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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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proche de la grande chaussée : et le roi , dans laplaine de Saint-Arnaud, entre Ligny et Flcurus.

La nuit suivante, il détacha le prince de üundéavec six mille chevaux et quinze cents hommes depied , pour aller investir Namur entre le ruisseaude Kisne et la Meuse , du coté de la Ilesbaye. Lesieur Quadt, avec sa brigade de cavalerie , l'in-vestît depuis ce ruisseau jusqu'à la Sambre. Lemarquis de Boufllers , avec quatorze bataillons etquarante-huit escadrons, faisant partie de l’arméequ’il assembloit, parut en même temps devant laplace, de l’antre côté de la Meuse; et enfin le sieurde Ximénès , avec les troupes qu’il venoit de tirerde Philippevillc et de Itinant, auxquelles le mar-quis de Boufllers ajouta encore douze escadrons,investit la place du côté du château, occupant toutle terrain qui est entre Sambre et Meuse, en tellesorte que Namur se trouva en même temps en-touré de tous côtés.

Le viugt-ciiiquième , l’armée du maréchal deLuxembourg alla camper sur le ruisseau d’Aure-nault, dans la plaine de Geinblours, et celle duroi auprès de Milinont et de Golzenne, au-delàdesMazis, d’où il envoya ordre au maréchal dedétacher le cnmlc de Montai avec quatre millechevaux, pour aller se poster à Longchamp et àGenevoux, proche des sources de la Mébaignc ; etle comte de Coigny , avec un pareil détachement,pour aller se poster à C.hassclel, près de Charte-roi. Le premier devoit couvrir le camp du roi ducôté du Brabant, et l’autre favoriser les convoisde Maubeuge, de Philippcville et deDinant,ettenir eu bride 3a garnison de Charlcroi et lescorps de troupes que les cnncDiis y pourvoient eu-voyer.

Le vingt-sixième, le roi arriva sur les six heuresdu matin devant Namur. Il reconnut d’abord lesenvirons de la place depuis la Sambre jusqu’auruisseau de Wédrin. examina la disposition dupays , les hauteurs qu’il falloir occuper, et les en-droits par où il falloil faire passer les lignes. Ildonna ses ordres pour la construction des pontsde bateaux sur la Samlirc et sur la Meuse, et réglaenfui tout ce qui concernoit l’établissement et lasûreté des quartiers. Il choisit le sien entre le vil-lage dcFlawine et une métairie appelée la Bouge-Cense , uu peu au-dessus de l'abbaye de Salzeime.Ensuite il s’avança sur la hauteur de bette abbaye,pour considérer la situation de la place et les ou-vrages qui la couvroient de ce côté-là. En reeon-nobsaut tous ces endroits, il admira sa bonne for.tune et le peu de prévoyance des ennemi», etconfessa lui-même qu’en postant seulement debonne heure quinze mille hommes, ou sur les hnuteurs du château, ou sur celle du ruisseau de Wé-drin , ils auroienl pu faire avorter tous scs des-seins , et mettre Namur hors d’état d’être attaque.Il ordonna au comte d’Auvergne de se saisir del'abbaye de Salzcnne et des moulins qui en sontproche : ce qui fut aussitôt exécute. Le marquisde Tilladet eut aussi ordre de visiter lous 1rs guésqu’il pouvoit y avoir dans la Sambre, depuis lequartier du roi jusqu’à la place; et le marquisd’Alègre, avec un corps de dragons, fut envoyépour sc saisir du passage de Gerbizé, poste im-

portant sur le chemin de Huy et de Liège, ducôté de la Ilesbaye.

Cependant l'alarme étoit parmi les ennemis.Comme ils ignoroient encore où aboutiroil la mar-che du roi, ils se hâtèrent de renforcer les garni-sons de toutes leurs places; ils craîgnoient surtoutpour Charleroi, pour A th , pour Liège , et pourBruxelles même. Mais à l’égard de Narnur, l’élec-teur de Bavière, se. conûant et à la bonté de laplace et à la grosse garnison qui étoit dedans, sou-haitait qu’il prit envie au roi de l’assiéger. Le ren -dez vous de leur armée étoit aux environs deBruxelles, et il y arrivoit tous les jours un fortgrand nombre de troupes de toutes sortes de na-tions ; elles faisoîent déjà près de cent mille hom-mes, dont le principal commandement et la di-rection presque absolue étoieut entre les mains duprince d’Orunge, l'électeur de Bavière n'ayantdans celte armée qu’une autorité comme subal-terne. On peut juger combien des forces si prodi-gieuses cniloicnt le cœur des confédérés. Ils de-mandoient qu’un les fit marcher au plus vite, etsc tenoient suis de rechasser le roi jusque dans lecœur de son royaume. Il étoit d’heure en heureexactement informé et de leur marebe et de leurnombre , et se mettoit de son côté en état de lesbien recevoir.

L’année devant Namur étoit séparée par lesdeux rivières en trois principaux quartiers, dontle premier, c’est à savoir celui du roi , occupoittout le côte duBrabanl, depuis la Sambre jusqu’àla Meuse; le second, qui étoit celui du marquisde Boufllers , s'étendait dans le Condro3, de-puis la Meuse au-dessous de Namur, jusqu’à cettemême rivière au-dessus; et lo troisième , sous lesieur de Xi mènes, tenoit le pays d’entre Sambre etMeuse. Au reste , le quartier du roi étoit divisé enplusieurs autres quartiers : car, outre le dauphinet le duc d’Orléans, qui campoient tout auprèsde sa personne, il avoit aussi dans son quartier leprince de Coudé, le maréchal d’IIumicrcs, ettous les lieutenants-généraux, à la téservn du mar-quis de Boufllers ; et ils y avoient chacun leurposte ou leur quartier le long des lignes de circon-vallation.

Leroi, dès le premier jour , donna ses ordrespour faire tracer ces lignes sur un circuit aumoins de cinq lieues; elles commcnçnii-nt à laSambre du côté du Brabant , un peu au-dessusdu village de Flawine, et, traversant un fortgrand nombre de bois, de villages et de ruis-seaux, en-deçà et au-delà de la Meuse, passoieiitdans la forêt de Marlagne, et revenoient finir àla Sambre , entre l’abbaye de Malogne et une es-pèce de petit château qu’on appelait la Blanche-Maison.

Le vingt-septième, c’est-à-dire le lendemain del’arrivée du roi devant la place, il alla visiter lequartier du prince de Condé , entre le ruisseaude Wédrin et la Meuse, et y vit le» parcs d’artil-lerie cl de munitions. De là s’étant avancé avecle sieur de Vauban sur la hauteur du Quesnc deBouge, qui commande d’assez près la ville, entrela porte de fer et celle de Saint-Nicolas , la réso-lution fut prise d’attaquer cette dernière porte.