56o DISCOURS ACADÉMIQUES.
tateur de la fin de toutes 70s saintes entreprises.Après en avoir admiré de si heureux commence-ments, il cesse d’user de remontrances; s'il aencore quelques besoins, vous les conuoissez,cela lui suffit. Il lient encore de ressentir en cetteassemblée d’insignes effets de votre protectionroyale, et, persuadé que tous lui avez destinéune longue suite de grâces dans d’autres temps,et avec des circonstances dont vous seul les savezsi bien accompagner, il craindroit par ses de-mandes , ou de troubler l’ordre que votre sagessey a établi, ou peut-être de mettre des bornes oùvotre zèle n’en a point mi».
L’unique affaire qui nous occupe, c’est l’obli-
gation de rendre à votre majesté de très humblesactions de grâces. Après un si juste devoir, assurésque nous sommes de votre puissante protection ,nous pouvons nous séparer sans inquiétude. Nousallons dans les provinces de votre royaume faireretentir les louanges que l’Église doit â votre zèle.Chaque pasteur aura la joie de retrouver , par vossoins, son troupeau plus nombreux qu’il ne l’a-voit laissé, et chacun de nous redoublera sesvœux pour obtenir du ciel qu'il redouble sesbénédictions en .faveur d’un prince qui se lesattire par des actions si glorieuses et si utiles àla religion.
NOTES DES DISCOURS ACADÉMIQUES.
1 Jacques • Nicolas Colbert, le deuxieme desfils du ministre, fui reçu à l’académie françoise,à la place de Jacques Esprit, le 3o octobre 1678.Tl éloit âgé de vingt-quatre ans , et n’étoit encoreque docteur de SorboDne. Eu 1680 il fut nommécoadjuteur de Rouen.
2 Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignclay,secrétaire d’état en survivance, chargé du détailde la marine. C’étoil le frère aîné du récipien-daire. — Edouard-François ColberL, comte deMaulevrier, lieutenant-général des années depuis1676. — Charles Colbert, marquis de Croissy, l’undes plénipotentiaires pour la paix de Nimégue.Ces deux derniers éloient frères du ministre.
3 Toutes les éditions portent contribue?' quelquechose. Nous avons cru devoir, ici comme partoutailleurs, conserver scrupuleusement le texte. Noussommes, au surplus, portés à croire que celteexpression , qui seroit aujourd’hui un solécisme ,peuvoit être usitée au temps de Racine, où l’em-ploi des latinismes étoit encore assez fréquent.
4 Le 2 ianvicr iG85, l’académie françoise reçutThomas Corneille à la place de Pierre Corneilleson frère ; et le même jour la place de Géraud deCordemoi. lecteur du Dauphin fils de Louis XIVet auteur d’une Histoire générale de France (quine fut imprimée qu’en i685 , un an après la mortde l’auteur), fut remplie par Jean-Louis Bergcret,
ancien avocat-général, secrétaire de la chambre etdu cabinet du roi, mort en 169/1.. Bergercl n’étoitpoint commis des finances, comme il est dit dansl’éloge du président Cousin, par d’Alenibert ; ilétoit premier commis des affaires étrangères sousle ministère de M. de Croissy.
5 Le grand Corneille, dans ses derniers mo-ments, manquoit absolument d’argent. Boileauen fut instruit ; il en parla avec chaleur à madamede Montespan , à Luuvois, au roi même , qui en-voya sur-le-champ deux cents louis d’or au ma-lade. Cet argent fut porté par Besset de La Cha-pelle, inspecteur des beaux arts, ami particulierde Eoiicau et de Racine.
6 L’orateur s’adresse ici à Bergoret.
7 Trêve de vingt ans, signée à Ralisbonne , aumois d’août 1684 , entre la France , l’Espagne etl'Empire-
8 Le principal objet de ce discours étoit de re-mercier Louis XIV de l’édit du 22 octobre ifi85,portant révocation de celui de Nantes.
9 Le 16 mai 1686, le doge de Gênes, accom-pagné de quatre sénateurs, étoit venu faire sessoumissions à Louis XIV, en exécution du traitédu 12 février précédent.
10 La déclaration du mois d’août 1679 pour larépression des duels.