ACTE XI, SCÈNE I — V. 3a3
Toulc la nation fut ainsi condamnée.
Du mérite oublié nous fassent souvenir ,
Du carnage avec lui je réglai la journée.
Trop promplsà nous parler de ce qu’il faut punir.
Mais de ce traître enfin le trépas différé
Ab ! que plutôt l’injure échappe à ma vengeance ,
Fait trop souffrir mon cœur de son sang altéré.
Qu’un si rare bienfait à ma rcconnuissance !
Un je ne sais quel trouble empoisonne ma joie.
Et qui voudroit jamais s’exposer pour son roi ?
Pourquoi dix jours encor faut-il que je le voie ?
Ce mortel qui montra tant de zèle pour moi
IIYDASPE.
Vit-il encore ?
Et ne pouvez-vous pas d’un mot l'exterminer ?
AS A EH.
Dites au roi, seigneur, de vous l’abandonner.
I! voit l’astre qui voU3 éclair»-.
AMAN.
ASSl'ÉRÜS.
Je viens pour épier le moment favorable.
Et que n’a-l-il plus tôt demandé son salaire?
Tu cannois comme moi ce prince inexorable :
Quel pays reculé le cache à mes bienfaits?
Tu saiscombien terrible en ses soudains transports
ASAPII.
De nos desseins souvent il rompt tous les ressorts.
Assis le plus souvent aux portes du palais .
Mais à me tourmenter ina crainte est trop subtiLe :
Sans se plaindre de vous, ni de sa destinée .
Mardochée à ses yeux est une âme trop vile.
11 y traîne, seigneur ,sa vie infortunée.
HÏDÀSPK.
ASSl'ÉltUS.
Que tardez-vous? Allez, et faites promptement
Kl je dois d’autant moins oublier la vertu ,
Élever de sa mort le honteux instrument.
Qu’elle-même s’oublie. Il se nomme dis-tu ?
AMAN.
ASAPII.
J’entends du bruit; je sors. Toi, si le roi m’appelle...
Mardochée est le nom que je viens de vous lire.
UVDASl'tt.
ASSLÉRliS.
Il suffit.
Et son pays ?
SCÈNE II.
ASAPII.
Seigneur, puisqu’il fautvous le dire ,
C’est un de ces captifs à périr destinés,
ASSUÉRUS ,HYDASPE, ASAPII,
Des rives du Jourdain sur l'Euphrate amenés.
ASSUÉRUS.
SUITE d’aSSUÉETS.
Il est donc Juif! ô ciel, sur le point qtic la vie iS
ASsrÉnrs.
Par mes propres sujets in’alloil être ravi»:,
Un Juif rend par ses soins leurs efforts impuissants!
Ainsi donc , sans cet avis fidèle,
Un Juif m’a préservé du glaive des Persans!
Deux traîtres dans son lit assassinoient leur roi ?
Mais, puisqu'il m’a sauvé, quel qu'il soit, iln’inipnrtc.
Qu’on me laisse, et qu’Asaph seul demeure avec moi.
Holà , quelqu’un.
SCÈNE III.
SCÈNE IV.
ASSUÉRUS, ASAPII.J,
ASSUÉRUS, TIYDASFE, ASAPII.
, y'
assiiervs, assis sur son trône.
hvîiaspb.
Je veux bien l’avouer : de ce couple perfide
Seigneur ?
J’avois presque oublié l’atlcnlal parricide :
ASSUÉRUS.
Et j’ai pâli deux fois au terrible récit
Regarde à cette porte ;
Qui vient d’en retracer l’image à mon esprit.
Voiss’il s’olïre à tes yeux quelque graudde ma cour.
Je vois de quel succès leur fureur fut suivie,
IIYDASPE.
Et que dans les tourments ils laissèrent la vie ;
Aman à votre porte a devancé le jour.
Mais ce sujet zélé qui, d’un œil si subtil,
ASSUÉRUS.
Sut de leur noir complot développer le fil,
Qu’il entre. Ses avis m’éclaireront peut-être.
Qui me montra sur moi leur main déjà levée ,
Enfin par qui la Perse avec moi fut sauvée ,
SCÈNE V.
Quel honneur pour sa foi, quel prix a-t-il reçu?
asapii.
On lui promit beaucoup : c’est tout ce que j’ai su.
ASSUÉRUS, AMAN, IIYDASPE, ASAPII.
ASSUÉRUS.
0 d'un si grand service oubli trop condamnable!
ASSUÉRUS.
Des embarras du trône effet inévitable !
Approche , heureux appui du trône de ton maître,
De soins tumultueux vin prince environné
Ame de mes conseils, et qui seul lanl do fois
Yers de nouveaux objets est sans cesse entraîné ;
Du sceptre dans ma main as soulagé le poids 33 .
L’avenir l’inquiète, et le présent le frappe ;
Un reproche secret embarrasse mon âme.
Mais, pins prompt que l’éclair, le passé nous échappe ;
Je sais combien est pur le zèle qui t’enflamme :
Et «le tant de mortels, à toute heure empressés
Le mensonge jamais n’entra dans tes discours ,
A nous faire valoir leurs soins intéressés,
Et mon intérêt seul est le but où tu cours.
Il ne s’en trouve point qui, touchés d’un vrai zèle,
Dis-moi donc : qu«* doit faire un prince înagnauitnc
Prennent à notre gloire un intérêt fidèle ,
Qui veut combler d’honneurs un su jet qu'il estime ?