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FRAGMENTS
alissi la plupart des princes de J’Empire , parl'inquiétude que leur cause un voisinage si redou-table.
Dans toute la guerre d'Allemagne , la France etla Suède ont plus combattu J’Empire avec dessoldats allemands qu’avec leurs propres soldais.Et du lemps même de Charles-Quint, tout grandet puissant qu’il étoit, François 1 er avoit dans sestroupes tout autant d’Allemands qu’il vouloit. Car,outre l’argent que la France peut répandre enabondance , les Allemands s’accommodent mieuxavec les François qu’avec les Espagnols.
Le titre d’excellence étoit inconnu en Allemagneavant l'assemblée de Munster, et les Allemandsne vonloiem point l’introduire comme étranger,et qui sonnoit mal dans leur langue. Mais commeils virent que les étrangers se le donnoient les unsaux autres, ils souhaitèrent d’être traités commeeux pour ne leur pas paroitre inférieurs en rien.Les ambassadeurs de l’empereur le prirent, eteurent ordre de le donner à ceux des électeurs.Le seul électeur de Saxe défendit à ses ministresde le prendre, et leur ordonna de laisser auxétrangers leurs cérémonies. Les ministres desprinces d’Allemagne non électeurs , jaloux de cequ’on le donnoit aux députés des électeurs, et nonpoint à eux, évitoient avec soin de le donner à per-sonne , et mirent au nombre de leurs grief» cettenouvelle coutume , comme contraire à l’usage del'empire germanique.
STRASBOURG.
Un édit de Ferdinand II ordonne aux magistra lset aux habitants de Strasbourg , senatui poputoqueArgentinenst, de restituer l’église cathédrale, ettoutes les églises paroissiales, qu’eux on leurs pèresont usurpées sur les catholiques, et de restitueraussi ions les revenus, décimes, droits, privilèges,meubles, ornements, et généralement toutes cho-ses appartenant légitimement à l’évêque ou auxecclésiastiques, de rétablir les catholiques dans ledroit de bourgeoisie et tous leurs antres droits ethonneurs. L’arcbidoc Léopold, lil« de Ferdinand,étoit alors évêque de Strasbourg et de Passau. Ilparoît, par cet édit, que, dans les premiers trou-bles d’Allemagne, causés par l’hérésie de Luther,ceux de Strasbourg, ayant de bonne heure em-brassé In religion protestante , s’éloient emparésdes églises et de la maison épiscopale , avaient en-suite privé les catholiques de tous droits de bour-geoisie , et usurpé tous les biens et revenus ecclé-siastiques dans leur ville.
Par l’édit de pacification de Passau , en j 55o ,il étoit ordonné que les deux religions seroientlibrement exercées dans toutes les villes , tant li-bres qu’impériales, et que les protestants ne trou-blevoient et n’offenseroient en aucune sorte 1rscatholiques. 11 étoit même arrivé qu’en l’an i52get en l’an i54p les catholiques, à Strasbourg,avoient commencé de se remettre en possessionde ce qui leur appartenait. Mais depuis, sansavoir égard à l’édit de Passau, les protestants , eni55g et i56i, s’emparèrent tout de nouveau de
l’église et de la maison épiscopale, et de toutes lesautres paroisse», y mettant des ministres de leurreligion : en un mot, défendirent absolument l’u-sage de la religion catholique, et exclurent tousles catholiques du droit de bourgeoisie et de l’en-trée aux charges.
L’édit de Ferdinand est de 1627, au mois d'a-vril. L’auteur parle de grands troubles excités versl’an 1600, entre les chanoines de Strasbourg,catholiques et protestants , pour l’église cathé-drale, jusqu’à l’an 1604., qu’on fil une transactionpar laquelle toutes choses demcnroienl suspen-dues pour quinze ans. En 1620, celle transactionfut encore prolongée à Uaguenau pour sept ans,lesquels étant expirés, le grand-vica : re , le doyenet le chapitre de Strasbourg, en l’absence de l’ar-chiduc leur évêque, présentèrent une requête àl’empereur, en conséquence de laquelle il leur fitintimer l’édit dont il est question.
VIENNE.
Comme le roi de Pologne fut monté à chevalpour aller secourir Vienne , la reine le regardoiten pleurant, et embrassant un jeune fils cru’elleavoit. Le roi lui dit : « Qu’avez-vous à pleurer ,■ madame ? » Elle répondit : « Je pleure de cc que« cet enfant n’est pas en état de vous suivre comme«. les autres. » Le roi s’adressant au nonce, lui dit :« Mande/, au pape, que vous m’avez vu à cheval ,« et que Vienne esl secourue. »
Après la levée du siège , il a écrit au pape : « Je* suis venu , j’ai vu , et Dieu a vaincu. » Tl avoitmandé à l’empereur, lorsqu’il étoit eneore en che-min, qu’il n’y avoit qu’à ne point craindre lesTurcs, et aller à eux.
J’ai ouï dire à M. le Prince, aux première» nou-velles de ce siégé, que si la tête n’avoil pointentièrement tourné aux Allemands , le plus grandbonheur pour l'empereur étoit que les Turc» eus-sent assiégé Vienne.
La première nouvelle de la levée du siège a étéque les Turcs avoient été battus. Le jour d’après,on a dit qu’ils sVtoient retirés.
Les cardinaux ont envoyé à l’empereur centmille écus , les dames romaines autant, eL le papedeux fois autant.
Le roi, dès qu’il eut reçu la nouvelle du siègelevé, l’envoya dire au nonce.
Le roi de Pologne-joue tous Ie3 soirs à Colin-Maillard : on dit qu’on le fait jouer de peur qu’ilne s’endorme.
Insolence des bourgeois d’Anvers : à leur feud’artilice, ils ont représenté le Grand-Turc, unprince d'Europe et Je diable, ligués tous trois,qu’on a fait sauter, disent-ils , en l’air, avec l’ap-plaudissement de tous les spectateuts.
POLOGNE.
Les Cosaques commencèrent à se soulever en164S, un peu avant la mort du roi Ladislas.
Ce prince avoit dessein de faire la guerre aux