IDYLLE SUR LA PAIX’.
1685 .
ITn plein repos favorise tos vœux :
Peuples, chantez la Paix, qui vous rend tous heureux.
Un plein repos favorise nos vœux :
Châtiions, chantons laPaix, qui nous rend Ionsheureux.
Charmante Paix , délices de la terre ,
Fille du ciel, et mère des plaisirs,
Tu reviens combler nos désirs;
Tu bannis la terreur et les tristes soupirs,Malheureux enfants de la guerre.
Un plein repos favorise nos vœux :
Chanions» chantons la Paix, qui nous rend tousheureux.
Tu rends le fils à sa tremblante mère :
Par toi la jeune épouse espèreD’être long-temps unie à son époux aimé;
I)e Ion retour le laboureur charméNe craint plus désormais qu’une main étrangèreMoissonne avant le temps le champ qu’il a semé;Tu pares nos jardins d’une grâce nouvelle:
Tu rends le jour plus pur, et la terre plus belle.
Un plein repos favorise nos vœux ;
Chantons, chantons la Paix, qui nous rend tousheure ux.
Mais quelle main puissante et secourabîeA rappelé du ciel celle Paix adorable?
Quel dieu, sensible aux vœux de l’univers,
À replongé la discorde aux enfers?
Déjà grondoient les horribles tonnerres 2Par qui sont brisés les remparts;
Déjà marchoit devant les étendardsBcllone , les cheveux épars,
Et se flalloit d’éterniser les guerresQue sa fureur soufüoitde toutes parts.
Divine Paix, apprends-nous par quels charmesUn calme si profond succède à tant d’alarmes.
Un héros, des mortels l’amour et le plaisir,
Un roi victorieux vous a fait ce loisir s .
Un héros, des mortels , l’amour et le plaisir.
Un roi victorieux nous a fait ce loisir.
Ses ennemis, offensés de sa gloire ,
Vaincus cent fois , et cent fois suppliants ,
En leur fureur de nouveau s’oubliants 4 ,
Ont osé dans ses bras irriter la victoire s .
Qu'ont-ils gagné , ces esprits orgueilleux,
Qui menaçoient d’armer la terre entière?
Ils ont vu de nouveau resserrer leur frontière;
Us ont vu ce roc sourcilleux s ,
De leur orgueil l’espérance dernière,
De nos champs fortunés devenir la barrière 7 .
Un héros, des mortels l’amour et le plaisir,
Un roi victorieux nous a fait ce loisir.
Son bras est craint du couchant à l’aurore :
La foudre, quand il vent, tombe aux climats gelés 8 ,Et sur les bords par le soleil brûlés :
De son courroux vengeur, sur le rivage more 9 ,
La terre fume encore.
Malheureux les ennemisDe ce prince redoutable !
Heureux les peuples soumisA son empire équitable !
Chantons, bergers, et nous réjouissons:
Qu’il soit le sujeL de nos fêtes.
Le câline dont nous jouissonsNVst plus sujet aux tempêtes.
Chantons , bergers , et nous réjouissons :
Qu'il soit le sujet de nos fêtes.
Le bonheur dont nous jouissonsLe flatte autant que toutes ses conquêtes.
De ces lieux l’éclat cl les attraits,
Ces fleurs odorantes ,
Ces eauxbondissantes 10 ,
Ces ombrages frais,
Sont des dons de ses mains bienfaisantes.
De ces lieux l’éclat et les attraitsSont des fruits de ses bienfaits.
Il vent bien quelquefois visiter nos bocages;
Nos jardins ne lui déplaisent pas.
Arbres épais , redoublez vos ombrages ;
Fie urs , naissez sous ses pas.
O ciel, ô saintes destinées,
Qui prenez soin de ses jours florissants,Retranchez de nos ansPour ajouter à scs années.
Qu’il règne, ce héros, qu'il triomphe toujours;Qu’avec lui soit toujours la Paix ou la Victoire ;Que le cours de ses ans dure autant que le coursDe la Seine et de la Loire.
Qu’il règne ce héros , qu’il triomphe toujours ;Qu’il vive autant que sa gloire !