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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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NOTES D’IPHIGENIE.

NOTES D’IPHIGÉNIE.

1 « Comment les chefs des Grecs, rassemblésdans l’AuIide, souillèrent lionteusernent l’autel deDiane du sang d’Jphigénie. * Geoffroy.

2 Les préfaces de Racine attestent son exacti-tude , sa sagesse, Pallcmion avec laquelle il rné-ditoit ses sujets, et son respect pour tes autoritésde l’histoire et de la mythologie. Il ne prenoitpoint son imagination pour guide ; il ne sacrilioitpoint à des situations , à des coups de théâtre , lestraditions connues, et les témoignages des au-teurs : il chercboit au contraire à s‘y conformer,et ne marehoit jamais qu’appuyé sur des monu-ments historiques. C’est ainsi que , dans ïphigéniemême. Racine s’est fait un scrupule de mêlerses propres inventions ; et son épisode d'Èriphile,qui a l’air romanesque, est fondé sur une tradi-tion rapportée par un écrivain très grave , dansun ouvrage estimé des savants. On ne se douteroitpas qu’une fiction qui semble n’être qu’un jeu del’imagination de Racine, est le résultat de pro-fondes recherches et d'une grande érudition. G.

3 Euphorion de Clialcide n’a pas beaucoup d’au-torité dans la mythologie , puisqu’il vivoit plus dedeux siècles après Euripide. Virgile a parlé de cepoêle uniquement pareeque son ami GaLlus l’a-voit pris pour modèle. La mention qu’il en faitdans sa dixième égloguc ne dit rien , ni pour nicontre Euphorion. Pour ce qui regarde Parilié-nius, c’est, relativement à Euphorion, un mo-derne qui vivoit du temps d'Auguste , et quia recueilli un assez grand nombre d’anecdotes,d’historiettes et d’aventures , qui roulent sur lesmalheurs de l'amour. Geoffroy. Dans la suite desa note, Geoffroy met en doute la conquête deLesbos par Achille, qui , dit-il, ne pmivoit avoiralors que seize à dix-sept ans. Non seulement lajeunesse d’un bénis tel qu’Achille ne peut êtreregardée comme un obstacle à cette conquête,mais encore il faut bien se rendre au témoignaged’Uomèrc, qui dit expressément, livre IX del 'Iliade: * Agamemnon te donnera sept filles deLesbos , aux doigts industrieux ; il les choisitquand tu subjuguas cette île fortunée , où lesfemmes excellent en beauté. *

4 Rendons hommage à la noble vec.oiraoissance,à la touchante simplicité de Racine, qui, déjàfort de plusieurs chefs-d'œuvre, et partageant avecCorneille l’empire du théâtre , regarde comme undevoir et se fait honneur d’avouer qu’il doit à Eu-ripide les plus grandes beautés de son Iphigénie.U n’est pas inutile d’observer dans les auteur» cestraits de caractère : les mœurs d’un homme in-timent plus qu’on rie pense sur son esprit et surson talent. Geoffroy.

5 Jnsf. Oralor. , lib. X , cap. i.

8 Les Grecs allient des esclaves, et point dedomestiques. On ne comprend pas pourquoi Ra-cine a jugé à propos de donner le titre de domes-tiques à des officiers du palais d’Agamemnon.

Areas étoit son capitaine des gardes, si l’on enjuge d’après ce vers ( acte IV. scène x ) :

Mes gardes vous suivront, commandés par Areas.

Il est vrai que les anciens rois de la Grèce n’a-voient point de gardes ; mais ces rois des tempshéroïques étant beaucoup trop simples pour notrethéâtre , nos poêles sont obligés de leur donner lapompe et la majesté des rois modernes. Geoffroy.Étrange obligation que celle de s’éloigner de lavérité des mœurs qu'on représente 1 Quelquesheureuses tentatives ont été faites récemmentpour rapprocher notre tragédie de la simplicitéantique dans les sujets qui appartiennent à l’anti-quité. Aignax.

7 D’après l’abbé de Villiers , ancien ami del’auteur, Racine avoit mis d'abord :

Viens , Areas , prête-moi ton cœur et ton oreille.

L’anecdote de l’abbé de Villiers, quoique rap-portée par le fils de Racine , n’en est pas moinsincroyable : il est impossible que l’auteur d'Tphl-génie ait fait un vers aussi mauvais que celuiqu’uu lui prête. Geoffroy.

Cette exposition , et le plan général de la scène ,sont empruntés d’Euripide.

* Aulidc, doul Racine a fait une province,n’étoit, suivant Slrabon , qu’une bourgade dé-pendante de Tanagre ; son véritable nom étoitAulis; elle s’élevoit sur la partie la plus resserréedu détroit d’Euripe , aujourd’hui de Négrepont.Son port étoit très vaste.

Racine par cette extension n’a point blessé lagéographie^ chaque ville ou bourgade de l’an-cienne Grèce avoit son enceinte et son territoireintérieur. Aignas.

9 C’est, je crois, la seule fois qu’on a mis lemot tous avec un nombre déterminé. Je ne con-nois point de construction plus originale et plushardiment créée; t:l celte nouveauté dans le lan-gage se dérobe sous l’extrême vérité du sentimentqui a. suggéré l’expression. Quelle place tiennentdans ce vers, nomme dans l’imagination, cesmille vaisseaux I Grâces au mot tous, il y en a bienplus de mille. La Harpe.

1 " Homère ne fait aucune mention de ce calme,ni même du sacrifice d’Iphigénie. Ovide parle decct obstacle qui relient la flotte des Grecs ; il l’at-tribue à Neptune, protecteur d'une ville dont ilavoit. bâti les remparts. Geoffroy.

11 Daignez me l’apprendre, m’en instruire, m'eninformer, étoit la phrase absolument nécessaire.Mais ce mot avertir est la seule tache de cettescène, si riche en beautés de toute espèce.

La IIarpk.

12 Vers remarquable par l’harmonie et la ri-