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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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DTI SIEGE DE NAMUR.

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Ce même jour les ponts de bateaux furent partoutachevés, cl la communication des quartiers en liérenient établie.

Il restoit encore les quartiers de Boufflers et deXimcnès à visiter. Le roi s’y transporta donc levingt-huitième, et ayant passé la Sambre à laBlanche-Maison, et la Meuse au-dessous du villagede Iluépion, reconnut tout le côté de la place quiregarde le Condros , reconnut aussi le faubourgde Jambe , où les ennemis s’éioient retranchés aubout du pont de pierre qu’ils y avoieut sur laMeuse; étayant remarqué le long de cette rivièreune petite hauteur d’où on vnyoit à revers les ou-vrages de la porte de Saint-Nicolas qui est del’autre côté, 51 commanda qu’on y élevât des bat-teries. Ces derniers jours et les suivants , les con.vois d’artillerie et de toute sorte de munitionsarrivèrent de Philippevilie par terre , et de Dî-nant par la Meuse; et on commença à cuire lepain dans le camp pour la subsistance des deuxarmées.

Ce fut vers ce temps-là que plusieurs dames dequalité de la province , qui s’étoient réfugiées dansJYainur, et plusieurs des dames même de la ville,firent demander par un trompette la permissiond’en sortir, ce qu’on ne jugea pas à propos deleur accorder. Mais ces pauvres dames , se con-fiant à la générosité du roi, et la peur des bombesl’emportant en elles sur toute autre considération ,elles sortirent à pied par la porte du château ,suivies seulement de quelques unes de leurs fem-mes qui po:toient leurs hardes et leurs enfants, etse présentèrent à la garde prochaine. Les soldatsles menèrent d'abord à la Blanche-Maison, présdes ponts qu’on avoil faits sur la Sambre, d’où Jeroi, qui eut pitié d’elles, et qui les fit traiterfavorablement, les fit conduire le lendemain àl’abbaye de Malogne , et de là à Philippevilie.

Vingt mille pionniers, commandés dans les pro-vinces conquises, étant arrivés alors à l’armée, ilsfurent aussitôt employés aux lignes de circonval-lation , aux ahatis de bois et aux réparations dechemins.

Les assiégés avoient encore quelque infanteriedans les bois , au-dessus des moulins à papier deSaint-Servais : mais le roi ayant ordonné qu’onl'en chassât, elle, ne tint point, et se renfermafort vile dans la ville.

La garnison étoit de neufmille deux cent qua-tre-vingts hommes, en dix-aept régiments d’infan-terie de plusieurs nations ; savoir, cinq allemandsdes troupes de Brandebourg et de Lunebourg,cinq hollandois , trois espagnols , quatre wallons ,et en un régiment de cavalerie et quelques com-pagnies franches. Le prince de Barbançon, gou-verneur de la province, l’étoit aussi de la ville etdu château , et toutes ces troupes avoient ordrede lui obéir. On ne doutoit pas qu’étant pourvu detoutes les choses nécessaires pour soutenir un longsiège , et ayant à défendre une place de celte ré-putation , également bien fortifiée et par l’art etpar la nature , une garnison si nombreuse ne sesignalât par une vigoureuse résistance, d’autantplus qu’elle n’ignorolt pas les grands apprêts quise faisoient pour la secourir.

Le roi, pour ne point accabler ses troupes detrop de travail , n’attaqua d’abord que la villeseule. On y lit deux attaques différentes; mais ily en «voit une qui n’étoit proprement qu’unefausse attaque, cl n’étoit celle qui étoit de delàlit Meuse; la véritable étoit en-deçà. Il fut résolud’y ouvrir, trois tranchées, qui se rejoindroientensuite par des ligues parallèles : la première lelong du bord de la Meuse , la seconde à mi-côtede la hauteur de Bouge, et la troisième par ungrand fond qui abouiissoit à la place du côté dela porte de fer.

Toutes choses étant donc préparées, la tranchéefut ouverte la nuit du vingt neuvième au tren-tième mai. Trois bataillons avec un lieutenant-général et un brigadier montèrent à la véritableattaque, et deux à la fausse, avec un maréchalde camp : ce qui fut continué, jusqu’à la prise dela ville. Le comte d'Auvergne, comme le plusancien lieutenant - général, monta la premièregarde. Dès cette nuit on avança le travail jusqu’àquatre vingts toises du glacis; on travailla enmême temps avec tant de diligence aux batteries,tant sur lu hauteur de Bouge que de l’autre côtéde la Meuse, que les unes et les autre-» se trouvè-rent bientôt en état de tirer, et de prendre la su-périorité sur le caaon de la place.

La nuit suivante , le travail qu’on avoit fait futperfectionné.

La nuit du trente-unième mai on travailla às’étendre du côté de la Meuse, pour resserrerd’autant plus les assiégés, cl les empêcher de fairedes sorties.

Le premier de juin on continua les travaux à lasape : l’artillerie ruinant cependant les défensesdes assiégés, qui, étant vus de front et à reversde plusieurs endroit» , n’osoient déjà plus.paroîtredans leurs ouvrages.

La nuit du premier au deuxième juin, on selogea sur un avant-chemin couvert, en-deeà del’avant-fossé que formeient les eaux des ruisseauxde Wédrin et de Bisnes. On tira ensuite une ligneparallèle pour faire la communication de toutesles attaques, et on éleva de l’aulre côté do laMeuse, sur le bord de l'eau , deux batteries quicommencèrent à tirer, dès la pointe du jour, cou»tre la branche dn demi-bastion- et contre la mu-raille qui règne 1e long de celte rivière. Ce mêmejour, sur les huit heures du malin , le marquis deBoufflers fit attaquer te faubourg de Jambe, queles ennemis occupoient encore , et s’en renditmaître. Sur le midi, l’avant-fossé de la porte deSaint-Nicolas se trouvant comblé,- et toutes chosesdisposées pour attaquer la contrescarpe, les gar-des suisses et le régiment de Stoppa , de la mêmenation, qui étoienl de tranchée sous le marquisde Tilladet, lieutenant-général de jour, y marchè-rent l’épée à la main, et l’emportèrent. Ils prirentaussi une petite lunette revêtue , qui défendoit lacontrescarpe , et se logèrent en très peu de tempssur ces dehors, sans que les ennemis, qui fai»soient de leurs autres ouvrages un fort grandfeu, osassent faire aucune tentative pour s’y ré.tablir. On leur tua beaucoup de monde en cetteaction.

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