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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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PREMIER RECUEIL.

575

Nee tamen undique eovpovea stîpaia tenenturOmnia natura; namqiic est in rebus inane 8a .

Hais sortons de cette matière, qui elle-même esttrop solide, et rnêlons-y un peu de notre creux.

Atoucz , monsieur, que vous êtes pris , et quevous laisserez votre pauvre cœur à Bourbon. Jevois bien que ce9 eaux ont la même force que cesfameuses eaux de Bayes, cest un lac célèbre enItalie, quand il ne le seroit que par les louangesdIIorace et des autres poètes latins. On y nlloit ence temps, et peut-être y va-l-on encore commevos semblables vont à Bourbon et à Forges. Ceseaux sont chaudes comme les vôtres, et il y a unauteur qui en rapporte une plaisante raison. Je vou-drois, pour votre satisfaction, que cet auteur fûtou italien ou espagnol ; mais la destinée a vouluencore que celui-ci fût latin. Il parle donc du lacde Bayes, et voici ce quil en dit à peu près :

Cest quavec le dieu damourVénus se promenoit un jour.

Enfin , se trouvant un peu lasse ,

Elle sassit sur le gazon ,

Et voulut aussitôt faire seoir Cupidon :

Mais ce mauvais petit garçon ,

Qui ne peut se tenir en place,

Lui répondit : Çà, votre grâce,

Je ne suis point las comme vous.

Vénus, se mettant en courroux ,

Lui dit : Petit fripon, vous aurez sur Ja joue.Tout en faisant un peu la moueIl fallut bien quil filât doux,

Et vînt sasseoir à ses genoux.

Cependant tous ses petits frères,

Les amours quon nomme vulgaire»,

Peuple qu'on ne sauroit nombrer ,

Passoient le temps à folâtrer-

Ce seroit le perdre à crédit, que mamuser àvous faire le détail de tous leurs jeux : vous vousimaginez bien quels peuvent être les passe-tempsdune troupe denfants qui sont abandonnés à leurscaprices.

Vous jugez bien aussi que les Jeux et les BisDont Vénus fait ses favoris ,

Et qui gouvernent sou empire,

Ne manquoient pas de jouer et de rire.

Javois vu lépitaphe de la bella Monbason 33dans le Recueil des poésies choisies, et je vous ia-vois même dite par cœur, ily a long-Lcnips, nonpas en italien mais en fraDÇois. Et pour le distiquedu statuaire (il y a le mot de pictor dans le latin),il mèrileroit assurément une bonne place dans leRecueil des épigrammes, si on ny avoit eu plusdégard aux pointes quaux beaux sentiments.

Voilà un billet dune assez belle longueur, ceme semble. Si M. lAvocat le voyoit, H ne pour-ront sempêcher de se pendre, et la rage qu'il au-roit de voir tant de creux le porteroit sans doute àquelque résolution violente. Cest pourquoi je luiveux épargner cette peine , en lui évitant celle devous envoyer ma lettre. Aussi-bien est-il chez M. deVi 11 ers.

LETTRE VIII.

AU MÊME, A BOURBON.

Juin (1661).

{ri KiSN RESTE QUE CE FRAGMENT, }

..... Quant à cet enfant dont vous me deman-dez des nouvelles, et que vous voudriez déjà en-tendre parler en beau langage, songez donc quejai voulu , avant tout, pourvoir à son établisse-ment, que jai fait un beau plan de tout ce quildoit faire , et que ses actions étant bien réglées , illui sera aisé après cela de dire de belles choses;car M. lAvocat me le disoit encore ce matin enme donnant votre lettre : il faut du solide, et unhonnête homme ne doit faire le métier de poèteque quand il a fait un bon fondement pour toutesa vie, et quil se peut dire honnête homme à justetitre. Cest donc lavis que jai donné à Ovide, ou,pour parler plus humainement (car ce langage sentun peu trop le poète), jai fait, refait et mis enfin

dans sa perfection tout mon dessein. Jy ai fait en-trer tout ce que mavoit marqué mademoiselle deBeauchâtcau 34 , que jappelle la seconde JuliedOvide dans la lettre que je lui ai écrite hier parM. Arrnaud qui va à la cour ; et quand vousverrezce dessein , il vous sera malaisé de le reconnoître.Avec cela, jai lu et marqué tous les ouvrages demon héros , et jai commencé même quelquesver». Voilà létat en est celte affaire. Au reste ,je regrette si peu le temps que jai employé pource dessein, que je ny aurois pas plaint encorequinze autres jours. M. Vitart, qui considère cetteentreprise du même œil que celle de lannée pas-sée 35 , croit que le premier acte est fait pour lemoins, et maccuse d : être réservé avec lui ; maisje crois que vous me serez plus juste. 11 reçut hierune nouvelle qui lui est bien plus sensible quecelte affaire, comme elle le doit être en effet, etcomme elle me lest à moi-même. Cest quil a