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elle est déplacée , et d'autant plus que Thésée est |pressé d'entendre le fait, et que Tliéramèue doit il'être d’y venir. LaHarpe. J
58 Ces huit vers no pouvoient-ils pas se réduireà quatre ? Les écailles jwcininsnnte* ne l'ont rien à lachose , non plus que les cornes menaçantes , puisquele monstre est taureau, ni terri qui s’en émeut.
On ne peut trop vite aller au fait.
Ses longs mugissements fout trembler le rivage ;
IjC ciel avec horreur voit ce monstre sauvage,indomptable taureau, dragon impétueux ,
Sa croupe se recourbe en replis tortueux.
Tout fuit, etc.
Il me semble que de cette manière le monstre iétuit suffisamment dépeint { car ilialloil le dépein- |dre , quoi qu’eu aient dit les critiques J; et ahws la jdescription ne ralentissent plus la narration. La II. jiÿ !Npus avons eu occasion de remarquer, dans j
PHÈDRE. 3i5
Dajazet, que reliques est le reOqn'ia des Latins,qui, chez eux, signilitiit les restes de quelque chosede grand. Employé seul dansnotre langue. ce motne se dit que des choses saintes, mais, joiçit auneépithète , il conserve la sigitiiiealion latine. Cepen-dant Voltaire a remarqué que dans ce dernier sensce mol a vieilli.
G0 On reproche à Racine le hérus expiré. Quellemisérable vétille de grammaire ! Pourquoi ne pasdire ce héros expiré , comme on dit il est expiré, ila expiré ? 11 faut remercier Racine d’avoir enrichila langue , à laquelle il a donné tant de charmes,en ne disant jamais que ce qu’il doit, lorsque lesautres disent tout ce qu’ils peuvent. Voltaire.
61 Matières est une expression très fréquente,on peut même dire parasite, dans Corneille . etdans Us poètes du môme temps. Racine a été en-traîné cette fois par l'exemple, tant l’exemple estcontagieux! Un «lit ie sujet de mes pleurs, et nonpas la matière de mes pleurs. Là Harpe.
ESTHER.
PRÉFACE.
La célèbre maison de SaintCyr ayant étéprincipalement établie pour élever dans la piétéun fort grand nombre de jeunes demoiselles ras-semblées de tous les endroits du royaume , on n’ya rien oublié de tout ce qui pouvoit contribuer àles rendre capables de servir Dieu dans les diffé-rents étals où il lui plaira de les appeler. Maiseu leur montrant les choses essentielles et néces-saires, on ne néglige pas de leur apprendre cellesqui peuvent servir à leur polir l’esprit cl à leurformer le jugement, üu a imaginé pour celaplusieurs moyens, qui, sans les détourner deleur travail et de leurs exercices ordinaires , 1rsinstruisent en les divertissant ; on leur met, pourainsi dire , à profit leurs heures do récréation ;on leur fait faire entre elles, sur leurs principauxdevoirs, des conversations ingénieuses qu’on leura composées exprès, mi qnVJles-mêmes com-posent sur-le-champ ; on les fait parler sur leshistoires qu’on leur a lues, on sur les importantesvérités qu’on leur a enseignées; on leur fait ré-citer par coeur et déclamer les plus beaux endroitsdes meilleurs poètes : et cela leur sort surtout à lesdéfaire de quantité de mauvaises prononciationsqu’elles pourvoient avoir apportées de leurs pro-vinces : on a soin aussi de faire apprendre à
chanter à celles qui ont de la voix, et ou neleur laisse pas perdre un talent qui les peut amu-ser innocemment, et qu’elles peuvent employerun jour à ehanter les louanges de Dieu.
Mais la plupart des plus excellents vers de uotrelangue ayanL été composés sur des matières fortprofanes, et nos plus beaux airs étant Mir desparoles extrêmement molles et efléminées, ca-pables de faire des impressions dangereuses surde jeunes esprits, les personnes illustres qui ontbien voulu prendre la principale direction decelte maison ont souhaité qu'il y eut quelqueouvrage qui, sans avoir tous ces défauts, pûtproduire une partie de ces bons effets. Elles mefirent l’honneur de me communiquer leur des-sein , et même de inc demander si je ne pourroispas faire, sur quelque sujet de piété et de mo-rale, une espèce de poème où le chant fût mêléavec le récit, le tout lié par une action quirendît la chose plus vive et moins capabled’ennuyer.
Je leur proposai le sujet d’Esther, qui lesfrappa d’abord, cette histoire leur paraissantpleine de grandes leçons d’amour de Dieu, etde détachement du monde au milieu du mondemême. Et je crus de mon coté que je trouverois