FRAGMENTS
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rosse. M- l’amiral 5 étoit de celle armée-lâ. Onauroît pu prendre Gand et Yprns; mais M. deTurerme eut peur d’attirer les Anglois et les ïTol-landois, et que la guerre ne Unît. Il étoit haï detout le monde . surtout des ministres, qu'il iiisul-toit tous les jours. 31. Le Tei/ier envovoit toujoursdemander à .Humières où on alloit camper. Ilavoit décrié tous les imrérhaux dans l’esprit duroi, surtout le maréchal de Gramont 6 , qui éloitau désespoir, et qui monta la tranchée à ta têtedes gardes. Tl poussoit Duras , et le favorisoit entoutes rencontres. Il voulut faire attaquer le châ-teau de Tournai par Lauzun déjà favori, quoiqueHumières fût de jour, Ilellcfonds étoit aussi fortfavorisé du roi et de M. de Turcmie. Beücfondsne voulut point du gouvernement de I.illc, pourne pas quitter la cour : et Turcnne le lit donner àHumières, qui se remit on grâce avec lui. Hu-mières se plaignoit aussi de Dura* . à qui , ausiège de Tournai, on avoit donné une brigadeforL bonne , qui étoit au quartier d’IIumîcres , etqui ne voulut pas laisser aller la brigade de LaVallette, et les garda toutes deux.
Pradelle servoit aussi de lieuteuant - général,brave homme , mais pas plus capable qu’il estaujourd’hui. Leroi l’aiiiioit assez.
Aprèsla paix, Turerme eut Lien du dessous. Tldemanda quartier au comte de Gramont, quil’accabloît de plaisanteries. Cn jour le roi pensadire des rudesses là-dessus à ce cumin, à ce quedisoit Turemic.
31. le Prince entend bien mieux les sièges que3L de Turenne.
Le marquis de Créqui no parut que sur la finde la campagne à l’affaire de Marsin 7 .
On ne fortifia point Alo^t, place importante, etqui avnit coupé tous les Pays-Bas , pareequ’onavoit trop peu de troupes pour en mettre danstant de places.
31. de Turcnne auroît bien voulu aller recon-noître Termonde avant que de l’attaquer; maisle roi vouloit être partout. On y alla donc avecl’armée. On n’a jamais conçu l'état des places duPays-Bas aussi pitoyable qu'il étoit, même à cedernier voyage.
Si, avant la guerre de Fianclre , on eut donnéau roi Cambrai, ou même Bcrgues, il se seroitpeut-être contenté. Lionne, surtout, étoit au dés-espoir de la guerre.
La duchesse de Bouillon étoit aussi zélée ca-tholique que mademoiselle de Bouillon , sa belle-ëd'ur , étoit zélée huguenote. Celle-ci, extrême-ment fière , ue pouvoit digérer de voir sa maisondépouillée de la principauté de Sedan, cl vouloittoujours marcher d'égale avec les maisons souve-raines. Aussi fut-elle une des principales causesde tous les partis que le duc de Bouillon et Tu-renne, son frère , prirent contre la cour.
La tenta si era ancora que les deux frères Bouil-lon et Turenne, tous deux grands-maîtres en faitde guerre , et le premier principalement joignantaux qualités militaires celles de fin courtisan etde très habile négociateur, avoient hérité ta tor-bidezza del anima du père , chef de la faction hu-guenote : de sorte qu’ayant sucé tous deux avec le
/ait un esprit de faction et d’ambition, il ne falloitpas grand art ni grande rhétorique pour les en-gager dans un parti d’où ils allendoient des avan-tages , comme ta riscossa di Sedano, et beaucoupd’autres qu'ils espéroient pêcher en eau trouble.
Messieurs de Bouillon sont princes par brevet,mais ce brevet ne fut point enregistré , comme. l’échange l'a été. Ce fut depuis ce brevet queM. de Turenne ne voulut plus prendre la qualitéde maréchal de France ; et ce fut mademoisellede Bouillon , sa sœur, qui l’cti détourna. Il ne setrouva plus aux assemblées dos maréchaux, et en-voyoit même leur recommander les affaires pourlesquelles on le sollicitoit. Les maréchaux furentsur le point de le citer, mais n’osèrent.
M. DF. SCHOMBERG*.
Son grand-père amena des troupes au service deHenri IV, lorsque le prince Casimir en amena: etM. de Schomberg prétend qu’il lui en est encore dûde l’argent.
Son père fut gouverneur de l’électeur Palatin ,depuis roi de Bohême ; ce fui lui qui alla en An-gleterre négocier le mariage avec la princesseElisabeth.
Le roi d’Angleterre lui donna une pension dedix mille éeus , dont il fut paye toute sa vie.
Il eut beaucoup de part aux partis qui se for-mèrent en Bohême pour l’électeur, cl mourut àIre.ute-lrois ans, avant que ce prince fût élu roi.
>L de br.tiinuhei'g n’avoil que sept Ou Luit moisà la mort de son père. Il dit que l’électeur voulutêtre son tuteur , et nomma quatre commissairespour administrer son bien. Il prétend de grandessommes de M. l’électeur Palatin pour cette admi-nistration , dont on ne lui a pas rendu compte.
Il se trouva à seize ans a la bataille de Nortlin-gue, où le duc de Veymar fut défait. Il se trouvaaussi à la fameuse retraite de Mayence: 31. deBanl/.au lui donna iinecoinpagnie d'infanterie dansson régiment. Il se trouva à la retraite de devantDôle , sous le même 31. de llantzau. Il fut faitcommandant dans Verdun sur-Sanne, avec uu ba-taillon , et se trouva au secours de Saint-Jean-de-Lône , assiégé par Galas , la même année du siègede Dole-
Hermenstein ayant été pris par les ennemis , lecardinal de Richelieu , piqué au vif de celte perte,donna ordre à M. deRantzau de lever en Allema-gne douze mille hommes. Ranlzan lit celle levéefort lentement. s’amusa vers Hambourg , se mariaà sa cousine, et se laissa enlever un quartier. Pouravoir sa revanche, il envoya Schomberg avec destroupes pour enlever un quartier des ennemis quiétoieut dans \ortbauseu. Il tomba sur une gardede dragons qui étoient bois de la place , et entradedans pêle-mêle avec les fuyards. Il étoit alorsmajor du régiment de cavalerie de Bantzan . etavoit, outre cela , une compagnie franche de dra-gons Vers ce teuips-là , le cardinal de Richelieu ^mécontent de Bantzau , le congédia.
Schomberg se maria; et parceque l’empereuravoit fait confisquer tous ses biens , il quitta le ser-