ACTE V, SCÈNE VII.
3i i
La perfide, abusant de tnafoiblessc extrême,
S’est bâtée ù vos yeux de l’accuser lui-même.
Elle s’en est punie , et, fuyant mon courroux.
A cherché dans 1 rs (lois un supplice trop doux.
Le fer aurait déjà tranché ma destinée ;
Mais je laîssois gémir la vertu soupçonnée :
J’ai voulu , «lovant vous exposant tnes remords ,
Par un chemin plus lent descendre chez lesmotls.
J’ai pris, j’ai fait couler dans mes brûlantes veines; Un poison que Médée apporta dans Athènes.
Déjà jusqu’à mon cœur le venin parvenu
Dans ce cœur expiraut jette un froid inconnu ;
Déjà je no vois plus qu’à travers un nuage
Et le ciel et l'époux que ma présence outrage ;
El la mort, à mes yeux dérobant la clarté.
Piendau jour qu'ils souilloientloute sa pureté.
PANOPE.
Elle expire , seigneur !
THÉSÉE.
D'une action si noire
Que ne peut avec elle expirer la mémoire !
Allons, de mon erreur, bêlas! trop «‘claircis,Mêler nos pleurs au sang de mon malheureux fils 1Allons «le ce cher fils embrasser ce qui reste,Expier la fureur d’un vœu «pie je déteste : •llendons-lui les honneurs qu’il a trop mérités;
El, pour mieux apaiser ses mânes irrités ,
Que, malgré les complots d’une injuste famille ,Son amante aujourd’hui me tienne lieu de fille !
VARIANTES DE PHEDRE,
ACTE I.
ACTE II.
SCÈNE r,vcrs 3a.
sckxK ti , vers 1 7 .
Au tumulte pompeux d’Athènes , de la «jour.
Tbid. , vers 92.
Je le pressons souvent d’en arrêter le cours.
Qui m’a sam hésiter reconnu pour son roi.
scène v, vers 33.
Toute autre aurait pour moi pris les mêmes ombra g
NOTES DE PHÈDRE.
1 Raisonnable est une expression bien modeste.
Le caractère de Phèdre est un chef-d’œuvre dugénie tragique; mais Kacine a raison «le dire qu’il
11’a pris dans Euripide que l’idée du caractère dePhèdre. Dans le poète grec, Phèdre a bien plus deréserve et de pudeur; elle ne s’abandonne pointaveuglément à sa passion. Geoffroy.
J A et. III, sc. 11.
3 Æneid., lib. VII. A- Martin.
4 Dans la première édition , on lit acteurs aulieu de personnages, et la pièce a pour titre Piiedrset Ilippolvte. A. Martin.
5 dette épithète, aimable, appliquée à une ville,est du goût et du slyle antique : rien 11’est si com-mun chez les poètes grecs. Geoffroy.
6 La présence des lieux est une figure d’une har-diesse très heureuse, également avouée par le goûtet par le sentiment ; les lieux sont personnifiés ,et misa la place «les objets dont ils nous rappellentle souvenir. Geoffroy.
7 On a critiqué ces rimes, et on a eu tort. Lasyllabe est complètement la même dans les deux
i vers; tout au plus, comme elle se compose d'un
j seul e , la rime pourrait sembler foible, si le 110m
propre de Pasiphaé n’achevoit de la justifier. Am.
8 Racine a imité et embelli Ovide , qui fait J'é-
numération des exploita de Thésée : Métaniorph.,lib. VII, y. 453 .
9 Observez que fumant est ici participe indécli-nable du verbe fumer, et n’est point l'adjectif ver-bal fumant, fumante. Ces deux manières de parlersont également gracieuses, et le poète a choisi cellequi coiivenoit à son vers. La Harpe.
1(1 Aucun s’employoil autrefois au pluriel avecla négation. On en trouve des exemples dans Cor-neille. La Fontaine, J.-B. Rousseau, etc. Aujour-d’hui on ne met plus ce mot au pluriel, si ce n’esldans le style marolîque. D’Olivet en a fait unerègle fondée sur l’usage, cl même sur la raison.En effet, aucun signifiant pas un, ou ne voit pascomment le pluriel pourrait convenir à celte ex-pression.
71 Une jeunesse embarquée dans an amour: B oi-leau , satire III, et Molière, acte V d 'Amphitryon,offrent des exemples de l’emploi d«> celte locution;mais elle est trop familière pour entrer dans lestyle tragique.
Vi On sait que tout le commencement de cettesccne , tout ce tableau si vrai et si original du dé-lire d’une passion violente et contrainte , est à Eu-ripide. C’est sans contredit une.des plus bellesconceptions de ce poète, et une des plus théâtrales