376
ODES.
« A son exemple tous les princes
• Nu songeront plus désormais
• Qu’à faire refleurir ia paix
« Et le calme dans leurs provinces.
«L’abondance partout ramènera les jeux;
«Les regrets et les soins s'enfuiront devant eux;
• Toutes craintes seront pour jamais étouffées.
• Les glaives renfermés ne verront plus le jour,
• Ou bien se verront en trophées,
«Par les mains de la Paix , consacrés à l’Amour-
«Cependant Loürs ctTirénèsK«Passeront leur âge en ces lieux s ;
«El, plus satisfaits que les dieux ,
«Boiront le nectar à leur aise.
«Je leur ferai cueillir, par de longues faveur»,
« Tout ce que mon empire a de fruits et de lieu rs:«Jebannirai loin d'eux tout sujet de tristesse ;
«Je serai dans leur cœur , je serai dans leurs yeux;«Et c’est pour les suivre sans cesse
• Que tu me vois quitter la demeure des deux.
«Les plaisirs viendront sur mes traces«Charmer tes peuples réjouis.
«La victoire suivra Lours.
« Thérèse amènera les Grâces.
• Les dieux mêmes viendront passer ici leurs jours.«Ton repos en durée égalera ton cours.
• Mars de ses cruautés n'y fera plus d’épreuves:
• La gloire de ton nom remplira 1 univers;
«Et la Seine , sur tous les fleuves ,
< Sera ce que Télhys est sur toutes les mers.
• Mais îl est temps que je me rende
• Vers le bel astre de ton roi :
«Adieu , Nymphe, console-toi«Sur une espéranresi grande.
«Thérèse va venir, ne répands plus de pleura ,«Prépare seulement dns lauriers et des fl eu rs ,«Afin d’en faire hommage à sa beauté suprême »Ainsi finit Amour, me laissant à nos mots ;
Et je courus, à l’heure même.
Conter mon aventure aux Nymphes de mes flols.
Oh dieux! que la seule penséeDe voir un astre si charmantLeur fît oublier promptementToute leur misère passée 1Que le Tage souffrit! quels furent ses transports
Quand I’Amonr lui ravit l’ornement de ses bords !Et que pour lui la guerre eût été moins à craindre!Ses Nymphes de regret prirent toutesle deuil ;
Et si leurs jours pouvoient s’éteindreLa douleur auroit pu les conduire au cercueil.
Ce fut alors que les nuagesDont nos jouis étoient obscurcisDevant vous furent éclaircis,
Et n’enfdnlèrent plus d’orages.
Nos maux de votre main eurent leur guérison ;Vos yeux d’un nouveau jour peignirent l’horizon ;La terre sous vos pas devint même fertile.
Le soleil, étonné de tant d’ejîets divers,
Eut peur de se voir inutile ,
Et qu’un autre que lui n'cclairàt l’univers.
L’impatiente Renommée,
Ne pouvant cacher ses transports,
Vint m’entretenir sur ces bord»
De l’objet qui l'avoit charmée.
Oh «lieux! quescs discours accrurent mes désirs C JQue je sentis dès lors dejoie et de plaisirsA vous ouïr nommer si charmante et si belle !
Sa voix seule arrêta la course de mes eaux;
Les Zéphyrs, en foule aulour d’cllc ,Cessèrent pour l’ouïr d’agiter mes roseaux.
Tout l’or dont se vante le T âge ,
Tout ce que l’Inde sur ses hordsVit jamais briller de trésors,
Sembloil être sur mon rivage.
Qii’éluil-cc toutefoisde ce grand appareil,
Dès qu’on jeioit les yeux sur fécial nonpareilDont vos seules beautés vous avoient entourée ?
Je sais bien que.J in ion parut moins belle aux dieux,Et moins digne d'être adorée ,
Lorsqu'en nouvelle reine elle entra dans les cicux.
Régnez doue , princesse adorable ,
Sans jamais quitter le séjourDe ce beau rivage , où l’AmourVous doit être si favorable.
Si l’on en croit ce dieu , vous y devez cueillirDes ruses que sa main gardera de vieillirEt qui d’aucun hiver ne craindront l’insolence;Tandis qu’un nouveau Mars, sorti de votre sein,Ira couronner sa vaillanceDe la palme qui croît aux rives du Jourdain a .
*