Buch 
Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
Entstehung
JPEG-Download
 

36ï NOTES D’ATHALIE.

Le même jour qui met un homme libre aux fersLui ravit la moitié de sa vertu première ;

car il est certain qu’un jour ne ravit pas. Aigsax.

- s C’est à ce vers que commence la plus belleet la plus éloquente énumération qui jamais aitsignalé la verve d’un poète François. C’est une suitede quatorze vers, dont chacun retrace , du stylele plus précis cl le plus énergique , un miracle fa-meux et un mémorable irait d'histoire. [Voyezles chap. ix, x, xrv , xx. et xxur, du tiv. III desRois, et le chap. ix du liv. IV. ) Quelle hardiessedans ces expressions ; Dieu fidèle en ses menaces ,Achab détruit, etc. Geoffroy.

,0 Inversion hardie, qui l'ait voir qu’entre lesmains d’un véritable poète notre langue est moinsl'oible et moins timide qu’on ne le. croit. Le champdont il s’agit est la vigne de Xabolh , que Jézabel,femme d’Achah , usurpa par Je meurtre du pro-priétaire ; et ce fut dans ce champ qu’elle futdévorée par les chiens. Geoffroy.

J) I.es deux fermes : expression empruntée del’Ecriture : Dominits ctuudat cœlum. ( Deutrr. ,cap. xt, vers. 17.) Si ctausum fucrit redum. ( Jlsg.,lib. III, cap. vru . vers. 55.) Clattso rtc-'o. ( Pc-ralip. , lib. H . cap. vi , vers. 26 , etc. ) Les deuxd'airain, métaphore créée par Racine. G.

îa La terre trois mis sans pluie est de la prose.Cette addition , et sans rosée, donne à tout le versune couleur poétique. Il faut surtout remarquerdans ce morceau l’art prodigieux avec lequel Racine fait entrer dans la poésie la plus noble destermes aussi communs que ceux de chiens, che-vaux, et pluie. Geoffroy. Éclater, éclatants, dansles trois vers suivants : négligence légère, et pour-tant rare dans Racine, La Hakfb.

33 Si j’avols à décider entre les trois expositionsfameuses de B ajazet, d'Iphigénie, et d’Alhalîe, jedonnerois la préférence à cette dernière. Au mé-rite de bien instruire le spectateur de tout ce qu’ildoit savoir, elle joint l’avantage d'être une scèned’action , dans laquelle le souverain pontife, enhomme qui médite un grand dessein, cherche às’assurer des dispositions du général de l’arméed’Athalie. Il n’existe point d’autre exemple d’uneaussi grande perfection. Geoffroy.

34 Erreur pour fausseté ne poroît pas exact. Ilne peut y avoir d’erreur dans 1rs promesses : l’er-reur ne peut être que dans celui qui promet au-delà de ses moyens, dépendant ce mol peut passerdans un vers à la faveui d’une ellipse : accuser lespromesses d’erreur, c’est 1rs accuser de nous induireeu erreur, do nous tromper- Ghuffjioy.

lS Opposer ne peut se construire avec contre,puisque, d’après son étymologie, il renferme im-plicitement lu signification de ce mot : apponere ,ponere ob, mettre devant, ou contre. On oppose unechose à une autre, et non contre une autre. Il fal-loit opposer à. A. Martin.

55 On ne dit pas en prose un nombre assemblé;mais le sens est si clair, qu’on excuse cette licencepoétique en faveur de la précision. On lit dans lapremière édition :

Je sais que, près de vous en secret rassemblé, etc. G.

37 Geoffroy a observé que la régularité de laconstruction demanderoit : de quelque noble ardeurqu'ils puissent brûler. Il est cependant remarquableque Boileau a usé de la même licence dans sasatire XI, et dans sa première épître au roi.

,s Le mot de üicu, répété quatre fois à la têtede quatre distiques de suite, donne à Celte phraseune singulière dignité. La IIaupk.

39 La simplicité de cette expression, la chambre ,est couverte par la richesse des termes qui l’envi-ronnent. Les premiers vers offrent nue petite né-gligence : c’est la consonnance des trois hémisti-ches de trois vers consécutifs: enfant, naissant,séparant. Geoffroy.

40 On a partout cité ce morceau comme un mo-dèle de peinture louchante : tous les traits en sontfinis. Je ne remarquerai que cet hémistiche, s’étoitjetée en vain, où le vers semble tomber à chaquemot. Il est impossible <le mieux rendre l’effort im-puissant de la faiblesse. La II,irpk.

41 Quelques grammairiens ont aperçu une équi-voque dans ces mois et faible. Ils ne savent si foiblcse rapporte à Joas ou à la nourrice , quoiqu’il soitévident parla construclion que c’est à la nourrice ,et faible, c’est-à-dire et qui. étant faible. Geoffroy.Cette tournure est très familière aux Lutins; maisle génie de notre langue , sans y résister lout à-fait,ne permet pas imijours dVn faire l’emploi avecautant de clarté que l’a fait Racine. A. >l\ivnx.

Période de six vers pleine de majesté et d'har-monie. Tour à tour pour successivement, l'un apresl’autre. Ce seroit en prose une petite faute. Geof.

45 L’exactitude demandoit •irul'umè. L’uduversprécédent ne se construit pus avec.et de David éteintrallumé. {Acad.) Le flambeau de David: expressiontrès belle, ut sautent employée dans le Livre desliais. L’épithète éteint, qui accompagneroit maltout autre nom , semble faite pour celui de David,la lumière d'Israël, il’où doit sortir la lumière desnations. L. Racine.

4 5 «Dies diei éructât verbum.* (Ps. xvm, vers- 2.)Rousseau, traduisant le même passage du psaumexvru, a dit (liv. I, od. n):

Le jour au jour la révèle,

La nuit l’annonce à la nuit.

45 II se donne lui-mcinc ne se peut dire que sousla loi nouvelle. Celte proposition est trop étrangèreà l’ancienne lui. [Acad.)

46 Ces deux vers ont été ajoutés par Racine dansles éditions postérieures à celles de 1691 et 1692.

47 Eclaircir ne se iliroit pas en prose sans joindre,1e régime de la chose à celui de la personne. Ecloir-cissez moi de ce doute. Je veux m’éclaircir sur celteaffaire. Aignan.

48 Racine s’est trompé ici sur les rites. On n’ar-rosoit point l’assemblée du sang de la victime. Leprêtre Irempoit simplement un doigt dans le sang,et en faisait sepL aspersions devant le voile du sanc-tuaire ; il eu frottoil les cornes de F«miel, et re-pandoit le reste au pied du même autel. L’auteura confondu avec le rite judaïque ce qu’il avoit ludans le ch. xxtv de l’Exode , où il est dit que Moïselit l'aspersion du sang de la victime sur le peuple