ODES.
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Et tous , conspirez à sa joie,
Amours, Jeux, Ris, Grâces, Plaisirs,Et que chacun de vous s’emploieA satisfaire ses désirs:
Empêchez que son grand courage,
Qui dans mille travaux l’engage ,
Ne le fasse trop tôt •vieillir :
Rendez ses beaux jours toujours calmes,Et faites-lui toujours cueillirAutant de roses que de palmes.
ODE X.
LA RENOMMÉE AUX MUSES 10 .
On alloit oublier les filles de Mémoire :
Et, parmi les mortels,
L’Ignorance et l’Erreur alloienl ternir leur gloire.
Et briser leurs autels :
Il falloit qu’un héros, de qui la terre entièreAdmire les exploits ,
Leur offrît un asile , et fournît de matière 11A leurs divines voix.
Elles éioicnt au ciel ; et la Nymphe qui voleEt qui parle toujours
Ne les vit pas plus tôt, qu’elle prit la parole,
Et leur tint ce discours :
» Puisqu'un nouvel Auguste aux rives de [a Seine
• Vona appelle eu cc jour,
• Muscs, pour voir Loris, abandonnez sans peine
« Le céleste séjour.
« Aussi-bien voyez-vous que plusieurs des dieux même,
• De sa gloire éblouis,
« Prisent moins le nectar que le plaisir extrême
• D’être auprès de Louis.
« A peine înarchoit-il, que la fille sacrée« Qui se plaît aux combats,
« Et Thémis, qui préside aux balances d’Astrée ,
« Conduisirent se» pus.
• Les vertus, qui dès lors suivirent leur exemple ,
«Virent avec plaisir
. Que le cœur de Louis éfoit le plus beau leuipln
• Qu’elles pussent choisir.
« Aussi prompte que tout, nous vîmes la Victoire« Suivre ses étendards,
• Jurant qu’à si haut point elle mettroit sa gloire,
« Qu’ou le prendront pour Mars.
« On sait qu’elle marchoit devant cet Alexandre ,«Etque, plus d’nne fois,
« Elle arrêta la Paix toute prête à descendre« Sur l’empire françois.
■ Mais enGn ce héros, plus craint que le tonnerre ,« Après tant de hauts faits,
> A trouvé moins de gloire à conquérir la terre« Qu’à ramener la Paix.
* Ainsi, près de Louis, cette aimable déesse
« Etablit son séjour;
1 El de mille autresdieux, qui la suivent sans cesse.«Elle peupla sa cour.
« Entre les déilés dont l’immortelle gloire« Parut en ces bas lieux,f On vit venir Tuéhèse ; et sa beauté fit croire«Qu’elle venoit des deux.
• Vous-même, en la voyant, avouerez quel’atirore
« Jette moins de clartés ,
« Eût-elle tout l’éclat et les habits encore« Dont vous la revêtez.
« Mais, quoique dans la paix Lorrs semble se plaire,« Quel orgueil aveuglé« Osera s’exposer aux traits de sa colère« Sans en être accablé ?
« Ab! si ce grand héros vous paroîl plein de charmes« Dans le sein de la paix,
» Que vos yeux le verront terrible sous les armes,
« S'il le» reprend jamais !
« Vous le verrez voler, plus vite que la foudre ,
« Au milieu des hasards,
«Faire ouvrir les cités, ou renverser en poudre« Leurs superbes remparts.
. Qu’il fera beau chanter tant d’illustres merveilles«Et de laits inouïs !
u Et qu’en si beau sujet vous plairez aux oreilles«Des peuples de Loi.isi
, Songez de quelle ardeur vous serez échauffées,
• Quand, pour vous écouler,
« Vous trouverez ce prince à l’ombre des trophées«Qu’il viendra de planter!