NOTES DU BANQUET DE PLATON. 55g
NOTES DU BANQUET DE PLATON.
1 Marie-Magdeleine-Gabrielle de Rochechouart,sœur du maréchal de Vivoune et de madame deMontespan, abbesse de Fontevrault, imagina detraduire le Banquet de Platon, et envoya sa tra-duction à Racine, en le priant de la revoir. Ra-cine trouva plus commode de faire une traductionnouvelle; mais il u’allu pas loin dans ce travail.
A. Martin.
3 On ignore la date précise de celte lettre ; toutfait cependant présumer que Racine l’a écriteaprès sa retraite du théâtre et avant la disgrâcede madame de Montespan , c’est-à-dire de 1678à 1G86. A. Martin.
s Le mois de décembre.
4 On peut être étonné qu’un homme tel qu’A-rislophane, ennemi des philosophes, occupe uneplace au banquet philosophique d'Agathon, etrende hommage à la vertu de Socrate; maisAristophane n’avoit point encore composé sa co-médie des iVnees. Geoffroy.
5 Agathon, poète tragique et comique, qui
vivoit vers la quatre-vingt dixième olympiade. Ondit qu’il composa le premier une tragédie sur unsujet de pure invention , quoique ce fût alors uneloi pour les poètes de choisir tous leurs sujets dansl’histoire ou dans la fable. La pièce d’Agathon,intitulée ta Fleur, réussit; et cette nouveauté eutsans doute des imitateurs que nous ne connoissonspas. Platon a immortalisé Agathon en choisissantla maison de ce poète pour son Banquet. On nesait si c’est ce même Agalhon qu’Aristophane pré-sente dans sa comédie des Fêtes de Cérès commenu poète efféminé. Geoffroy.
a Que tardez-vous que , latinisme alors employépar les meilleurs auteurs, mais qui n’est plus enusage. Geoffroy.
7 Iliade, ch. ir.
8 Cette tragédie d’Euripide est perdue.
9 Phèdre : c’est le même qui a donné son nomau dialogue de Platon, intitulé ÆAIAPOSfHIIEPIKÀÀOY (Phèdre, ou du Beau). G.
FRAGMENTS
DU PREMIER LIVRE.
DE LA POÉTIQUE D’ARISTOTE’.
La tragédie est donc l'imitation d’une action graveet complète , et qui a sa juste grandeur. Cette imi-tation se fait par un discours, un style composépour le plaisir, de telle sorte que chacune desparties qui la composent subsiste et agisse séparément et distinctement. Elle ne se fait point parrécit, mais par une représentation vive, qui,excitant la pitié et la terreur, purge ol tempère cesaortes de passions : c’est-à-dire 2 qu’en émouvantces passions elle leur ôte ce qu’elles ont d’excessifet de vicieux, et les ramène à un état modère etconforme à la raison.
J’appelle discours composé pour le plaisir, undiscours qui marche avec cadence, harmonie etmesure. Et quand je dis que chacune des partiesdoit agir séparément, je veux dire qu’il y a deschoses qui se représentent par les vers tout seuls,et d’autres par le chant.
Or , puisque c’est en agissant que se fait l’irni-talion, il faut d’abord poser qu’il y a une desparties de la tragédie qui n’est que pour les yeux
(comme la décoration , les habits, etc. ) ; ensuiteil y a le chant et la diction : car c’est avec ceschoses qu’on imite. J'appelle diction la composi-tion des vers; et pour le chant , iL s’entend assezsans qu’il soit besoin de l'expliquer.
La tragédie est l’imitation d’une action. Or,toute action suppose des gens qui agissent, et lesgens qui agissent ont nécessairemeutun caractère,c’est-à-dire des mœurs et des inclinations qui lesfont agir : car ce sont les mœurs et l’inclination ,c’csL-à dirc la disposition de l’esprit, qui rendentles actions telles ou telles: et par conséquent lesmœurs et le sentiment, ou la disposition de l’es-prit, sont les deux principes des actions. Ajoutezque c’est par ces deux choses que tous les hommesviennent ou ne viennent pas à haut de leurs des-seins et de ce qu’ils souhaitent.
La fable est proprement l’iruitatioo de l’action.J’entends par le mot de fable le tissu ou le con-texte des affaires. Les mœurs, ou autrement lecaractère, c’est ce qui rend un homme tel ou tel,c’est à dire bon ou méchant ; et le sentiment mar-que la disposition de l’esprit, lorsqu’il se déclare