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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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a38 NOTES D’IPHIGÉNIE.

2 ® Si vous voyiez... nous vous verrions. Légère né-gligence. Aignan.

30 Abord signifie proprement accès, entrée; Ven-trée il’un port , l’nccès d’une côte. h’igurément il6e dit des personnes, pour exprimer Ja lüanièredont elles accueillent ceux qui les abordent. Ondit aussi abord pour approché ; à son abord , pour àson approche. Mais ici il S’agit de l’arrivée de Cly-lenniestre et de sa fille dans le camp des Grecs. Lemol abord n’est donc point admissible, et c’est avecraison que Louis Racine et La Haï pe ont blâmél'emploi qu’en a fait Racine. A. Martin.

31 liéjà nous avons observé que pousser n’étoitpas noble; pousser des vœux au ciel n’a rien d’a-gréable ni d’élégant. Geoffroy.

ss Imitations d’Euripide, act. It, sc- iv.

5Ï Nous avons déjà observé, nu commencementde cet acte , que , du temps de .Racine, on em-plovoil encore la préposition en au lieu des pré-positions à et dans.

35 Toutes les éditions faites pendant la vie del’auteur portent voyez à l’indicatif. À. Martin.Mais ce ne peut être qu’une faute d’impression ,ou l’orthographe reçue alors. Le verbe voir est ré-pété trop souvent dans ce couplet. Aignan.

35 Quelques commentateurs ont vu ici une imi-tation de cette pensée de Virgile, Éo. IV , v. 6i :

Cni non riscre parentes,

Nec deus hune me nsa, dea nec digmita cubili est.

35 Prévenue a ici un sens tout particulier ; il veutdire : que j’espérois , l'attente desquelles j’étois enquelque sorte investie. Aignan.

3Î D’après la construction, perdant se rapporte-roit à la main ; mais le sens est clair. Aignan.

38 C’est la traduction aussi élégante que fidèled’un vers d’Homère, où Calchas est peint sous lesmêmes traits : * Calc.has se lève ; Calchas , fils de« Tbestor, et le plus habile des augures ; le pré-« sent, le passé , l’avenir, lui sont également non-t nus. » ( lliad., liv. I. ) Geoffroy.

35 Passant pour surpassant tst de la languepoétique. Aignan.

Arracher In «imsance est là pour Ôter lesmoyens de faire connaître le secret de la naissance.Cela est si clair après tout ce qui précède, qu’ilne reste à remarquer dans ce vers que la force etla précision. Mais remarquez aussi la beauté pro-gressive du celte période de sixvers, depuis cedestructeur fatal, etc., jusqu’à ce dernier vers,qui partout ailleurs seroit fort commun, et queles cinq vers qui l’amènent rendent si frappant.Voilà ce que fait le tissu de la diction , et ce quec’esl que l'art d’écrire i La Harpe.

, 41 Construction latine , que Racine a reproduiteplusieurs fois. Aicsan.

4a D’Olivet et La Harpe ont fait observer quese faire une joie de est la seule construction fran-ç.oise.

4 ’ Il serait plu» exact de mettre par cet aimableguide : car si- laisser conduire à quelqu’un, c’estse. laisser conduire auprès de quelqu’un. L. dbRoisj.

La construction est : Je laissai à cet aimable

guide à me conduire. Au troisième acte , ce vers siconnu ,

Laisse aux pleurs d’une épouse attendrir sa victoire,

est construit de même. Aignan.

44 Peut-être y a-t-il là un peu de battologîe : ilest clair que si la haine est impuissante, elle nepeut rien. Aignan.

45 Au sort qui me traînolt : cet emploi du verbetraîner, ati lieu dti verbe entraîner, mérite d’êtreremarqué. Racine , en préférant le premier au se-cond , qui eût également rempli la mesure duvers, vonloit, sans doute, par la dureté de cetteexpression, faire sentir qu’Eriphile parle d’unamour malheureux et qui l’iiumilie. Pourae con-vaincre de cette intention du poète, il suffit desubstituer Je mot entraîner au mot traîner; alorsce vers change de signification, et il a’cxpriineplus que l’espèce d’abandon qu’on éprouve enparlant d’un amour heureuv. Ces nuances délicatesse laissent souvent apercevoir dans les vers de Ra-cine t mais il faut y penser pour 1rs trouver : voilàpourquoi on l’admire d’autant plus qu’on l’étudiedavantage. A. Martin. Consentir au sorte st uneautre expression non moins remarquable ; maiscomment les remarquer toutes. Aignan.

46 Cette scène est entièrement imitée d’Euripide.

( Voy. act. III, sc. ni. ) Les petites négligencesque l’on remarque dans les vers suivants : quelplaisir de vous voir dans cet éclat dorit je vous vois,un peu plus bas, mais que voyant , et encore quelbonheur de me voir, semblent ne rien ôter à labeauté de ce passage. L. de Boisjeiuiain.

4 ‘ On dit bien commettre quelqu'un, et se com-mettre, pour signifier exposer quelqu’un, et s’ex-poser soi-même ; mais ce verbe ne s’emploie qu’ab-solnment, c’est-à-dire qu'il ne prend pas de ré-gime indirect, et qu’on ne dit point sc commettreà quelque chose. Craignant de vous commettre auxaffronts d’un refus n’est donc pas français. n’Or.iv.

48 Égarement ne se prend qu’au figuré, pour dé-signer les désordres de l’esprit et du coeur, ü n’estpas en usage pour signifier l'erreur qui fait qu’ons’égare en roule. L’autorité de Racine, et la pau-vreté Me notre langue poétique , sont peut-êtredeux motifs pour l’admettre dans les vers. Geof-froy. Le dictionnaire de l'académie autorise l’em-ploi du mot égarement dans le sens propre ; maisles lexicographes modernes disent avec raison qu’ila vieilli. A. Martin.

4s Les grammairiens s’accordent à condamnercet encor, mis pour jusqu’ici: tous conviennentqu 'encore ne signifie jusqu'ici que lorsque la phraseest négative. Sans contester cette règle , il est fa-cile de justifier Racine, puisque ce vers, sousl’apparence d’une phrase affirmative , cache unenégation : en effet, épargner a ici une force néga-tive ; les avaient Encore épargnés à mon oreille, si-gnifie ne tes avaient pas encore fait entcfidfc à monoreille. Geoffroy.

fiü Cette phrase est très extraordinaire , et je nesais si l’on Irouveroit ailleursune pareille construc-tion. iQui n’a rien pu comprendre de son destin,si ce n'est que, etc.» Voilà la phrase régulière-