NOTES D’A TII AL IE.
87 Bncnie a cru pouvoir s'affranchir ici de la rè-gle , en luelliinl à la suite 1rs unes des autres troisrimes féminines. Iluil vers plus bas, on trouveencore trois rimes masculines. Peut-êire a-t-il cruce rhythrne plus propre à peindre le désordre desidées dans un moment d’inspiration. A. Martin.
s * Zacharie. (iV«fe de Racine.) — La plupart ontdit que l’auteur détruit ici l'intérêt pour Joas, enprévenant sans nécessité: les auditeurs que Joasdoit un jour faire égorger le fit* de son bienfai-teur. Plusieurs ont voulu excuser cet endroitcomme langage prophétique , qui ne fait pasnaître une idée distincte. Lis critiques ont ré-pondu que si le discours du grand-prêtre ne porteaucune idée, il est inutile : s'il présente quelquechose de réel, comme on n’en peut douter parles noies de l'auteur, il détruit l'intérêt. Les autresont lépliqué que l'intérêt principal de la pièce neporte point sur Joas, maissur l'accomplissement despromesses de Lieu en faveur de (a race de David.(Acad.) Ajoutons que les termes vagues et obscursemployés par Joad laissent douter si l’avenir lui estrévélé à lui-même autrement que sous de confusesvapeurs. Et c’est en cela que triomphe Part dupoète. Si Joad voyoit clairement Joas teint dusang de son fils, quelque puissants que soient lesintérêts actuels dont le pontife est occupé , com-ment tiendroit-il contre son désespoir paternel ? A.
89 Captivité de Baliylone. (Note de Racine.)
90 L’Eglise. (Note de Racine.)
95 Les Gentils. (Note de Racine.)
92 «Borate, cœli, desuper, et nubes pluantjustum ; aperiatur terra, et gcrminel Salvalorem.»— «Cieux, envoyez d’eu-haul votre rosée, et queles nuées fassent descendre le juste comme unepluie: que la terre s’ouvre, et qu’elle germe leSauveur. » ( Is., cap. xr.v, vers. S. )—Toute cetteprophétie, conrposée de passages de l’Ecriture trèsbien liés ensemble, est peut-être le plus beaumorceau de poésie lyrique qu’il y ait en notrelangue. Il a de plus l'avantage d’être dramatiqueet très utile à l’action : il sert à remplir les lévitesd’un enthousiasme divin : il en fait des soldats in-vincibles , prêts à braver tous les dangers pour ladéfense de Joas et du temple. Geoffroy.
9î Celle strophe et la suivante ne se trouventpoint dans les piemières éditions d’Aihntie. «Oncraignit dit La Harpe, que la malignité n'en fîtl’application à Louis XIV, et que les ennemis del’auteur, qui étoient très actifs à profiler de tout,ne se servissent de ces vers pour lui nuire. » Cetteopinion n’est pas même plausible : ces vers nefurent point retranchés, puisqu’ilsn’existoienl pas;ils furent au contraire ajoutés par Bacine six ansaprès, dans un temps où les applications étoientplus faciles et plus dangereuses. Il eût été absurdede soupçonner des intentions r ..alignes contreLouis XIV, dans une tragédie faite d’après sesordres, par un poète comblé des faveurs dif mo-narque et de madame de Maintcnon. Gboffroy.
Comme le glaive étoit porté en cérémonie,l’expression qui marche est aussi juste que poé-tique. L. Racine.
95 Foici qui vous dira, pour voici celui qui omisdira ; licence poétique qui donne au vers plus de
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vivacité, mais dont on ne doit user qu’avec beau-coup de réserve. Gbuffkoy.
9C Ici le chœur, témoin des préparatifs ducouronnement, sort avec Josabeth pour laisserJoad seul avec Joas , pareequ’il est contre ta vrai-semblance que ce chœur reste sur la scène dèsqu’on y peut dire quelque chose qu’il ne doitpoint entendre. Cri artifice de Racine ressembleà celui de Sophocle, qui, dans Ajax , écarte lechœur du lieu de la sccnc, afin qu’Ajax puisse seluer en présence du spectateur sans que personnes’y oppose. C’est un coup de maître, selon Racine, etle seul endroit des tragédies grecques où le chœursorte de la scène depuis qu’il y est entré, h C’cslun bel artifice du poète , ajoute-l il, pareeque lesdernières paroles d’Ajax éloicnl trop considérablespour être cachées aux yeux du spectateur. » ( So-phocle de Racine, appartenant à la bibliothèquedu roi , page ô4-) L. de Boisjermuit.
9 ‘ Notre célèbre Delilie me ténioignoit un jourson antipathie pour celte construction de vers,dans laquelle le substantif traîne avec lui deuxépithètes dont la première tombe à l’hémistiche.Il avoit surtout raison pour les vers descriptifs oudidactiques, qui ont besoin de beaucoup de pré-cision et d’éclat. Aignas.
98 Cette construction ne seroit parfaitementexacte que si le verbe se souvenir avoit un régimedirect. Cependant la tournure qu’emploie Racinese justifie par l'ellipse ; c’est comme s’il y avoit :Fous souvient il de ce que je vous ai dit souvent, queles étroites lois, etc. Aignan.
90 L’académie prétend qu’on ne «lit pas mettreson appui sur, mais en ou dans. Cependant il y aici analogie avec cette expression, fonder son appuisur utie chose, expression dont Racine a déjà faitusage dans Estker. A. Martin.
100 Je «eus rends et rendei-vous , très petite négli-gence ; le verbe rejulre étant pris ici dans des ac-ceptions toutes différentes. Aigsan.
101 La grammaire exigeoit échappé <i sa rag«.Echapper à, c’est sortir d’un danger, c'est éviterl’action d’une cause qui tend à nuire : échapper de,c’est sortir d’un lieu ou d’une circonstance où l’onétoit retenu malgré soi. A. Martin. Il faut per-mettre aux poètes de confondre ces nuances cl desubstituer l’une à l'autre avec discernement lespréposil ions h et de. Aignan.
1ü3 Nourri pour élevé est une expression forte etanimée, familière aux écrivains du dix-septièmesiècle , et que ceux du dix - huitième a voient ma!à propos laissé perdre. Elle reprend faveur aujour-d'hui. Aignan.
105 Emploi heureux des ternies complice et vol.Un poète ordinaire y auroit joint les épithètes denoble ou généreux: Racine s’en garde bien, c’est àfaction elle-même à caractériser les mois. Aicxax.
7 u4 Le poète, dit Louis Bacine , pouvoit mettrema force est dans le Dieu; il a cm pouvoir dire maforce egt au Dieu. Non seulement Racine a eu rai-son de le croire, mais il a bien fait de préférerce dernier tour plus vif, plus poétique, et plusdans le génie de l'Ecriture. Geoffroy.
105 Vers dont l'application fut faite à l’enfancede Louis XV. Aignan.