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Quand tu soulèves la natureContre h-urs projets inhumains,
Tu récompenses rua droitureEl l’innocence de mes mains.
Malgré le siècle et ses maximes,
Tu vis mon cœur exempt de crimes :
Pouvoît-il en vain t'implorer ?
Dans mon transport vif et sincèreQuels seront mes soins à te plaire,
El mon ardeur à l'épurer!
De Ion amour et de ta crainte(Je cœur à jamais pénétréSera fidèle à ta loi sainte ;
Et mon triomphe est assuré.
L'impie aux traits de ta justiceCroit échapper : mais le suppliceTôt ou tai d atteint les pécheurs.
Toujours propice aux âmes pures,
C’est sur nos mœurs que tu mesuresTes châtiments et tes laveurs.
Tel est l'arrêt de la sagesse :
Tu soutiens l’humble vertueux,
Et tu confonds la folle ivresseDu criminel présomptueux.
C’est pour toi que je prends les armes :
Parmi le trouble et les alarmesEclaire ma fuible raison ;
Guide mes pas : et, clans mon zèle,
Tl n’est rempart ni citadelleQue je ne force en ton saint nom.
Tu me reprends, tu me consoles :
Et le miel a moins de douceur 19 ,
L’or est moins pur que les parolesQue lu fais entendre à mon cœur.
Quel dieu plus saint, [dus adorable ,
Dans ses conseils plus admirable ,
Plus magnifique en ses bienfaits.'
Môme au milieu de ta vengeance,
Combien de fois tou indulgenceM’en a-t-elle adouci les traits i
NOTES
1 Des premiers essais de Racine à «a Nymphe dela Seine, la distance est grande; et cependantcette pièce même n’est pas exempte des vh-es dutemps, qu’on regardoit alors comme des beautés :elle attira au jeune auteur les éloges do Chapelainet de Perrault, et les bienfaits du roi. Il est à re-marquer que Chapelain fut le premier Mécène deRacine. Ce Mécène n’étoit pas à dédaigner, puis-qu’il étoit honoré de la confiance de Colbert. Cefut à peu près dans'le même temps, vers 1661 ,qu’il termina une autre production, dont il ne
DES.
Tu mets un terme à ta justice ,
Et ton courroux sVst apaisé;
Ta main m’enlève au précipiceQue les méchants m’avoienl creusé :
Tel ils m'ont vu dans nui jeunesse ,
Par les secours de ta tendresse,Renverser leurs desseins pervers ,Tromper leur rage, et, sur ton aile 20 ,Prendre l’essor de rhirondelle 21 ,
Et m’envoler dans les déserts.
Dieu des batailles, dieu terrible,
'1 u m’instruis dans l’art des combats!
Je le dois la force invincible
Qui soutient mon cœur et mon bras 22 :
Ce bras, armé pour leur supplice,
Me cessera , sous Dm auspice ,
De triompher et de punir.
Oui, dans le sang de tes victimes.
De leur blasphème et de leurs crimesJ’abolirai le souvenir.
Tandis qu’en proie à l'anathème,
Ils pousseront en vain des crisVers les humains, vers le dieu mêmeDont la fureur les a proscrits,
Sous mon règne heureux et tranquilleJe verrai mon peuple docileM’offrir le tribut de sou cœur.L’étranger , forcé de me craindre ,
Sera réduit lui-infinie à feindreUn zèle ardent pour son vainqueur.
Tons «'es succès sont ton ouvrage;fit tu me vois en ce grand jour,
Dieu d’Israël, en rendre hommagej A ton pouvoir , à ton amour,
j Étends tes soins jusqu’à ma race ;
/ A mes enfants , m cc la grâce ,
j Transmets ma glnire et mes étals:
i Peux tu signaler ta puissance
i Avec plus de magnificence
i Qu'en protégeant les potentats !
DES ODES.
nous reste que Je titre : c’étoît un petit poème in-titulé : Les Bains de Vénus. Racine le composa pen-dant son séjour à Uzès, et l’emoya à son ami LaFontaine. Geoffroy.
2 S’assnroient pour te' rassuroient : nous avonsvu dans Estker «I dans Aikalie même des exem-ples rie celte faute, qui probablement n'en étoitpas une alors. Geoffroy.
3 Flatter des yeux est une figure aussi heureuseque hardie.
4 Ce jeu de mots de conquête et conquérant avoit