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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ATHALIE.

Et bénissoit son Dieu , son seigneur et son père ;Sion, chère Sion . que dis-tu quand tu voisLouer le dieu de l’impic étrangère ,

Et blasphémer le nom qu'ont adoré tes rois 87 ?une vorx seule.

Combien de temps , Seigneur, combien de tempsencore

Verrons-nous contre toi les méchants s’élever ?Jusque dans ton saint temple ils viennent te braver :Ils Irailcnl d'insensé le peuple qui l’adore.Combien de temps, Seigneur, combien de tempsencore

Verrons-nous contre toi les méchants s’élever?

UNE AÜTBt.

Qué vous sert, disent-ils . cette vertu sauvage?

De tant de plaisirs si douxPourquoi fuyez-vous l’usage ?

Votre Dieu ne fait rien pour vous.

ONE AUTRE.

liions , chantons, dit celle troupe impie ;

De fleurs en fleurs , de plaisirs en plaisirs,Promenons nos désirs.

Sur l’avenir iusensé qui se fie.

De nos ans passagers le nombre est incertain :IJâtons-nous aujourd’hui de jouir de la vie-,

Qui sait si nous serons demain?

• TOUT LE CI1 CEO B.

Qu’ils pleurent, A mon Dieu ! qu’ils frémissent decrainte ,

Ces malheureux, qui de ta cité sainteNe verront point l'éternelle splendeur.

C’est à nous de chanter, nous à qui tu revoiesTes clartés immortelles ;

C’est à nous de chanter tes dons et la grandeur.ONE VOIX seul*.

De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge ,Que leur restera-l-il ? Ce qui reste d’un songeDont on a reconnu l’erreur.

A leur réveil {ô réveil plein d’horreur! )Pendant que le pauvre à ta fableGoûtera de ta paix la douceur ineffable,

Ils boiront dans la coupe affreuse , inépuisable .Que tu présenteras au jour de ta fureurA toute la race, coupable*

TOUT LE CUIEl'H.

O réveil plein d’horçeur)

O songe peu durable!

O dangereuse erreur 68 !

ACTE TROISIÈME,

SCÈNE T.

MATIIAN, NABAL , le chceür.

MATBAST.

Jeunes filles, allez : qu’oo dise à JnsabethQue Mathan veut ici lui parler en secret.

UNE DES FIT.I.ES I>tJ CIICEUB.

Mathan! O Dieu du ciel, puisses-tu le confondre !

NABAL.

Ile quoi ! tout se disperse, et fuit sans vous répondre/

VI ATHAK.

Approchons.

SCÈNE II.

ZACHARIE, MATHAN, NABAL.

ZAt.HABIE.

Téméraire, où voulez-vous passer ?Au-delà de ce lieu gardez-vous d’avancer!

C’est des minières saints la demeure sacrée;

Les lois à tout profane en défendent l’entrée.

Qui cherchez-vous ? Mon père, en ce jour solennel,De l’idolâtre impur fuit l’aspect criminel;

Et devant le Seigneur maintenant prosternéeMa mère en ce devoir craint d’être détournée 69 .

MtTIIAN.

Mon lils, nous attendrons ; cessez de vous troubler.C'est votre illustre mère à qui je veux parler :

Je viens ici charge d’un ordre de la reine.

SCÈNE III.

MATHAN, NABAL.

NABAL.

Leurs enfants ont déjà leur audace hautaine.

Mais que veut Alhalie en cette occasion?

D’où naît dans scs conseils celte confusion ?

Par l’insolent Joad ce matin offensée ,

Et d un enfant fatal en songe menacée,

Elle alloii immoler Joad à son courroux,

Et dan» ce temple enfin placer Baal et vous.

Vous m’en aviez déjà confié votre joie ,

El j’espérois ma part d’une si riche proie.

Qui fait changer ainsi ses vœux irrésolus ?

MATHAN.

Ami, depuis deux jours je ne la comtois plus.

Ce n’est plus celle reine éclairée, intrépide,

Kh*\éc au-dessus de son sexe timide,

Qui d'abord accabloît ses ennemis surpris,

Et d’un instant perdu connoissoit tout le prix :

La peur d’un vain remords trouble cette grande âmeElle flotte, elle hésite ; en un mot, elle est femme 7ü .J'avois tantôt rempli d'amertume et de fielSon cœur déjà saisi des menaces du ciel;

Elle-même , à.mes soin» confiant sa vengeance ,M'avoil dit d'assembler sa garde en diligence ;

Mais , soit que cet enfant devant elle amené,

De ses parents, dit-on, rebut infortuné,

Eût d’un songe effrayant diminué l’alarme ,

Soit qu’elle eût même en lui vu je ne sais quel charmeJ’ai trouvé son courroux chancelant, incertain ,

El déjà remettant sa vengeance à demain.

Tous ses projets semldoieni l’un l’autre se détruire 71 .k Du sort de cet enfant je me suis fait instruire ,

«< Ai-je dit : on commence à vanter ses aïeux;

« Joad de temps en temps le montre aux factieux,

« Le fait attendre aux Juifs comme un aut re Moïse« El d’oracles menteurs s'appuie et s’autorise. «lies mots ont fait monter la rougeu r sur son front.