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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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SIXIEME RECUEIL.

cère et sérieuse avec laquelle je serai toujoursvotre très liumlile et très obéissant serviteur.

Je ne vous ai jamais rien appris, et vous m'avezappris mille choses; cependant vous êtes obligéde demeurer daccord { vous qui me donnez libé-ralement quelque part à vos tragédies, quoiqueje ny en aie jamais eu daulre que celle de la pre-mière admiration ) que je vous ai découvertquun trésorier-général de France prend le titre

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de chevalier, et quil a la satisfaction honorabledêtre enterré avec des éperons dorés; quainsi ilne doit pas légèrement prodiguer le titre de mon-seigneur.

Vous ne mavez pas mandé si vous voyez sou-vent M. le marquis de Seignelay. Adieu , mon.sieur.

SusCripiion : A 31 . .Racine, trésorier-général deFrance, à Paris.

LETTRES DANTOINE ARNAULD

I.

A RACINE.

De Bruxelles, ce 7 avril i 085 .

Jai à vous remercier, monsieur, du Discours 11quon rua envoyé de votre part. Rien nest assuré-ment plus éloquent, et le héros que vous y louezen est dautant plus digne de vos louanges, quelon dit quil y a trouvé de lexcès. Mais il est biendifficile quil ny en ait toujours un peu : les plusgrands hommes sont hommes , et se sentent tou-jours par quelque endroit de linfirmité humaine.On auroit bien des choses n se dire sur cela si onse parloit ; mais cest ce quon ne voit pas lieu des-pérer de pouvoir faire. Il faudroitpour cela avoirdissipé un nuage , que jose dire cire une tachedans ce soleil. Ce ne seroit pas une chose difficile,si ceux qui le pourroient faire avoient assez de gé-nérosité pour lentreprendre ; mais javoue quil yen a peu qui aient tous les talents nécessaires pourcela , entre lesquels on doit compter celui que lespères appellent taluntum familiavitatis. Cependantje vous assure que les pensées que jai sur cela nesont point intéressées ; que ce qui peut me regar-der me louche fort peu , et que ce que je consi-dère principalement. cest le bien infini que pour-roit faire à lÉglise uri prince si accompli, si cetobstacle étoit levé.

Celui, monsieur, qui vous remettra cette lettreest un ami qui demeure avec moi depuis quinzeans 12 , et qui a pour moi tant dall'ectiou , que jene puis pas que je ne lui en sois très obligé. Il aun frère qui est fort honnête homme , et capablede sacquitter dun emploi {comme seroit davoirsoin des affaires dans une grande maison) avecbeaucoup dapplication et de fidélité. Si vous pou-viez, monsieur, lui en procurer quelquun, je vousen aurois une grande obligation.

Je suis tout à vous et à votre incomparableami 3 .

IL

A BOILEAU,

QUI LOI AYOtT ESVOïÉ LA TRAGÉDIE î/aTHALM'.

De Bruxelles, ce io avril 1691.

Ce ne sont pas les scrupules du P. Massillon u

qui ont été cause que jai tant différé à vous écrired eVAlhalie, pour remercier lauteur du présentquil men a fiiit. Je lai reçue lard, et lai lue aus-sitôt deux ou trois fois avec grande satisfaction ;mais jai depuis été si occupé , que je nai pas crume pouvoir détourner, pour quoi que ce soit ; àquoi ont succédé des empêchements décrire quivenoient dautres causes. Si javois plus de loisir,je vous marquerois plus au long ce que jai trouvédans celle pièce qui me la fait admirer. Le sujety est traité avec un art merveilleux, les caractèresbien soutenus , les vers nobles et naturels. Ce quony fait dire aux gens de bien inspire du respectpour la religiou et pour la vertu , et ce que lonfait direaux méchants 11empèche pointquon naitde lhorreur de leur malice ; en quoi je trouveque beaucoup de poètes sont blâmables, mettanttout leur esprit à faire parler leurs personnagesdune manière qui peulremlre leur cause si butine,quon est plus porté à approuver ou à excuser lesplus méchantes actions, quà en avoir de la haine.Mais , comme il est bien difficile que deux enfantsdu même père soient si également parfaits quilnait pas plus dinclination pour lun que pourlautre, je voudrois bien savoir laquelle de sesdeux pièces votre voisin aime davantage. Maispour moi, je vous dirai franchement que les char-mes delà cadette nont pu inempêcher de donnerla préférence à laînée ,s . Jen ai beaucoup deraison», dont la principale est que jy trouve beau-coup plus de choses très édifiantes et très capablesdinspirer de la piété, Je suis tout à vous.

IIL

A RACINE.

De Bruxelles, ce 2 juin tCrja.

A un aussi bon ami que vous, si généreux et sielfectif, il ne faut point de préambule. Jai desobligations extrêmes à unéchevin de Liège, nomméM. de Cartier, parfaitement honnête homme , et,ce que je considère plus , bon chrétien. Il craint,et avec raison . ce qui pourra arriver après la prisede Namur, que lon doit regarder comme indubi-table. On eherchoit des recommandations pourlui auprès de M. Je maréchal de Luxembourg ;ruais jai assuré ceux qui vouloicnt écrire à Pari»,