ESTHER. 317
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PERSONNAGES 2 .
ASSUÉRUS, roi .le Verse.
ASAPÏI, autre officier d’Assuèrus.
ESTHER , reine de Perse.
ELISE, confidente d’Esther.
MARDOCTIEE, oncle d'Esther.
THAMAR , Israélite de la suite d’Esiher.
AMAN , favori d’Assuérus.
GARDES DU ROI ASSL'KRüS.
ZARÈS, femme d’Aman.
HYDASPE, officier du palais intérieur d’Assuévus.
CECEtJJl Dis JEÜXES FILLES ISlUfiLITES.
La scène est à Sase, dans le patais d’Assuêrtts.
LA PIÉTÉ lait le prologue.
PROLOGUE 3 .
LA PIÉTÉ.
Et l’enfer, couvrant tout de ses vapeurs funèbres 5 ,
Lu séjour bienheureux de la Divinité
Sur les veux les plus saints a jeté ses ténèbres.
Je descends dans ce lieu par la Grâce habité 4 ;
Lui seul, invariable et fondé sur la foi,
L’Innocence s’y plaît. ma compagne éternelle ,
Ne cherche , ne regarde , et n’écoute que toi ;
Et n’a point sous les cieux d’asile plus fidèle.
Et, bravant du démon l'impuissant artifice,
Ici, loin du tumulte., aux devoirs les plus saints
Le la religion soutient tout l’édifice.
Tout un peuple naissant est formé par nies mains :
Grand Dieu, juge ta cause, et déploie aujourd’hui
Je nourris dans son cœur la semence féconde
Ce bras , ee même bras qui combat toit pour lui,
Les vertus dont il doit sanctifier le monde.
Lorsque des nations à sa perte animées
Un roi qui nie protège, un roi victorieux,
Le Rhin vit tant de fois disperser les armées.
A commis à mes soins ce dépôt précieux.
Les mêmes ennemis je reconnois l’orgueil ;
C’est lui qui rassembla ces colombes timides ,
Us viennent sc briser contre le même écueil;
Eparses en cent lieux, sans secours et sans guides :
Déjà, rompant partout leurs plus fermes barrières,
Pour elles , à sa porte , élevant ce palais,
Lu débris de leurs forts ils couvrent ses frontières.
II leur v fit trouver l’abondance et la paix.
Tu lui donnes un fils prompt à le seconder,
Grand Lieu , que cet ouvrage ait place en ta
Qui sait combattre. plaire, obéir, commander.
mémoire!
Un fils qui, comme lui, suivi de la victoire ,
Que tous les soins qu'iL prend pour soutenir la
Semble à gagner son cœur borner toute sa gloire ;
gloire
Un fils à tous ses vœux avec amour soumis,
Soient gravés de ta main au livre où sont écrits
L’éternel désespoir de tous ses ennemis :
Les noms prédestinés des rois que lu chéris!
Pareil à ces esprits que ta justice envoie ,
Tu m’écoules ; ma voix ne l’est point étrangère :
Quand son roi lui dit, Pars , il s’élance avec joie ;
Je suis la Piété, cette fille si chère ,
l)u tonnerre vengeur s’en va tout embraser,
Qui t’ull're de ce roi les plus tendres soupirs :
Et, tranquille , à ses pieds revient le déposer 7 .
Lu feu de ton amour j’allume Fes désirs.
Mais, tandis qu’un graud roi venge ainsi mes
Lu zèle qui pour toi l’enflamme et le dévore
injures,
La chaleur se répand du couchant à l’aurore 1 .
Vous qui goûtez ici des délices si pures,
Tu le vois tous les jours, devant toi prosterné ,
S’il permet à son cœur un moment de repos ,
Humilier ce front de splendeur couronné : ^
A vos jeux innocents appelez, ce héros ;
Et, confondant l’orgueil par d’augustes exemples ,
Ketraccz-lni d’Esiher l'histoire glorieuse ,
Baiser avec respect le pavé de les temples.
Et sur l'impiélc la foi victorieuse.
l)e la gloire animé , lui seul, de tant de rois,
Et vous , qui vous plaisez aux folles passions
S’arme pour ta querelle , cl combat pour tes droits*
Qu’allument dans vos cœurs les vaincs fictions,
Le perfide intérêt, l’aveugle jalousie.
Profanes amateurs de spertacles frivoles,
S’unissent contre toi pour l’aiTreusc heresie ;
Dont l’oreille s’ennuie au son de mes paroles,
La discorde en fureur frémit de toutes parts;
Fuyez de mes plaisirs la sainte austérité :
Tout semble abandonner tes sacrés étendards ;
i:
!
Tout respire ici Dieu, la paix, la vérité.