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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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38o O

Quand tu soulèves la natureContre h-urs projets inhumains,

Tu récompenses rua droitureEl linnocence de mes mains.

Malgré le siècle et ses maximes,

Tu vis mon cœur exempt de crimes :

Pouvoît-il en vain t'implorer ?

Dans mon transport vif et sincèreQuels seront mes soins à te plaire,

El mon ardeur à l'épurer!

De Ion amour et de ta crainte(Je cœur à jamais pénétréSera fidèle à ta loi sainte ;

Et mon triomphe est assuré.

L'impie aux traits de ta justiceCroit échapper : mais le suppliceTôt ou tai d atteint les pécheurs.

Toujours propice aux âmes pures,

Cest sur nos mœurs que tu mesuresTes châtiments et tes laveurs.

Tel est l'arrêt de la sagesse :

Tu soutiens lhumble vertueux,

Et tu confonds la folle ivresseDu criminel présomptueux.

Cest pour toi que je prends les armes :

Parmi le trouble et les alarmesEclaire ma fuible raison ;

Guide mes pas : et, clans mon zèle,

Tl nest rempart ni citadelleQue je ne force en ton saint nom.

Tu me reprends, tu me consoles :

Et le miel a moins de douceur 19 ,

Lor est moins pur que les parolesQue lu fais entendre à mon cœur.

Quel dieu plus saint, [dus adorable ,

Dans ses conseils plus admirable ,

Plus magnifique en ses bienfaits.'

Môme au milieu de ta vengeance,

Combien de fois tou indulgenceMen a-t-elle adouci les traits i

NOTES

1 Des premiers essais de Racine à «a Nymphe dela Seine, la distance est grande; et cependantcette pièce même nest pas exempte des vh-es dutemps, quon regardoit alors comme des beautés :elle attira au jeune auteur les éloges do Chapelainet de Perrault, et les bienfaits du roi. Il est à re-marquer que Chapelain fut le premier Mécène deRacine. Ce Mécène nétoit pas à dédaigner, puis-quil étoit honoré de la confiance de Colbert. Cefut à peu près dans'le même temps, vers 1661 ,quil termina une autre production, dont il ne

DES.

Tu mets un terme à ta justice ,

Et ton courroux sVst apaisé;

Ta main menlève au précipiceQue les méchants mavoienl creusé :

Tel ils m'ont vu dans nui jeunesse ,

Par les secours de ta tendresse,Renverser leurs desseins pervers ,Tromper leur rage, et, sur ton aile 20 ,Prendre lessor de rhirondelle 21 ,

Et menvoler dans les déserts.

Dieu des batailles, dieu terrible,

'1 u minstruis dans lart des combats!

Je le dois la force invincible

Qui soutient mon cœur et mon bras 22 :

Ce bras, armé pour leur supplice,

Me cessera , sous Dm auspice ,

De triompher et de punir.

Oui, dans le sang de tes victimes.

De leur blasphème et de leurs crimesJabolirai le souvenir.

Tandis quen proie à l'anathème,

Ils pousseront en vain des crisVers les humains, vers le dieu mêmeDont la fureur les a proscrits,

Sous mon règne heureux et tranquilleJe verrai mon peuple docileMoffrir le tribut de sou cœur.Létranger , forcé de me craindre ,

Sera réduit lui-infinie à feindreUn zèle ardent pour son vainqueur.

Tons «'es succès sont ton ouvrage;fit tu me vois en ce grand jour,

Dieu dIsraël, en rendre hommagej A ton pouvoir , à ton amour,

j Étends tes soins jusquà ma race ;

/ A mes enfants , m cc la grâce ,

j Transmets ma glnire et mes étals:

i Peux tu signaler ta puissance

i Avec plus de magnificence

i Qu'en protégeant les potentats !

DES ODES.

nous reste que Je titre : cétoît un petit poème in-titulé : Les Bains de Vénus. Racine le composa pen-dant son séjour à Uzès, et lemoya à son ami LaFontaine. Geoffroy.

2 Sassnroient pour te' rassuroient : nous avonsvu dans Estker «I dans Aikalie même des exem-ples rie celte faute, qui probablement n'en étoitpas une alors. Geoffroy.

3 Flatter des yeux est une figure aussi heureuseque hardie.

4 Ce jeu de mots de conquête et conquérant avoit