

TLYSSK.

Non , voire fille vit, cl les dieux sont contents.

Jf assurez-vous : le ciel a voulu vous la rendre.CLYTEMNES IRE.

Elle vil ! Et c’est vous qui venez me l’apprendre !