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ACTE III, SCENE III—IY. 349
Jamais mensonge heureux n’eut un effet si prompt.
Toutefois, je l’avoue, en ce comble de gloire ,
« Est-ce à moi de languir dans celte incertitude ?
Du Dieu que j’ai quitté l’impovlune mémoire
b Sortons, a-t-elle dit, sortons d’inquiétude.
Jette encore en mon âme un reste de terreur :
« Vons-mérue à Josabetb prononcez cet arrêt :
Et c’est ce qui redouble et nourrit ma fureu-.
a Les feux vont s’allumer et le fer est tout prêt ;
Heureux si,sur son temple acbevaut ma vengeance,
« Piiennepent de leur temple empêcher le ravage,
Je puis convaincre enfin sa haine d’impuissance,
k Si je n’ai de leur foi cet enfant pour otage. »
Et parmi le débris , Jn ravage ci les morts,
N ARA !..
A force d’attentat» perdre tous mes remords 77 !
Ile bien ! pour un enfant qu’ils ne connoissent pas,
Que le hasard peut-être a jeté dans leurs bras,
Mais voici Josabefh.
'Voudront-ils que leur temple enseveli sou»l’herbe...MATHAN.
SCÈNE IV.
Ab ! de tous les mortels comtois le plus superbe.
Plutôt que dans mes mains par Joad soit livré
JOSABETÏI, MATHAN, NABAL.
Un enfant qu’à son Dieu Joad a consacré,
Tu lui verras subir la mort la plus terrible.
MATHAN.
D’ailleurs pour ce! enfant leur al tache est visible ' 2 .
Envoyé par la reine ,
Si j’ai bien de la rcinr entendu le récit,
Pour rétablir le calme et dissiper ia haine .
Joad sur sa naissance en sait plus qu’il ne dit.
Princesse en qui le ciel mit un esprit »i doux ,
Quel qu’il soit, je prévois qu'il leur sera funeste ;
Ne vous étonnez pas si je m’adresse à vous.
Us le refuseront : je prends sur moi le resle ;
Un bruit, que j'ai pourtant soupçonné de mensonge ,
Kl j’espère qu’enfin de ce temple odieux
Appuyant les avis qu’elle a reçus en songe,
Et la flamme et Je fer vont délivrer mes yeux.
Sur Joad , accusé, de dangereux complots,
NAIUI..
Alloit de sa colère attirer tou» les flots.
Qui peut vous inspirer une haine si forte ?
Je neveux point ici vous vanter mes services :
Est-ce que de 13ual le zèle vous transporte ?
De Joad contre moi je sais les injustices ;
Pour moi, vous le savez, descendu d’Ismael,
Mais il faut à l’offense opposer le» bienfaits.
Je ne sers ni liaal ni le Dieu d’Israël.
Eutin , je viens chargé de parole» de paix.
MATHAN.
Vivez , solennisez vos fêtes sans ombrage 7S .
Ami. peux-tu penser que d’un zèle frivole
De votre obéissance elle ne vent qu’un gage:
Je nie laisse aveugler pour une vaine idole,
C’est, pour l’en détourner j’ai fait ce que j’ai pu .
Pour un fragile bois, que , malgré mon secours ,
Cet enfant sans parents qu’elle dit qu’elle a vu.
Les vers sur son autel consument tous les jours ?
JOSABETH.
Né ministre du Dieu qu’en ce temple on adore,Peut-être que Mathan le serviroit encore ,
Si l’auiour des grandeurs , la soif de commander,
Avec son joug étroit pouvoient s’accommoder.
Qu’est-il besoin, Na bal, qu’à tes yeux je rappelle
De Joad et de moi la fameuse querelle ,
Quand j’osaî contre lui disputer l'encensoir,
Mes brigues, mes combats, mes pleurs, mon désespoir?Vaincu par lui j’entrai dans une autre carrière ,
ÊÜacin ?
MATHAN.
J’en ai pour elle quelque honte.
D'un vain songe peut-être elle fait trop de compte 79 .Mais vous vous déclarez ses mortels ennemis,
Si cet enfant sur l’heure en mes mains n’est remis.
La reine impatiente attend votre réponse.
JOSABETÏI,
Et voilà de sa part la paix qu’on nous annonce !
J’approchai par degrés de l'oreille des rois ,
Et bientôt en oracle on érigea ma voix.
J’étudiüi leur cœur, je fiat la i leurs caprices;
Pourriez-vous un moment douter de l’accepter 8 ®?
D'un peu de complaisance est-cc trop l’acheter?
JOSABETÏI.
Près de leurs passions rien np nie fut sacré 75 ;
J’admiroîs si Mathan, dépouillant l’artifice ,
De mesure et de poids je ehangeoi» à leur gré.
Avoit [iu de sou cœur surmonter I injustice,
Autant que de Joad l’inflexible rudesse
Kl si de tant de maux le funeste inventeur
De leur superbe oreille offensoil la mollesse,
De quelque ombre de bien pouvoit être 1 auteur. j
Autant je les chartmiis par ma dextérité :
MATHAN.
Dérobant à leurs yeux la triste vérité,
De quoi vous plaiguez-vou»? Vient-on avec furie
Prêtant à leurs fureurs des couleurs favorables,
Arracher de vos bras voire lil» Zacharie ?
Et prodigue surtout du sang des misérables L
Quel est cet autre enfant si cher à votre amour?
Enfin au dieu nouveau qu'elle avoit introduit,
Ce grand attachement me surprend à mon tour.
Par les mains d’Athalie un temple fut construit 7S .
Est-ce un trésor pour vous si précieux , si rare ?
Jérusalem pleura de se voir profanée ;
Est-ce un libérateur que le ciel vous prépare?
Des enfants de Lévi la li oupe consternée
Songez-y : vos refus pourroienl me confirmer
En poussa vers le ciel des hurlements affreux 7 *.
Un bruit sourd que déjà l'on commence à semer.
Moi seul, donnant l’exemple aux timidesïïébreux,
JOSABETH,
Déserteur de leur loi, j’approuvai l’entreprise ,
Quel bruit ?
Et par là de Baal méritai la prêtrise;
MATHAN.
Par là je me rendis terrible à mon rival,
Que cet enfant vient d’illustre origine;
Je ceignis la tiare, et marchai son égal.
Qu’à quelque grand projet votre époux le destine.