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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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HISTORIQUES.

DE WIT.

(i'étoit sur le pensionnaire de Wit que roulottla principale conduite des aflaires des Étals :homme zélé pour la république , el ennemi de lamaison dOrange, quil tenoit le plus bas quilpouvoir. 11 avoit hérité ces sentiments de sonpère » vieux magistrat de Dort, quon regardoilautrefois comme le chef du parti opposé au princeGuillaume. Ce prince, jeune et entreprenant ,fier de lalliance du roi dAngleterre , qui lui avoitdonné sa fille , regardoil le titre de gouverneur etde capitaine général des États comme trop au-des-sous de lui, et aspiroit assez ouvertement à la mo-narchie. Il fit arrêter Wit dans son liôtel à LaHaye , et lenvoya prisonnier, avec ciuq des prin-cipaux de ce parti, dans son château de Louves-teiu. Eu même temps il marcha vers Amsterdam,quil avoit fait investir, et ne manqua que dequelques heures la prise de cetic grande ville. Onpeut dire avec assez de certitude quil ny avoitplus de république de Hollande, si la mort de neprince , quon croit même avoir été avancée parquelque breuvage, neût interrompu tous ses des-seins. Il laissa sa femme enceinte du prince quivit aujourdhui, dont elle accoucha deux moisaprès la mort de son mari. La Zélande et quel-ques autres provinces vouloicnt quil succédât àtoutes les dignités de son père; mais la provincede Hollande, la faction de Wit étoit la plus forte,empêcha que celte bonne volonté neût aucun ef.fet. La charge de gouverneur et de cajntaine géné-ral ne fut point remplie ; et les États semparèrent,et de la nomination des magistrats ,*el de tous lesautres privilèges attachés à cette charge. On pré-tend que le vieil Wit, avant que de mourir , necessoit dencourager son fils à labaissement decette maison , dont il regardoit lélévation commela ruine de la liberté, et quil répétoit souvent cesparoles : « Souviens-toi, mon fils, de la prison de< Louveslein. i

LES TURCS.

Saint Louis fut le premier qui traita el prit dessûretés pour le commerce avec le Soudan dEgypte,et fit établir des consuls à Alexandrie , en Egypte ,et à Tripoli de Syrie. Les Circassiens et les Ma-melucks étoient bien plus traitables et moins in-justes que les Turcs. Depuis ce temps-, les roisde France ont toujours eu un ambassadeur ou unagent à la Porte , et pour l'intérêt du commerce ,et pour détourner les Turcs dattaquer les terresde lÉglise.

Tous les chrétiens dEurope , que depuis saintLouis on a appelés Francs dans le Levant, y ontnégocié sous la bannière, de France. Les Ragu.sains sont les premiers qui sen sont tirés, se pré-tendant sujets ou sous la protection du grand-sei-gneur : les autres ont tâché successivement defaire leurs affaires à part.

Le roi Charles IX pria Ja Porte denvoyer re-commander en Pologne les intérêts du due dAn-

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jou. Le premier balla y envoya un chiaoux pourrecommander publiquement ce prince , el secrè-tement un grand seigneur polonois, au cas quela chose pût réussir: sinou , ordre à lui dappuyerde tout son pouvoir le duc, et de menacer mêmede la guerre, si ou élisoil un Moscovite ou un An.trichien.

Lévêque de Noailles, ambassadeur à la Porte ,écrivoit ainsi à Monseigneur, car on appeloit dela sorte le duc dAnjou : « Ramenez bientôt les« François voir les Palus-Méotides , d ils sorti-rent lorsqu'ils vinrent sétablir en Franconie« avant que de passer le Rhin.

Cet évêque conseilloît fortement à Charles IXde ne point faire de ligue avec les Espagnols etles Vénitiens contre Se Turc, mais bien plutôtdentretenir avec lui bonne correspondance, afinde reprendre sur les Espagnols ce quils avoicutpris à la France.

Le duc dAnjou avoit tu dessein de se faire roidAlger, à quoi les Turcs ne voulurent point en-tendre ; mais au lieu de cela ils offroient à laFrance, si elle se vouloit joindre à eux , de don-ner au duc tout ce quils prendroient en Italie :et Tévêque dAx étoit de ccl avis.

Les Turcs disoient que le duc dAnjou ne vou-drait jamais être leur tributaire : car ils appellenttribut les présents que l'empereur leur fait , etceux que la Pologne leur faisoit encore,

ALLEMAGNE.

La Transylvanie est divisée en sept comtés,sept villes et sept sièges. Les sept comtés sont lesSaxons, qui se prétendent originaires de Saxe, etsuivent les mêmes coutumes et les mêmes chan-gement» de religion ; les sept villes sont Jes origi-naires du pays; les sept siège» sont les Secfers,ainsi appelés de Chek * 2 , qui, en langue du pays,signifie siège. Quelques uns les font mal à proposdescendre des Siciliens qui vinrent en Hongrieavec un roi de Naples.

Le grand-seigneur prétendoit nommer lui seul àla principauté de Transylvanie; mais il renonça ,par le traité de i664, au droit quil prétendoit avoir<ly nommer, et il fut dit que les étals du paysnommeroienl leur prince,

Soliman fui appelé en Hongrie par Jean Zapo-lia, qui sétoit fait élire par Jes peuples, malgréles prétentions de Ferdinand , qui prétendoit suc-céder au droit de Ladislas; Soliman vint en Hon-grie, la conquit, et la rendit tout entière à Zapolia.Mais comme ce Zapolia étoit encore opprimé parlempereur, Soliman vint, qui sempara de toutela Haute-Hongrie , la retint pour lui, et investitZapolia de la principauté de Transylvanie , quifaisoit partie du royaume de Hongrie, et qui étoitgouvernée par un vayvodc quy meUoieul les roisde Hongrie,

LAllemagne, par la paix de Munster, a logédeux puissances formidables à ses deux extrémités :les Suédois dans la Poméranie, et les Françoisdans lAlsace ; dangereux voisins qui balancent àla vérité la maison dAutriche, mais qui /puisent

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