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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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mais les Etats croient quil y va de leur honneur,

La France ayoit intérêt à cette paix dans leBrésil, afin que les Portugais neussent plus den-nemis que les Espagnols.

Les Hollandois, aussitôt après quils eurent traitéavec lEspagne , envoyèrent des ministres dans lesterres qui leur étoient cédées, et en Jirent chasserrigoureusement les ecclésiastiques, sans que lesEspagnols osassent protéger le moins du mondeles catholiques.

Brasset, après le traité des Hollandais avec lEs-pagne, leur déclara, de la part de la reine, quellelie ponvoit plus observer le traité de marine faitavec eux en 1646 , par lequel ils pouvoient portersur leurs vaisseaux des blés et autres denrées auxEspagnols.

Ils auroient voulu que toute lEurope fût enguerre lorsqu'ils se virent eu paix avec lEspagne*et quelques uns d'entre eux nosérent accepter lacommission de plénipotentiaires à Munster, depeur que si la pais générale venoit à se faire, ilsnen fussent blâmés par les États.

Le commandeur de Souvray arriva à La Hayele 19 septembre 1G4S , en qualité dambassadeurextraordinaire du grand-maître de Malle, pour de-mander la restitution des cominamleries usurpéespar les Hollandois. Les Etats déclarèrenl quils nereconnoissoieiit point le grand-maître, et par con-séquent quils ne reconnoissoieut point Souvraypour ambassadeur. Grand nombre de chevaliersvouloienl quon semparât des vaisseaux hollandoisquon uouvcioil dans la Méditerranée. Mais lesautres, plus modérés, furent davis de remettre àlin autre temps à prendre leur résolution, pourne pas sengager dans une guerre dont ils 11c sor-tiroient pas quand ils vuudroient.

Charnacé fut le premier qui traita daltesse lecapitaine-général des Provinces-!, T nies.

DAvaux et La Thuilicrie étant à Venise ne don*lièrent jamais lexcellence aux ambassadeurs desEtats, quoiquils leur donnassent la main chez eux.

Plainte des plénipotentiaires de France contreles demandes des Hollandois, qui vouloienl quonles traitât de pair avec Venise.

PORTUGAL.

En i 5 oo, les Portugais 58 découvrirent le Brésil,distant de la Guinée environ 45 o lieues. PéralverezCabrai, capitaine du roi de Portugal, en prit pos-session pour le roi son maître, sept ans après ladécouverte du Nouveau-Monde par ChristopheColomb. Le pape, pour conserver la paix entreles couronnes de Castille et de Portugal, ordonnaque chacune jouiroit des terres quelle pourroitdécouvrir , en tirant une ligne dun pôle à lautre,qui les séparât des îles Açores et des îles du Cap-Vert, à la distance de cent lieues.

Les Castillans se rendirent maîtres du Brésillorsque le Portugal tomba sous la puissance dePhilippe II, et tuèrent tout ce qui leur osa fairerésistance.

Les Hollandois, vers lan 162 3 , non contents defaire la guerre en Europe au roi dEspagne , vou-

lurent encore la lui faire dans le Nduveau-Mondc.Ils passèrent la ligne , et, étant abordés au Brésil,semparèrent de Fernambouc, du Récif, du Capde Sainl-Augusiin, en un mot, de toute la côte, de-puis Siara jusquà la baie de Tousles-Saiuts, quidemeura toujours aux Castillans. Cette conquêtesètou faite aux dépens de quelques particuliers, etnon point de létat. Ces particuliers voyant lesgrandes richesses quils pouvoient tirer du Brésil,tant par le débit du sucre que par le débit du boisde Brésil, demandèrent aux Étals quil leur fûtpermis détablir une compagnie, avec pouvoir denommer des oliicieis de justice, guerre et marine,dans les Inde?, pour trente ans ; après quoi tout cepays quils auroient conquis appartiendrait auxEtats, auxquels cependant la compagnie prèteroitserment de (idélité. Cela fut approuvé; et oinsifutétablie la compagnie des Indes occidentales, en1624. Elle composa un conseil de directeurs, aunombre de dix neuf, entre lesquels ils mirent parhonneur le prince dOrange. Cette compagnie netarda guère à étendre ses conquêtes, et ils sem-parèrent de toute la côte qui est depuis la capi-tainerie de Siara jusquà la baie de Tous-les-Saints, cest-à-dire de plus de trois cents lieues decôtes. Ils établirent un conseil politique, qui rési-doît au ilécif, qui jugeoit souverainement detoutes les affaires. Ils exigeoienl de grands tributsdes Portugais leurs vassaux, qui travailloient àfaire le sucre, descendus de ces premiers Portugaisqui découvrirent le Brésil ; et, de crainte quils nese révoltassent contre eux, ilsleur ôtèrent toutes lesarmes à feu.

En 1641, la baie de Tous-lcs-Snints suivît larévolution de Portugal: les Castillans en furentchassés, et on y reconnut dou Jeun IV. Le gou-verneur fit part de ce changement aux Hollandoisdans le Récif, avec promesse de bien- vivre aveceux. Les Hollandois furent bien aises de la perteque les Castillan» faisoient, et cette même annéeils firent un traité de trêve pour dix ans avec lesPortugais ; et la compagnie des Indes voulut quele Brésil fût compris dans cc traité. Dès quil futsigné , ils envoyèrent des vaisseaux dans le Brésil,qui , au lieu daller droit au Récif, pour y fairepublier la trêve , allèrent en Guinée (mai 1642),et se saisirent dAngola 3S , de Loanda , et de quel-ques autres places des Portugais. Ils crièrent contre,cette mauvaise foi; et, voyant quon ne leur enfaisoit point de justice . ils résolurent de sen ven-ger à la première occasion.

Le vice-roi de la baie de Tous-les-Saints com-mença à faire de» pratiques parmi ceux de sa na-tion qui étoient au Récif, à Fernambouc cl auxautres places de la domination des Hollandois. IIgagna surtout Jean-Fernandez Viera, Portugais,qui, de simple garçon boucher, sétant mis auservice des Hollandois, sétoit extrêmement enri-chi , et qui avoit grand nombre desclaves sous lui,quil faisoit travailler au sucre, dans plusieurs in-génions ou manufactures de sucre qui lui appar-tenoient. Cet homme, qui avait beaucoup desprit,conspira avec ceux de sa nation pour secouer lejoug des Hollandois. Ils gardèrent long temps cedessein sans en rien faire paroîlrc. Au contraire,