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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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PLAN

DU PREMIER ACJTK

DIPHIGENIE EN TAURIDE'.

SCÈNE I.

IPHIGÉNIE , UNE CAPTIVE GRECQUE.

Ipliigenie vient avec line captive grecque, quisétonne de «a triates.se , et lot demande si elle estaffligée de ce que la fêle de Diane se passera sansquon immole aucun étranger.

« Tu peux croire, dit Iphigénie , si cest un«sentiment digne de la fille dAgamemnon. Tu«sais aveu quelle répugnance jai préparé les-« sérable» que lon a sacrifiés depuis que je préside« à ces cruelles cérémonies. Je me faisais une joie«de ce que la fortune navoit amené aucun Grec«pour cette journée, et je triomplioisde la douleur« commune qui est répandue dans cette île, oui on«compte pour un présage funeste de ce que nous«, manquons de vic times pour celte fêle. Mais je ne«puis résister à la secrète tristesse dont je suis oc-«cupée depuis le songe que jai fait celte nuit. Jai«cm que j étois à Mycène , dans la muLon de mon»père: il ma semblé que mon père et ma mère«uagpoient dans le sang, et que moi-même je te-«nuis un poignard à la inaiu pour en égorger mon«fière Oreste. Ilelas! mon clierOreste!

LA CAPTIVE.

«Mais 5 madame , vous êtes trop éloignés lun de«lautre pour craindre laccomplissement de votre«songe.

iriiroÉNiE.

«Et ce nest pas aussi ce que ie crains : mais je«crains avec raison quil ny ail de grands mal-«beur» dans ma famille: les rois sont sujets à de«grands changements. Ah ! si je t'avois perdu, mou«cher frère Oreslc , sur qui seul jai fondé mes es-«pérances! Car enfin jai plus sujet de taimer que«tout le reste de ma famille : tu ne lus point e.ou-«pable de ce sacrifice mon père m'avoit cnn-«damnée dans lAulide; tu étuis un enfant de dix«ans. Tu as été élevé avec moi , et lu es le seul de«toute la Grèce que je regrette tous les jours.

LA CAPTIVE.

Mais , madame , quelle apparence quil sache«létat vous êtes ? Vous êtes dans une île détes-« lée de tout le monde : si le hasard y amène quel-«que Grec, on le sacrifie. Que ne renoncez-vous«à la Grèce ? que ne répondez-vous à l'amour du«prince ?

IPHrCKSIE.

«Eh! que me scrviroiL de my attacher? Son«père Thons lui défend de maimer; il ne me«parle quen tremblant : car ils ignorent tous doux«ina naissance , et je nai garde de leur découvrir«une chose quils ne croiroient pas; car quelle«apparence quune fille que des pirates ont enlevée«dans le moment quon alloit la sacrifier pour le«salut de la Grèce ffil la fille du général de la« Grèce 5 Mais voici ce prince. »

SCÈNE II.

LE FILS D1-: TIIOaS , IPHIGÉNIE

LA CAPTIVE GRECQUE.iiiitcÉxrE.

«Quavez-vons, prince? D vient ce désordre«et cette émotion ?

LE Trf.S II F. TIIOAS.

«Madame , je suis cause du plus grand malheur«du monde. Vous savez combien jai délesté avec«vous les sacrifices de celle île : je nie réjonissois«de ce que vous seriez aujourd'hui dispensée, de«cette luni sic occupation; et cependant je suis«cause que vous avez deux Grecs à sacrifier,ri uiGkyie.

«Comment , seigneur

LE FILS UK THO AS.

«On mest venu avertir que deux jeunes hommes«étoient environnés dune grande foule de peuple« contre lequel ils se défeudoient. Jai couru sur le«bord de la mer: je les ai trouvés à la pot le du«temple , qui vendoient chèrement leur vie, et qui«ne songeoient chacun quà la défense lun de«lantre. Leur courage ma piqué de générosité. Jeaies ai défendus moi-même; jai désarmé le peuple:«et ils se sont rendus à moi. Leurs habits tes ont«fait passer pour Grecs : ils lont avoué. Jai frémi«à cette parole ; on les a amenés malgré moi à mon«père : et vous pouvez juger quelle sera leur des-« tinée. La joie est universelle . et on remercie les«dieux d une prise qui me met au désespoir. Mais«enfin, madame, on je ne pourrai, ou je vous«affranchirai bientôt de la malheureuse dignité qu i«vous engage à ccs sacrifices. Mais voici le roi mon père.»