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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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NOTES DATHAIIE.

récriture qui prescrit celle obligation la restreintmême au Deutéronome. (Acad.)

11 Louis de France , duc de Bourgogne , fils deMonseigneur, élève de Fénelon , pour lequel il<;onservaIe plus vif attachement. Sa mort préma-turée, et celle de son épouse, plongèrent la Francedans le deuil. Le duc de Bourgogne fil éclater dèsson enfance un esprit fort supérieur à sou âge.en 168-2, il navoit réellement que huit ans et demidans les premiers mois de 1G91 , lorsque Racinefil celle préface. Gkoffhoy.

12 M. de Meaux. \Xole de Racine.) Les parolesque Racine vient de citer sont tirées de VHistoireuniverselle de Bossuet, seconde partie , sect. IV.

Geoffroy.

Ün jour de fêle. Jai choisi celle. Fête étantpris indéfiniment et sans article . lemploi du pro-nom celle nest pas grammaticalement exact : iLeut clé mieux de dire : Jai choisi la fêle de , etc.(Acad.) L'application de ce principe semble iciun peu rigoureuse , attendu que jour de fête eLfêle ne présentent à lesprit quune seule et mêmeidée, Aignan.

14 Le mont de Sinaï. II falloît supprimer la pré-position, et dire te mont Sinai. (Acad.)

15 Faire prédire à Joad. Ilfaut parJoad. (Acad.)On dit cependant tous les jours : faire faire àquelqu'un quelque chose; faire jouer tel rôle à telacteur, etc. ; cest un idiotisme consacré. Aignan.

10 Le silence que laulcur garde sur la conduitede sa pièce, dans la préface, est remarquable.Dans ses autres préfaces, il a coutume de parlerde léconomie de sa tragédie , du succès quelle aeu , ou des critiques quelle a essuyées : il se con-tente, dans celle-ci, dinstruire le lecteur du sujet,et ne dit rien de la manière dont il la traité, nide cc quil pense de son ouvrage. Comme celtetragédie navoit point été représentée, il ignoraitlimpression quelle pouvait faire sur les specta-teurs: ainsi il nose en rien dire : il est incertainsi elle plaira aux lecteurs; il attend le jugementdu public. Tl ne soupçounoil pas alors que daus lasuite il lui serait si favorable. L. Racine.

1 7 Voilà une des inversions les plus hardies quepuisse supporter la timidité de notre langue : dutemple, qui commence le premier vers, se rap-porte aux portiques, qui terminent le second : celaapproche de îaudacc des constructions grecqueset latines. Inondait les portiques, métaphore si juste,quelle est même admise dans le langage familier.

GlOFFL'.OY.

18 Le reste étant le nominatif de la phrase, ilsemble quil faudrait ses pères; mais le reste estun nom collectif qui saccorde ires bien avec lepluriel. Racine a préféré avec raison leurs pères ,à cause de ses mystères , qui se trouve dans le versprécédent, et se rapporte à Ruai. Geoffroy.

15 Dans ce peu de vers Racine a fait eonnoîtrele caracLère d'Alhalie . celui de Joad, le jour delaction, et le lieu delà scène, qui est le vesti-bule du temple. Laltenlion que Racine a eue jus-qu ici de déterminer le lieu de la scène paroît êtrela suite des remarques particulières quil avoitfaites sur Sophocle. On lit dans lexemplaire de cetauteur qui lui appartenoit, et qui est actuelle-

ment à la bibliothèque du roi, la noie suivante,écrite de sa main : « Sophocle a un soin merveil*« leux détablir de bonne heure le lieu de la scène ;« il ae sert ici dun artifice tics agréable , en intro-« duisunl un vieillard qui montre les environs dAr-tgos à Oreste, qui en avoit été enlevé tout jeune.

Le Philoctète du même auteur commence à peu

près de même : cest UIvsse qui montre à Pyr-

rlius tout jeune lîle de Lemnos, ils sont, et par l'année avoit passé. UŒdipe catonden«souvre par OKdipe aveugle, qui se f.dt décrire« par Antigone le lieu il est. Cns trois ouvertu-« res, quoique un peu semblables, ne laissent«pas davoir une très grande diversité et des cou-pleurs merveilleuses. » (Èlectre de Sophocle,act. I, sc. 1. ) L. ne Boisjkrmuv.

20 Mitre étrangère est dur. Arcs an.

21 Onlisoit dans la première édition de 1691 :

Pour vous perdre il nest pas de ressorts quil nejoue ;

Quelquefois il vous plaint, souvent même il vousloue.

Les amis de Racine lui représentèren I quon nedit point jouer, mais faire jouer des rssscrts.Lauteurchangea ces vers dans la seconde édition, faitepeu de temps après la première. L. Racine.

22 Lacadémie a eoudamné fausse douceur juin tavec affecter. En ellet, on dit bien affecter unegrande douceur ; mais une douceur affectée est tou-jours fausse ; cest lhypocrisie qui a pris les traitsde la vertu : ainsi on naffecle jamais une faussedouceur, parceqnon ne peut vouloir all'ederlhypocrisie. L. de Boisjerhaix. Tacite a dit que .de tous nos ennemis , ceux qui prennent le partide nous louer sont toujours les plus dangereux:Pessimum inimicorum genus tauduntes. L. Racine.

- s Cette phrase est un pur latinisme double-ment hardi. Dabord , dans le langage ordinaire ,on ne dirait point : Il feint quen un tel endroitil y a un trésor; on dirait il suppose. Feindre nesentend que dune action simulée. De plus, onne diroit pas feindre à quelquun : ce sont lesLatins qui disent/bur/t illi, illi menlitus est, avecun verbe qui suit. Celle locution est donc unede celles que Racine empruntoit des anciens, pourintroduire dans notre langue, et surlout dans no-tre poésie , des constructions précises et l apides ,et les substituer à nos circonloeulions languissan-tes. La IIaepe.

24 Un peu de logique suffit pour concevoir que laconjonction cl se trouve ici de trop, cl même pour-rait donner lieu à un contre-sens, puisquelle traves-tit des propositions corrélalives en propositions co-putatives. Jeu offrirai un exemple : Plus on ht Ra-cine, /dus on ladvùre. J 1 y a dans cette phrase deuxpropositions simples : on lit Racine, et on ladmire,lesquelles, prises séparémcnl , nont point encorede rapport ensemble. lour les unir, et nen fairequune phrase , je nai quà dire on lit Racine, et onladmire. Mais si je veux faire entendre que luneest à lautre ce quest la cause à l'effet, et lantécé-dent au conséquent, alors il ne sagit plus de lesunir; il faut marquer le rapport quelles ont en-