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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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HISTORIQUE.

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encouru l’inimitié de madame de Monlespan, etque, long-temps avant l’époque de Ja paix de Ni-mèguc, on lui avoit ôté les fonctions d’hislorio-graphe. Comment donc supposer que, pour unouvrage entrepris postérieurement à 1678, dontmadame de Montespan avoit eu la première idée,et auquel on voulait donner tant d’eclat, on eûteu recours à la plume de Pélisson , au préjudicedes deux célèbres écrivains qui avoient pour euxles litres réunis de la place , du talent et de la fa-veur? L’erreur de l’abbé Lemascrier est d'autantmoins excusable , qu’ayant en communication lésmanuscrits de Pélisson, il n’y avoit rien trouvé derelatifs la guerre de 1673 , comme il en convientdans sa Préface, page 4 i , et que ce u’est que surdos conjectures qu’il s’est appuyé pour attribuer àcet historien l’ouvrage de Racine.

Enfin, en 1784, un autre éditeur, qu’on croit

Avant que le roi déclarât la guerre aux Étatsdes Provinces - Unies , sa réputation avoit déjàdonné de la jalousie à tous les princes de l’Eu-rope. Le repos de ses peuples affermi, l’ordre ré-tabli clans ses finances , scs ambassadeurs vengés,Uunkerque retirée des mains des Anglois, et l’Em-pire si glorieusement secouru, étoient des preuvesillustres de sa sagesse et de sa conduite ; et, parla rapidité de scs conquêtes en Flandre et enFranche-Comté, il avoit fait voir qu'il n’éloit pasmoins excellent capitaine que grand politique.

Ainsi, révéré de ses sujets, craint de scs enne-mis, admiré de toute la terre, il seiuhloil n’avoirplus qu’à jouir en paix d’une gloire si solidementétablie, quand la Hollande lui offrit encore denouvelles occasions de se signaler par des actionsdont la mémoire ne sauroit jamais périr parmi leshommes.

Celte petite république, si foible dans ses com-mencements, s’étant un peu accrue par le secoursde la France et par la valeur des princes de lamaison de Nassau, étoit montée à un excès d’a-bondance et de richesses qui la rendoient formi-dable à tous ses voisins : elle avoit plusieurs foisenvahi leurs terres, pris leurs villes et ravagéleurs frontières ; elle passoit pour le pays qui sa-voit le mieux faire la guerre; c’étoit comme uneécole où se formoient les soldats et les capitaines;et le* étrangers y alloieul apprendre l’art d’assié-ger les places et de les défendre. Elle faisoit toutle commerce des Indes orientales, où elle avoitpresque entièrement détruit la puissance des Por-tugais : elle traitait d’égale avec l’Angleterre, surqui elle avoit même remporté de glorieux avan-tages, et dont elle avoit tout récemment brûlé lesvaisseaux dans la Tamise; et enfin, aveuglée de saprospérité, elle commença à mécounoître la mainqui l’avoit tant de fois affermie et soutenue. Elleprélendit faire la loi à l’Europe : elle se ligua avecles ennemis de la France, et se vanta qu’elle seuleavoit mis des bornes aux conquêtes du roi. Elleopprima les catholiques dans tous les pays de sa

être Fréron le fils, fit imprimer ce précis histo-rique, sous le titre d 'Éloge historique de Louis JIF,sur ses conquêtes depuis 1673 jusqu’en 1678, parRacine et .Boileau. Cet éditeur, qui ignoroit queia même pièce eût déjà été imprimée en 1730 eten 1749, l’annonça, dans son avertissement, commela découverte récente d’un morceau jusqu’alorsinconnu , trouvé parmi les papiers de feu l’abbéVatry, à qui il avoit été confié par Valiucour. Ilest, dans cette édition de 178.4. , presque entière-ment semblable à celle de Mesnjer, de 1730; eton y retrouve les dernières pages que l’abbé Lemas-crier avoit jugé à propos de supprimer, et quiconstatent à quelle occasion et pour quel objet lesdeux illustres historiographes l’ont entrepris.

Nous restituons donc aux Œuvres de Racine unmorceau qui doit nécessairement en faire partie.

domination , et s’opposa au commerce des Fran-çois dans les Indes ; en un mot, elle n'oublia riende tout ce qui pouvoit attirer sur elle l’orage quila vint inonder.

Le roi, las de souffrir ses insolences, résolut deles prévenir. J 1 déclara la guerre aux Hollandoissur le commencement du printemps 3 , et marchaaussitôt contre eux.

Le bruit de sa marche les étonna. Quelque cou-pables qu’ils fussent, ils ne pensoient pas que lapunition dut suivre de si près l’offense. Ijs avoientpeine à imaginer qu’un prince jeune, né avectoutes les grâces de l’esprit et du corps, dans l’a-bondance de toutes choses, au milieu des délicescl desplaisirs qui seinliloient le chercher en foule,pût s’eu débarrasser si aisément pour aller, loinde son royaume, s’exposer aux périls et aux fa-tigues d’une guerre longue et fâcheuse , et dontle succès étoit incertain. Ils se rassuroient pour-tant sur Je bon état où ils crojoient avoir misleurs places.

En elfet, comme le tonnerre avoit grondé fortlong-temps, ils avoient eu le loisir de les rempliril’liiininms, de munitions et de vivres. Ils avoientfortifié tous les bords de l’Issel ; le prince d'Oran-ge, pour défendre ce passage, s’y étoit campé avecune armée nombreuse. Le Rhin, du tous les ou-tres côtés, couvroit leur pays : l’Europe étoit dansl’attente de ce qui alloit arriver. Ceux qui con-noissoîent les forces de la Hollande, et la bontédes places qui la défendoîent, ne pensoient pasqu’au la pût seulement aborder; et ils publioietilque la gloire du roi seroit assez grande si, entoute sa campagne, il pouvoit emporter une seulede ces places. Quel fut donc leur elonnement,ou plutôt quelle fut la surprise de tout le monde,lorsque l’on apprit qu’il uTûit mis le 6iége devantquatre fortes villes en même temps , et que ,sans qu’il eût fait ni lignes de circonvallation nide contrevallation, ces quatre villes s’ètoient ren-dues à discrétion au premier jour de tranchée

Un exploit si extraordinaire, si peu attendu, jeia

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