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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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NOTES D'IPHIGENIE. 201

avec l’admiration : elle y est au point que , sans lenom d’Iphigénie, qui est ici pour Achille ce qu’estpour lui Minerve dans l'Ii/arfe , le glaive d’Achillescroit tiré contre. Je diadème du roi des rois. C’estmi coup de génie d’avoir su transporter sur notrethéâtre celle grande scène de VIliade, et d’avoir sula placer si heureusement. Racine est le seul desmodernes qui mms ait rendu le sublime d’Homèredans le dramatique, et nous retrouverons encore lesublime de l’épopée dans les tableaux du cinquièmeacte. La Harpe.

78 C’est la troisième fois que Racine met au sin-gulier nn verbe précédé de plusieurs substantifs.Nous croyons devoir remarquer, à cette occasion,d’après les exemples qu’on trouve dans les meilleursécrivains, qu’on peut établir pour règle que lorsquele sujet est compose de plusieurs substantifs expri-mant des idées partielles qui n’en font qu’une parleur nature , ou qui sont présentées dans la propo-sition comme n’en faisant qu’une , l’accord se faitavec l’idée simple qui est dans l’esprit, plutôtqu’avec les idées partielles qui sont dans les mois.A. Martin. La licence est beaucoup moins grandeici que dans les exemples précédents, et même elles’évanouit en quelque sorte, parce que les sub-stantifs ne sont pas liés par la conjonction. Aignan.

19 Tous ses moments n’est-il jias un peu accordé àla tyrannie de la rime? Aignan.

8# Ce morceau est imité d'Homère, qui fait ainsiparler Achille au livre 1 de l'Iliade: i< Je n’ai pointporté la guerre en ces lieux pour me venger desTrnyeti»; ils ne sont coupables envers moi d’aucuneoffense , jamais ils n’ont enlevé mes génisses , rueschevaux; jamais ils n’ont ravagé les riches moissonsqui couvrent les champs fertiles de Phlhie. Tropde mers nous séparent, trop de montagnes élèvententre nous, comme autant de barrières, leurs cimescouvertes de forêts. C’est pour ton intérêt, ô le plusimpudent de tous les hommes, que je l’ai suividans cette expédition ; c’est pour l'honneur de tonfrère Ménélus et pour le tien , monarque insolent,que je suis venu ici combattre les Troycns, qui nete craignent guère, et que lu t’embarrasses fort peude vaincre. » On remarque dans ce passage destraits précieux de la simplicité des mœurs antiques.La guerre consistoit alors à enlever des troupeaux,à faire des dégâlssur les terres de L’ennemi. Achillene dit point que les Troyensn’ont point fait d’incur-sion dans ses états parcequ’ils redoutaient sa va-leur : un moderne n’y auroit pas manqué. 11 dit toutnaturellement que si les Troyens ne sont pas venusl’attaquer, c’est qu’il y a voit trop de montagnes àfranchir, trop de mers à traverser, Geoffroy.

81 Achille dit de même au neuvième livre del’Iliade : < El pourquoi les Grecs font-ils la guerreaux Troyens? Pourquoi le fils d’Atrée a-t-il conduitune armée en ees lieux? N’est ce pas pour rendreHélène à son époux? Eh bien! les Atridcs sont-ilsles seuls des mortels qui chérissent leurs femmes?nVirgile, au livre IX de l 'Enéide, fait aussi dire àTurnus, au sujet de Lavinie qu’Enée lui enlève :

Nec soins tangit Atridas

Tste dnlor.

82 Nouvelle imitation d’Homère ; Agamemnon

dit, dans VIliade : « Fuis donc , si c’est ton envie. Jene te presse point de rester ici pour moi : assezd’autres guerriers me resteront fidèles, et rendrontles respects dus à ma dignité ; Jupiter, surtout,Jupiter soutiendra l’honneur du chef suprême quile représente. T)e tous les rois qui combattent sousmes auspices, tu es le plus odieux à mes yeux : jete vois toujours ami de la discorde , toujours avidede querelles et de combats. Si (u l’emportes surles autres en force et en valeur , au lieu d’abuserde ces avantages , rends grâces aux dieux à qui tules dois. Va , pars avec tes vaisseaux et tes soldats ,va régner sur tesMvrmidons , je n’ai pas besoin detes services, et je brave ion courroux, etc.» Geoff.

83 Tournure antique. Aic.van.

84 Hans les Phéniciennes d’Euripide, acte II,Etéocle répond à Polynicc : « Rendez grâce à la foipublique; sans elle j’aurois déjà puni de mort votrearrogante tierté. » A. Martin.

85 Le même sentiment se trouve dans un pas-sage de Sophocle où Xeueer s’adresse à Againem-non , qui vouloit refuser les honneurs de la sépul-ture à Ajax. Racine a traduit ce passage en marged’un exemplaire de cet auteur qui lui a appar-tenu, cl que l’on conserve à la bibliothèquedu roi. I.e voici : * Si vous faites jeter Ajax,faites votre compte qu’il faudra que vous nousjetiez tous trois avec lui! car j’aime bien mieuxmourir pour lui que pour votre femme ou votrefrère ; mais prenez garde qu’en voulant nousoutrager, vous ne vous repentiez de votre entre-prise. • L. vf Itoisi exmaix.

86 Vers foible, où l’expression nVst pas égaleà la pensée. Cette faute vient en partie de cequ’alors le mot d’ennui nvoit une valeur qu’il n’aplus, et qu’il ne doit pas avoir. Un sujet de re-gret , de douleur et de désespoir, voilà ce qu’Aga-memnon doit dire, et ce que le mot ennui ue ditpas. La Harpe.

87 Les scènes vit, vin et ix ne forment qu’unescène, et même un monologue; car qu’Etiry-bate entre quand Agamemnon l’appelle, ou sortequand il le renvoie, c’est toujours à soi-mêmeque parle Agamemnon. Ce monologue est la pein-ture du plus violent combat entre l’amour pater-nel et la fierté. L. RiaxE.

88 Gardez que, pour prenez garde que, est ungallicisme qui répond au cave des Latins, et quiest favorable à la précision poétique. La Harpe.Que tout le camp croie, dans le vers suivant, formeune consonnance désagréable.

89 Faute de costume. Les Grecs des temps hé-roïques ne connoissoient point d’étendards. A.

90 Au coup, pour dans le coup : il faut accorderaux poètes ces libertés favorables à la précisioti età la rapidité du style. Geoffroy.

91 Et quisnam numen Junonia adoretFræterca, aut supplex aris iniponat honorent?

Virs. , 2Eneid., üb. I.

Et qui d’un vain encensFera fumer encor mes autels impuissants ? D.

82 Le mot assurer ne signifie mettre en surets’