ACTE V, SCÈNE VIII.
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SCENE vin,
JOAS , JOAD , l'ï LÉVITE , ET TOUS LES ACTEUR5DE LA SCÈNE PRÉCÉDENTE,
joad , au lévite.
Hé bien! de celte impie a-t-on puni l’audace?
LE LÉVITE.
Le fera de sa vie expié les horreurs.
Jérusalem, long-temps en proie à ses fureurs,De son joug odieux à la lin soulagée,
Avec joie en son sang la regarde plongée.
JOAD.
Par celle tin terrible , et due à ses forfaits ,Apprenez, roi des Juifs, et n’oubliez jamaisQue les rois dans le ciel ont un juge sévère ,L’innocence un vengeur, et l’orphelin un père.
NOTES D’ATHALIE.
1 Tous ceux qui veulent bien entrer dans l’es-prit de la tragédie doivent lire avec attention cettepréface ; c’est un chef-d'œuvre de clarté , de sim-plicité et d’ordre : on n’y a oublié aucun des pointsde l’histoire juive qui servent à foncier l’intérêt dela pièce. Une explication si juste , si nette et si dé-taillée , me dispense de donner de nouveaux ren-seignements. Il nous subira de rappeler, dans lesnotes , les principaux faits sur lesquels l’auteur ap •puie tout son édifice dramatique. ( Voyez les cha-pitres ix . x etxc du livre IV T des Hais. ) Geoffroy.
2 « Depuis que le temple de Salomon fut bâti,« il n'étoit plus permis. * Les deux temps ne s'ac-cordent pas : il falioit : « Depuis que le temple de« Salomon fut bâti, il 11e fut plus... » ou <( Depuis«que le temple de Salomon était bâti, il n’étoit«plus..., etc. » [Académie.) Me sera-t-il permisd’opposer quelques doutes à cejugement de l’aca-démie ? Si un prétérit et un imparfait ne s’accor-doieut pas ensemble, il faudroit donc que deuxfaits passés, l'un défini, l’autre indéfini , ne pus-sent pas être rapprochés et mis en rapport. Toute-fois ce rapport existe continuellement. Ainsi, dansla phrase critiquée , la construction du temple estun fait défini, la défense de sacrifier ailleurs est unfait indéfini ; 51 semble donc nécessaire que l’unsoit exprimé par le prétérit et l’autre par l’impar-fait; autrement il seroit fait violence à la naturedes choses. Faudroitil donc, si l’on adoptoil lacorrection de l’académie , la continuer dans le restede la phrase, et dire : El tous ces autres autels qu’011élevoit à Dieu... ne lui furent plus agréables? Onsent que cria auroit quelque chose de forcé. D’ail-leurs, resteroil toujours cette incise , qu'on élevoit,et cola seul fourniroil la jireuve que l’alliance del’iiuparfaii avec le prétérit est non seulement per-mise , mais quelquefois indispensable. Aignan.
3 « Il n’y avoit que ceux de cette famille Lesquels«pussent. » Il falioit qui pussent. Peut-être Kacinen’a-t-il mis lesquels que pour éviter de faire le vers:Qui pussent exercer la sacrificature. ( Acad.)
4 On ne doit pas dire avoir soin du chant , ni dela garde du temple. [Acad. ) Peut-être u’eûl-il pasété inutile que l’académie eût donné de cette déci-sion des motifs qui, je l’avoue , ne se présententpas à mon esprit. Aignan.
5 Athalic est un personnage de la tragédie ; ellen’y joue point un personnage: if falioit dire joueun rôle, ou est un personnage. [Acad. ) Ici l’acadé-mie s’est chargée de se réfuter elle-même , en pré-sentant dans les dernières éditions de son diction-naire le niot de personnage comme synonyme derôle , et en citant, parmi les exemples , ces phra-ses : îf joue bien son personnage , Il y joue un beaupersonnage ; ce qui n’empêche pas que ce mot depersonnage 11e s’applique aussi el même le plussouvent à la personne de l’acteur. C'est au sens dela phrase à déterminer l’une ou l’aUlrc acception
Aignan.
6 II n’est point indifférent d’observer ici que lepère d’Allialie n’étoit point de la race de David :car il s’ensuit qu’Alhalie, sa petite tille , ne pou-voit être regardée par les Juifs que comme unepersonne fort étrangère à la succession de leurs rois.
L. de Boisjomain.
7 Pour que celle phrase n’ait pas deux nomina-tifs, il faut regarder le premier membre commeune espèce d’ablatif absolu. Aignan.
6 J’ignore pourquoi Racine a transposé les nomsde col historien ecclésiastique : 011 le nomme or-dinairement Sulpice Sévère. Onlui doitun Abrégéde l’histoire sacrée et ecclésiastique, depuis la créa-tion du monde jusqu’au consultai de Stilicon ,l’an 4 oo de Jésus-Christ. Cet ouvrage, très bienfait, lui a mérité le nom de Sallusle chrétien. IIest de plus auteur d’une Vie de saint Martin deTours, composée pendant la vie de ce saint évêque.Sulpice Sévère éloit né à Agen ; il mourut versl’année 420. Geoffroy.
9 On ne dit pas atteindre louage de la raison ,comme on dit atteindre L’âge de la raison. ( Acad. ,Racine a cru qu'il lui étoit permis de prendre l’ef-fet pour la cause. Aignvn.
1Ü Ce que Racine avance ici n’est nullementexact. i ô Chaque Juif n’étoit point obligé d’écrirele volume de la loi. Cela n’eût été possible chezaucun peuple. Le commun des Juifs cLoil si peuinstruit, qu’il falioit, tous les sept ans, dans l’an-née sabbatique, lire la loi au peuple assemblé, depeur qu’il ne l’oubliât, a 5 Les rois n’éloienl obli-gés d’écrire, et, suivant plusieurs interprètes, defaire écrire qu’une copie de la loi. Le passage de