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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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PIÈCES DIVERSES

ATTRIBUÉES A JEAN RACINE.

AVERTISSEMENT.

Nous plaçons sous le titre de Pièces diverses deuxmorceaux à la composition desquels on croit queRacine a eu grande part.

Le premier est une lettre en forme de dédicace,qui parut en 1677, à loccasion que voici : ma-dame de Maintenon. chargée de léducation duduc du >Iuine, imagina de faire imprimer un re-cueil des ouvrages de ce prince , qui cousistoientpour la plupart en versions de divers passages deFlorus, Justin, et autivs historiens latins, quilavoit faites sous la direction de son précepteur LeRagois. Le livre, imprimé sur format in 4° 5 sansindication du lieu ni de la date de limpression,sous le litre de Œuvres diverses dun auteur de septans , étoit précédé dune épîlre dédicatoire à madamede Montespan, mère du jeune écolier, cl dunmadrigal que nous avons rapporté [voyez page 097).Cette épître . qui nétoit pas signée , lit bruit dansle monde, et fut dabord attribuée à madame deMaintenon. Mais les gens de goût ne tardèrent pasà penser que céloit louvrage dune plume encoreplus habile et plus exercée que la sienne. Ils trou-vèienl que les louanges, qui ny éloienl pas mé-nagées, y étoient cependant présentées avec unedélicatesse, et relevées avec une grâce dexpressionet une variété de tournure qui leur donnoil tout lepiquant de la nouveauté. Ils en conclurent quemadame de Maintenon avoit, dans cette occasionemprunté le secours de lécrivain le plus distinguéde son siècle , de celui qui avoit le mieux étudiéles linesses de la langue , et qui en connoissoit lemieux toutes les ressources. Cette pièce a néan-moins été insérée dans le recueil des lettres demadame de Maintenon, donné en 17^1 \ mais lé-diteur des OEuvres complètes de Racine, publiéesen 1768 , na pas balancé à la comprendre dans sonédition.

Le second morceau, qui est moins connu, a étépublié, en 1738 , par labbé dOlivet, à la suite deses Remarques sur Racine, Léditeur raconte à cesujet, quau moment lacadémie françnise étoitsur le point de mettre au jour son Dictionnaire ,en 1694, elle chargea Charles Perrault d'en préparer lépîlre dédicatoire : « Tout promettoit un«chef-dœuvre, ajoute-t-il; la noblesse du sujet,* la brièveté de louvrage , le grand loisir de lau-

« leur , sa longue expérience dans lart décrire, lesr grands motifs qui dévoient lanimer , ayant à-* pondre à lattente dune compagnie si éclairée.»Penault se mit donc à louvrage, et quaud il futsatisfait de sou épître, il en fit tirer quarante co-pies, quil distribua à ses confrères, pour avoirleurs observations sil y en avoit à faire. ï'nc deces copies manuscrites, chargée de trente une re-marques, est tombée entre les mains de labbédOlivet, et celui-ci, en publiant cette pièce, lat-tribue à Racine et à labbé Reguier Desmarais.Nous nous sommes déterminés dautant plus vo-lontiers à faire reparoître ici ce morceau de criti-que , quil est devenu peu commun, cl quil ren-ferme dexcellentes observations sur lart si difficileet si nécessaire décrire avec justesse, clarté etcorrection 1 .

On connoît encore deux autres pinces auxquellesRacine a participé.

Lune est cette facétie qui parut en t664sousletitre de Chapelain décoiffé, au sujet de la pensionde 3ooo liv. que Colbert fit donner à ce poète.Voici ce queu dit Boileau dans une lettre à sonéditeur Brossellc , du 10 décembre 1701 : «A-«gardde Chapelain décoiffé, cest une pièce je« vous confesse que M. Racine et moi avons eu« quelque part, niais nous ny avons jamais travaillé« quà table, le verre à la main. Il 11a pas étéu proprement fait curreuie calamo , mais currenfe« lagena , et nous nen avons jamais écrit un seul« mot. » Il dit, dans nn autre écrit, que Racine etlui ont seulement fourni quelques traits à Fure-lière , le véritable auteur de cette parodie.

Lautre pièce est l'Arrêt burlesque rendu ù lagrand chambre du Parnasse, le 12 neuf 1G71. pourle maintien de la doctrine dAristote, plaisanteriedont Bernier fut le principal auteur, et dans la-quelle il se fit aider par Raciue et Boileau, qui luidonnèrent quelques idées, et par Dongois, greffieren chef de la grandchambre et neveu de Boileau ,qui y rontrilma pour la forme et le style.

Nous croyons devoir nous borner à indiquer cesdeux dernières pièces, parccque Racine ny eutque très peu de part, et que dailleurs elles se trou-vent dans presque toutes les éditions des œuvrescomplètes de Boileau.