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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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PREMIER RECUEIL,

il est des anciens, et il nest pas réformé. Il abeaucoup despri l eL détude. Ainsi, si vous avezencore quelque ode, je vous prie den faire biencouper toutes les marges , et de me lenvoyer ; ja-vois bien négligé den apporLer. On nie fait iciforce caresses à cause de mon oncle ; il ny a pasun curé ni un maître décole qui ne mait fait lecompliment gaillard , auquel je ne saurais répon-dre que par des révérences, car je nentends pasle françois de ce pays-ci, et on ny entend pas Jemien : ainsi je tire le pied fort humblement ; et jedis , quand tout est fait : Adiousias. J.e suis marripourtant de ne lespoint entendre : car si je conti-nue à ne leur point répondre, jaurai bientôt laréputation dun incivil ou dun homme non lettré.Je suis perdu si cela est; car en ce pays les civi-lités&ont encore plus en usage queu Italie. Je suisépouvanté tous le3 jours de voir des villageois,pieds nus ou ensabotés (ee mot doit bien passer,puisque encapuchonné a passé ) , qui font des révé-rences comme sils avoient appris à danser touteleur vie. Outre cela, ils causent des mieux, etpour moi jespère que lair du pays me va raffiner

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de moitié; car je vous assure quon y est fin et déliéplus quen aucun lieu du monde. Tous les arbressont encore aussi verts quau mois de juin , et au-jourdhui que je suis sorti à la campagne, je vousproteste que la chaleur ma toul-à-fait incom-modé : jugez ce que ce peut être en été. Je uaiplus de papier que pour assurer mademoiselleVitart de mes très humbles respects, et soubaiterà vos deux infantes 40 tout ce que les poètes senvont prédire de biens au dauphin.

Joubliois à vous prier dadresser mes leltres àM. Symil, chirurgien à Uzès , et en dedans à monillustre personne chez le 11. P. Sconin, vicaire-général et official de monseigneur dUzès. Je salueM. dUouy de tout mon cœur, et le prie davoirquelque peu de soin de mes livres, dont je plainsfort 1* destinée sil ne sen mêle un peu; car jeserûis honteux de vous en parler dans la multi-tude de vos affaires. Excusez même si jai faitcette lettre si longue. Jai cru quil falloit vousinstruire une fuis en gros de tout en qui se passeici; une autre fois jabuserai moins de votreloisir.

LETTRE X.

A M. LABBÉ LEVASSEUR, A PARIS.

Uzès, îS novembre 1661.

( FRAGMENT. )

.Si vous prenez la peine de mécrire, je

vous prie, ou de donner vos lettres à M. Vitart,ou de me les adresser chez le P. Sconin, vicaire-général, etc., avec une enveloppe adressante àM. Symil. On ma dit duser de ces précautionspour la sûreté des lettres quon menverra de Pa-lis. Je vous prie de me mander des nouvelles denos anciennes connoissances, et de minstruireun peu de ce qui se passe de beau dans Paris, etmoi je prendrai le soin de vous mander ce qui sepassera dans le Languedoc. Nous savons la nais-sance du dauphin 4 *; cest pourquoi je vous

exempte de me lapprendre. Jaurois peut-êtrechanté quelque chose de nouveau sur cette ma-tière si jeusse été à Paris, mais ici je nai puchanter rien que le Te Deutn , quon chanta hierici en grande cérémonie. Mandcz-moi, sil vousplaît, qui aura le mieux réussi de tous les chan-tres du Parnasse. Je ne doute pas quils n'em-ploieul tout le crédit quils ont auprès des Muscs ,pour en recevoir de belles et magnifiques inspira-tions. Si elles continuent à vous favoriser, commeelles avoient commencé à Bourbon, faites quel-que chose , etenvoyez-moi tout eu que vous mirezfait.

Incipe, si quîd babes, et te fecere poetamPiérides 48 .